Dix jours. C’est ce qui reste avant le 1ᵉʳ septembre 2026. À cette date, toute entreprise assujettie à la TVA doit pouvoir recevoir une facture électronique. Au relevé du 22 septembre, la DGFiP référence 163 opérateurs sur ses listes officielles. Une dizaine seulement concentre les choix réels des indépendants, des TPE et des PME.
Le meilleur logiciel de facturation électronique n’existe pas dans l’absolu. Il existe celui qui colle à votre statut, à votre volume de factures et à votre relation avec un cabinet comptable. Cette page classe les plateformes agréées retenues parmi les logiciels et solutions compatibles avec la réforme, par profil plutôt que par ordre général.
Deux précisions avant le détail. Aucune solution n’apparaît ici sans immatriculation active au registre DGFiP. Par ailleurs, les tarifs cités sont ceux relevés le 22 août 2026 sur les pages publiques des éditeurs, hors taxes et hors remise commerciale.
Au relevé du 2 octobre 2026, les listes DGFiP comptent 163 opérateurs, dont 149 immatriculés définitivement et 14 sous réserve. Le registre bouge chaque semaine. Seule la page impots.gouv.fr fait foi. Une plateforme absente de ces listes ne pourra ni émettre ni recevoir de facture B2B après le 1ᵉʳ septembre.
Le diagnostic sort trois plateformes classées selon votre statut, votre volume et votre comptabilité.
Le comparatif des plateformes agréées, profil par profil
Huit plateformes reviennent systématiquement sur les segments indépendant, TPE, PME et ETI. Les filtres isolent votre profil en un clic. Les notes suivent une grille détaillée juste après le tableau, et les prix affichés sont des tarifs d’entrée mensuels hors taxes.
| Plateforme | Profil visé | Prix d’entrée | Note | |
|---|---|---|---|---|
| Micro, EI, libéral | Gratuit | 8,7 | Voir l’offre | |
| Indépendants, petites TPE | Gratuit | 8,5 | Voir l’offre | |
QoQontoCompte pro et facturation · Voir la fiche | TPE, facturation étrangère | Gratuit | 8,3 | Voir l’offre |
| Micro-entreprise stricte | Gratuit puis 9 € | 8,0 | Voir l’offre | |
| TPE et PME avec cabinet | 14 € / mois | 8,6 | Voir l’offre | |
SeSellsyCRM et facturation | PME, équipe commerciale | 29 € / mois | 8,1 | Lire la fiche |
| TPE artisanale, multi-activité | 34,99 € / mois | 7,9 | Voir l’offre | |
CeCegidERP et grands volumes | ETI et grands comptes | Sur devis | 7,5 | Lire la fiche |
Aucune de ces huit plateformes n’est mauvaise. Chacune devient le mauvais choix dès qu’on la sort de son segment, et c’est là que se jouent les déceptions de la rentrée.
Comment ces notes sont calculées
Quatre critères pondérés donnent la note finale. La conformité pèse 35 %, ce qui recouvre le statut d’immatriculation, les formats gérés en émission et en réception, l’e-reporting natif et l’archivage à valeur probante. Le coût total sur douze mois pèse 25 %, paramétrage inclus, pas seulement l’abonnement affiché.
Le périmètre fonctionnel compte pour 25 %. Une plateforme qui facture sans gérer les devis, les relances ni le multi-utilisateurs perd des points sur les profils qui en ont besoin. La prise en main ferme la grille à 15 %, mesurée sur le temps nécessaire pour émettre une première facture conforme.
Chaque statut a été recoupé avec les deux listes publiées par la DGFiP, dans leur version du 22 septembre 2026. Notre liste officielle des plateformes agréées reprend l’intégralité du registre, avec la date d’immatriculation de chaque opérateur.
Ce que le mot « agréée » ne dit pas encore
La DGFiP ne publie pas une liste mais deux, et la nuance change tout. L’immatriculation définitive suppose la réussite des tests d’interopérabilité en conditions réelles. L’immatriculation sous réserve signifie que le dossier administratif est complet, sans que ces tests soient validés. Quatorze opérateurs se trouvaient dans ce second cas au 22 septembre.
