Depuis le 15 janvier 2026, Fulll figure sur la liste officielle de la DGFiP avec une immatriculation définitive. Beaucoup de comparatifs répètent encore l’inverse et présentent l’éditeur lyonnais comme un simple intermédiaire adossé à la plateforme d’un tiers. Cette lecture correspondait à un partenariat signé en 2023. Elle ne décrit plus la situation réglementaire actuelle.
Le statut se vérifie en deux minutes dans la liste officielle des plateformes agréées, où Fulll et Generix apparaissent désormais séparément. Reste une question plus utile à six semaines de l’échéance : à qui cette plateforme s’adresse vraiment, et à quel prix.
La réponse tient dans un mot mal compris. Fulll vise l’expert-comptable, y compris celui qui exerce seul. Un travailleur indépendant sans cabinet, en revanche, n’a rien à y chercher. Ces deux profils tapent la même requête et devraient repartir avec des conclusions opposées.
Fulll détient une immatriculation définitive délivrée le 15 janvier 2026 par la DGFiP. Le statut de plateforme agréée est acquis en propre, indépendamment du partenariat industriel conclu avec Generix Group, qui reste immatriculé de son côté.
Le diagnostic vous sort trois plateformes agréées adaptées à votre profil.
Fulll est une plateforme agréée immatriculée en propre
Le point mérite d’être posé clairement, parce qu’il conditionne tout le reste. Un cabinet qui signe avec Fulll ne signe pas avec un simple revendeur. La nuance technique existe toujours, mais elle ne concerne plus le statut réglementaire.
Ce que dit la liste officielle de la DGFiP
L’immatriculation se déroule en deux temps. Une plateforme obtient d’abord un statut sous réserve, à l’issue de l’instruction de son dossier. Elle décroche ensuite l’immatriculation définitive après avoir réussi les tests d’interopérabilité avec le portail public et transmis ses comptes rendus. Fulll a franchi cette seconde étape le 15 janvier 2026. Plus de cent trente plateformes se trouvent dans le même cas cet été, sur un total qui dépasse les cent cinquante candidats. La procédure d’immatriculation vaut pour trois ans, renouvelables.
Ce que Generix opère encore derrière l’interface
Le partenariat industriel n’a pas disparu pour autant. Generix, immatriculé sous le numéro 0002, commercialise depuis 2022 des services de plateforme en marque blanche auprès d’une vingtaine de prestataires. Fulll en fait partie et s’appuie sur Generix Invoice Services pour une part de son infrastructure de flux. Autrement dit, deux choses coexistent : un statut réglementaire porté par Fulll et des briques techniques partiellement opérées par un tiers. Les deux affirmations sont exactes, et les confondre produit l’erreur qu’on lit partout.
La responsabilité contractuelle suit le statut, pas la technologie. Depuis janvier 2026, c’est Fulll qui répond devant l’administration et devant vous en tant que plateforme agréée. La question à poser en démonstration porte donc sur les engagements de service, pas sur le nom du moteur.
Immatriculée ne signifie pas encore en production
L’éditeur indique fin juillet 2026 avoir reçu son immatriculation définitive et préparer activement son entrée en production. La formulation compte pour un cabinet qui doit sécuriser ses clients avant le 1er septembre 2026, date à laquelle toutes les entreprises assujetties devront pouvoir recevoir leurs factures électroniques. Un décret peut repousser cette échéance de trois mois au maximum, jusqu’au 1er décembre 2026, sans que rien ne l’annonce à ce jour. Demandez donc une date de bascule écrite, pas une confirmation de statut.
« Fulll compta indépendant » : deux lecteurs derrière un seul mot
C’est la requête qui amène le plus de monde sur ce sujet, et c’est aussi la plus mal servie. Le mot indépendant y désigne deux réalités que rien ne rapproche. Le tri se fait en une question : détenez-vous le titre d’expert-comptable ?