L’immatriculation est par ailleurs délivrée pour trois ans renouvelables, sous condition d’audits périodiques. Autrement dit, le statut d’un éditeur peut évoluer après votre signature. Notre analyse du statut sous réserve face au statut définitif détaille ce que chaque mention engage réellement.
Une mention « agrément en cours » ou « bientôt agréée » sur le site d’un éditeur ne vaut rien. Seule une ligne au registre DGFiP, assortie d’une date d’immatriculation, engage la plateforme. Vérifiez le nom exact de la société éditrice, souvent différent du nom commercial que vous connaissez.
Ce contrôle prend deux minutes et évite le scénario le plus coûteux de la rentrée : découvrir en octobre que vos factures ne partent pas.
Les offres gratuites qui tiennent la promesse
Le gratuit existe vraiment sur ce marché, mais il recouvre trois modèles économiques différents. Certains éditeurs offrent la facturation à vie, d’autres l’adossent à un service payant, d’autres encore la conditionnent à un statut fiscal précis. La distinction décide de votre trajectoire à douze mois.
Indy et Tiime : illimité, sans carte bancaire
Indy garde la facturation et la réception dans son offre gratuite, sans limite de documents ni demande de moyen de paiement. La comptabilité automatisée y est intégrée. Le suivi des seuils arrive avec Plus, à 9 €, et les déclarations, 2035 comprise, avec Premium. Le positionnement séduit les professions libérales et les entrepreneurs individuels qui refusent de payer pour émettre une facture.
Tiime propose un modèle voisin, avec une application mobile particulièrement rapide et une gestion multi-TVA soignée. Les formules payantes démarrent à 9,99 € par mois avec l’offre Initial, qui ajoute le compte professionnel. La connexion bancaire et le lien complet avec le cabinet arrivent avec Smart, à 17,99 €. La continuité gratuit vers payant se fait sans changer d’outil.
Le bémol tient au périmètre. Ces deux plateformes assument la simplicité, donc le CRM, les devis à plusieurs niveaux et la gestion commerciale avancée manquent à l’appel. Notre sélection des logiciels gratuits conformes détaille ces plafonds fonctionnels ligne par ligne.
Qonto, Shine et Abby : trois gratuits, trois limites
Qonto propose un outil de facturation conforme utilisable sans ouvrir de compte bancaire, et reste le compromis le moins restrictif pour facturer à l’étranger dans plusieurs devises et plusieurs langues. Shine offre sa plateforme agréée avec ou sans compte professionnel, mais son offre Free limite la base clients à cinq contacts, ce qui change la nature du gratuit affiché.
Abby vise la micro-entreprise et rien d’autre. L’outil suit le seuil de franchise en base, les plafonds BNC et BIC, les déclarations URSSAF mensuelles ou trimestrielles. Pour ce statut précis, c’est le logiciel qui parle le mieux la langue de son utilisateur, avec un palier payant autour de 9 € par mois.
Le plan gratuit de Pennylane existe également, mais il est réservé aux micro-entreprises. Notre inventaire des plateformes agréées gratuites recense les conditions exactes de chacune, et notre guide du meilleur logiciel pour auto-entrepreneur tranche pour ce profil.
Le gratuit devient insuffisant quand plusieurs signaux se cumulent : deux à trois collaborateurs avec des droits différents, plus de cinquante factures par mois, des relances conditionnelles, ou un expert-comptable qui réclame un accès direct à vos écritures.
Tant qu’aucun de ces signaux n’apparaît, payer un abonnement revient à financer des fonctions que personne n’ouvrira. La bascule se déclenche par l’usage, pas par le calendrier.
Quand l’abonnement payant devient rentable
Trois familles se partagent le marché payant. La comptabilité collaborative, la gestion commerciale intégrée et l’ERP d’entreprise. Chacune règle un problème différent, et payer pour la mauvaise famille coûte plus cher que rester sur une offre gratuite mal dimensionnée.