L’expert-comptable qui exerce seul, cible assumée
Fulll consacre un parcours entier au cabinet solo, distinct de celui des structures de plus de dix collaborateurs. Le déroulé annoncé comporte cinq étapes : prise de contact, démonstration, devis, formation et reprise des données, ouverture des accès. L’éditeur revendique une mise en service de quelques jours pour un praticien seul, contre plusieurs semaines dans une structure établie. Plus de 1 400 cabinets utilisent la suite, pour un parc dépassant 250 000 entreprises clientes. Les logiciels pour experts-comptables se jugent d’ailleurs davantage sur la reprise que sur les fonctions.
Le mot indépendant ne renvoie pas au même produit selon qui le tape. Fulll peut convenir à un expert-comptable installé seul, qui pilote son propre portefeuille. Il ne convient pas à un freelance ou micro-entrepreneur qui veut gérer sa comptabilité sans cabinet : rien dans le parcours commercial ne s’adresse à lui.
L’indépendant sans cabinet, hors périmètre
Un dirigeant seul qui cherche à émettre ses factures n’a aucun accès direct à Fulll. Il n’existe ni inscription en ligne, ni palier gratuit, ni essai libre : l’entrée passe par un devis négocié avec un cabinet. Or son obligation se résume à peu de choses. La réception devient obligatoire au 1er septembre 2026, l’émission suit au 1er septembre 2027 pour les TPE et micro-entreprises. Des plateformes agréées comme Indy, Tiime ou Abby couvrent ce besoin sans intermédiaire.
Combien coûte Fulll : la grille relevée et deux simulations
Le site de l’éditeur n’affiche aucun montant et renvoie systématiquement vers une démonstration. Des prix publics circulent pourtant, publiés par un partenaire de la profession. Ils donnent un ordre de grandeur exploitable avant même le premier rendez-vous.
Les prix publics relevés via le CJEC
Le Club des jeunes experts-comptables publie une grille sur sa page partenaire. La production comptable démarre à 135 € HT par utilisateur et par mois, dossiers illimités. La production sociale se facture 2 € HT par bulletin. Les outils de gestion mis à disposition des clients ajoutent 5 € HT par mois. Les adhérents du club bénéficient d’une première année offerte, puis d’une remise de 20 % sur les deux années suivantes. L’abonnement inclut les mises à jour réglementaires, l’hébergement, l’assistance, des formations certifiées Qualiopi et un budget de reprise ajusté au projet.
Ce que ça donne pour un solo et pour cinq collaborateurs
Un expert-comptable seul, sans mission sociale, se situe autour de 1 620 € HT par an sur la seule production comptable. Les outils clients portent le total près de 1 680 € HT. Avec l’offre CJEC, la première année tombe à zéro et les suivantes à environ 1 296 € HT.
Un cabinet de cinq collaborateurs qui traite 300 bulletins mensuels change d’échelle : 8 100 € HT par an de production comptable, plus 7 200 € HT de mission sociale. Sur un portefeuille de 200 dossiers, cela représente environ 76 € HT par dossier et par an. Ces montants restent des repères. Le devis final dépend du périmètre, de la migration et de la durée d’engagement, trois postes que la grille publique n’intègre pas.
Fulll Compta, Fact, Paie : ce que chaque nom recouvre
Les recherches de marque se dispersent entre plusieurs orthographes et plusieurs produits. Full, Fulll, Fulll Fact ou Fulll Compta désignent en réalité une même plateforme et des modules distincts. La ligne de partage sépare ce que manipule le cabinet de ce que voit son client.
Les modules que le cabinet manipule
Fulll Compta porte la saisie, la révision assistée, les immobilisations, la liasse et la plaquette. Fulll Paie couvre la production sociale, la DSN et le déclaratif, facturés au bulletin. S’y ajoutent la révision en continu, l’examen de conformité fiscale et le pilotage du portefeuille. La collecte des pièces passe par les briques scan, bank et image, ou par un partenaire externe. Sur ce terrain, Dext et Chaintrust s’articulent avec la plateforme plutôt qu’ils ne la concurrencent.
Les outils que le client voit
Fulll Fact, aussi appelé Ventes, gère devis, commandes, factures, acomptes et avoirs côté entreprise. Fulll Achats collecte et fait valider les factures fournisseurs en exploitant les données Factur-X. Fulll Comptes agrège les flux bancaires, et le Compte pro y greffe encaissements et paiements. Face à un compte professionnel comme Qonto, l’approche reste comptable avant d’être bancaire. Aucun de ces outils ne se souscrit seul : le cabinet les ouvre depuis son interface.
- Immatriculation définitive en propre depuis le 15 janvier 2026
- Production comptable, sociale et facturation dans un seul environnement
- Tableau de bord de préinscription pour rattacher un portefeuille entier
- Offre transitoire qui découple la conformité des clients de la migration du cabinet
- Formations Qualiopi et budget de reprise inclus dans l’abonnement
- Aucune grille tarifaire sur le site de l’éditeur, devis obligatoire
- Ni version gratuite, ni essai en libre-service
- Entrée en production encore annoncée comme en préparation fin juillet 2026
- Couverture EDI et internationale à faire préciser en démonstration
- Sans objet pour un indépendant qui n’a pas de cabinet
Fulll face à ses vrais concurrents
Comparer Fulll à des outils de facturation pour freelances n’a aucun sens. Un expert-comptable en phase de choix regarde des suites de production complètes. Le tableau ci-dessous remet les bons noms en face.
Les suites de production comparables
Cinq solutions reviennent systématiquement dans les appels d’offres de cabinets, avec des logiques très différentes. Deux visent la refonte complète de la production, deux capitalisent sur un parc déjà installé, une se limite à la couche réglementaire.
| Solution | Cible principale | Prix public | |
|---|---|---|---|
FuFulllSuite cloud complète | Cabinets d’expertise comptable | 135 € HT / utilisateur | Comparer |
| Cabinets et PME en direct | Grille publique | Voir l’offre | |
MyMyUnisoftProduction 100 % web | Cabinets en refonte d’outil | Sur devis | Comparer |
SaSageGénération Experts | Cabinets déjà équipés Sage | Selon produit | Lire la fiche |
CeCegidLoop et Quadra | Écosystème Cegid installé | Selon produit | Lire la fiche |
JeJefacturePortée par l’ECMA | Ajouter une PA sans migrer | Sur devis | Lire la fiche |
Deux lignes de fracture ressortent. La première oppose ceux qui publient leurs prix à ceux qui les réservent au devis. La seconde sépare les éditeurs qui adressent aussi l’entreprise finale de ceux qui passent exclusivement par le cabinet. Fulll se range du côté du devis et de la relation cabinet, ce qui n’est ni un défaut ni une qualité en soi.
Migrer vers Fulll : le poste que le devis oublie
Le vrai coût d’une bascule se joue sur la reprise. Import des FEC, récupération des pièces jointes, immobilisations, historiques de paie et modèles de saisie : chaque poste se négocie. L’éditeur annonce un budget de reprise ajusté selon le projet, formulation qui appelle un chiffrage écrit.
Une offre transitoire répond directement à cette peur. Elle met les clients en conformité sur la plateforme agréée avant le 1er septembre, pendant que le cabinet continue de produire dans son outil habituel. La migration de la production intervient ensuite, par lots, au rythme choisi. La production comptable est annoncée offerte pendant cette phase de transition, point à faire écrire noir sur blanc.
Pour quel profil Fulll se justifie
La pertinence dépend moins du produit que du point de départ. Un même cabinet peut avoir raison de signer ou raison de passer son tour selon son parc actuel. Trois situations reviennent.
Les cabinets pour qui le calcul tient
Le calcul fonctionne pour un cabinet qui veut réunir production et plateforme agréée dans un seul environnement, plutôt que d’empiler deux contrats. Il fonctionne aussi pour une création de cabinet, où l’offre CJEC efface la première année d’abonnement. Enfin, un cabinet qui compte équiper ses clients y gagne du temps : le tableau de bord de préinscription rattache un portefeuille entier avec relance automatique, là où la démarche manuelle prend des semaines sur plusieurs centaines de dossiers.
Ceux qui doivent regarder ailleurs
Un cabinet déjà installé sur une suite mature devra peser le coût de migration face au gain réel. Une entreprise qui gère sa comptabilité en interne n’entre pas dans le modèle commercial. Un indépendant sans cabinet non plus. Précision utile sur la méthode : cette analyse croise le site de l’éditeur, la grille CJEC, la liste DGFiP et la presse spécialisée, relevés le 29 juillet 2026. Les avis publics vérifiables restent rares, ce qui rend une démonstration plus instructive qu’une note agrégée. Le guide de choix d’une plateforme agréée détaille les critères à opposer au commercial.
- Fulll est plateforme agréée à titre définitif depuis le 15 janvier 2026, immatriculation en propre
- Le partenariat Generix subsiste sur la technologie, plus sur le statut réglementaire
- Prix publics relevés : 135 € HT par utilisateur et par mois, 2 € HT par bulletin, 5 € HT pour les outils clients
- La cible est l’expert-comptable, y compris installé seul, jamais l’indépendant sans cabinet
- Les vrais concurrents sont Pennylane, MyUnisoft, Sage, Cegid et Jefacture, pas les outils de facturation pour freelances
Reste l’échéance. À six semaines du 1er septembre 2026, un cabinet qui n’a pas tranché a intérêt à comparer deux ou trois plateformes en parallèle plutôt qu’à instruire un seul devis.
Trois plateformes agréées classées selon votre taille, votre budget et vos flux.
Questions fréquentes
Full, Fulll et Fulll Fact désignent-ils le même logiciel ?
Full est une faute d’orthographe courante : la marque s’écrit avec trois L. Fulll désigne la plateforme entière, éditée par une société lyonnaise née en 2021 de la fusion de trois éditeurs comptables. Fulll Fact, aussi nommé Ventes, n’est qu’un module de facturation destiné aux clients du cabinet. Fulll Compta désigne le module de production comptable, réservé au cabinet lui-même.
Peut-on utiliser Fulll sans expert-comptable ?
Pas dans les faits. Les outils de ventes, d’achats et de pilotage existent bien côté entreprise, mais ils sont mis à disposition par un cabinet équipé. Le parcours commercial, la formation et l’ouverture des accès s’organisent autour de la relation avec l’expert-comptable. Une société peut donc utiliser l’interface au quotidien, sans jamais souscrire elle-même. Pour un usage autonome, d’autres plateformes agréées se souscrivent directement en ligne.
Existe-t-il un essai gratuit de Fulll ?
Non, aucun essai en libre-service n’est proposé. La découverte passe par une démonstration organisée avec un conseiller, suivie d’un devis à signer, puis d’une phase de formation et de reprise des données. Certains annuaires mentionnent une période d’essai, mais le parcours officiel décrit par l’éditeur ne comporte pas cette étape. Comptez cinq étapes entre le premier contact et l’ouverture des accès.
Qui détient Fulll aujourd’hui ?
Le cabinet In Extenso, fondateur de la société en 2021, en reste l’actionnaire de référence et un client stratégique. En mars 2026, le groupe norvégien Visma a acquis une participation minoritaire, validée par les autorités de concurrence. Visma pèse 2,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires et revendique 2,4 millions de clients. Fulll conserve son autonomie produit et emploie près de 300 collaborateurs.
Les avis publics sur Fulll sont-ils fiables ?
À pondérer sérieusement. Plusieurs annuaires de logiciels affichent une fiche sans le moindre avis déposé. Les notes visibles proviennent surtout de comparateurs éditoriaux, avec des écarts allant de 6,5 à près de 9 sur 10 selon la méthode retenue. Les témoignages publiés par l’éditeur sont sélectionnés par construction. Un échange avec un cabinet déjà équipé apporte davantage qu’une note agrégée.