Pennylane, la référence dès qu’un cabinet entre dans la boucle
Pennylane connecte en temps réel le dirigeant et son expert-comptable, avec rapprochement bancaire et catégorisation automatisée. L’offre démarre à 7 € par mois en formule indépendant et monte de 29 à 298 € en formule multi-utilisateurs, selon le plan et le nombre d’utilisateurs. Les trois formats normés sont gérés, avec e-reporting et connexion à l’annuaire central.
- Intégration cabinet la plus mûre du marché français
- Factur-X, UBL et CII gérés en émission comme en réception
- Comptabilité et facturation dans le même flux, sans double saisie
- Tarif d’entrée bas au regard du périmètre couvert
- Pas de CRM natif, contrairement à Sellsy
- Le plan gratuit reste réservé aux micro-entreprises
- Périmètre surdimensionné pour un indépendant sans cabinet
- Courbe d’apprentissage réelle sur les fonctions comptables
Si vous externalisez votre comptabilité, l’arbitrage se joue surtout sur l’outil déjà utilisé par votre cabinet. Notre guide des logiciels pour experts-comptables explique pourquoi ce paramètre pèse plus que la fiche produit.
Sellsy et Axonaut, le CRM et l’ERP dans le même outil
Sellsy couvre le cycle commercial complet, de la prospection à l’encaissement. Devis, bons de commande, factures, relances et trésorerie vivent au même endroit. Les formules démarrent à 29 € par mois. Pour une PME avec des commerciaux, la suppression de la double saisie entre le CRM et la facturation justifie seule l’écart de prix.
Axonaut joue l’ERP simplifié à tarif unique, autour de 34,99 € par mois, avec CRM, facturation, gestion de projet et support inclus. Le compromis se lit sur les formats : la plateforme privilégie Factur-X. Pour un artisan qui facture en France, l’impact est nul. Pour du B2B européen, la question mérite d’être posée à l’éditeur.
Notre analyse du meilleur logiciel pour PME compare ces deux approches sur des volumes réels. Le détail des différences entre les trois normes figure dans notre dossier formats et normes.
Cegid, Sage et Yooz sur le segment ETI
Au-delà de 250 salariés, le choix bascule vers les éditeurs ERP historiques. Cegid et Sage couvrent le besoin complet avec des connecteurs SAP, NetSuite ou Oracle. Comptez 80 à 300 € par mois et par utilisateur, plus une mise en route qui dépasse souvent 1 000 €. Ces solutions s’imposent quand la facturation prolonge un ERP existant.
Le rappel de calendrier compte ici. Pour les ETI et les grandes entreprises, l’obligation d’émission démarre dès le 1ᵉʳ septembre 2026, pas un an plus tard. Notre dossier sur l’intégration avec un ERP couvre les arbitrages techniques de ce segment.
Si votre enjeu porte sur les factures entrantes plutôt que sortantes, le marché change encore. Yooz, Esker, Dext et Itesoft misent sur la reconnaissance optique, la détection des doublons et l’extraction des lignes comptables. Voir notre analyse du logiciel de dématérialisation des factures fournisseurs.
Le coût réel sur douze mois, paramétrage compris
Le prix affiché sur une page tarifs mesure mal la dépense réelle. Deux postes s’ajoutent presque toujours : le paramétrage initial et les fonctions sorties du palier d’entrée. Les écarts entre le budget prévu et le budget constaté se jouent là.
Ce que le prix affiché ne couvre pas
Un abonnement d’entrée à 14 € n’inclut pas systématiquement l’archivage à valeur probante sur dix ans, l’e-reporting automatisé ni l’accès multi-utilisateurs. Chez Pennylane, Sellsy ou Axonaut, ces fonctions relèvent souvent du palier supérieur. La question à poser avant signature porte sur le périmètre exact du plan, pas sur son prix.
La conservation légale mérite une vérification distincte. Notre fiche sur l’archivage à valeur probante précise ce que la plateforme doit garantir, et notre page prix et tarifs des plateformes agréées compare les grilles publiées.
Le budget à prévoir par taille de structure
Pour un indépendant seul, le budget reste à zéro sur une plateforme agréée gratuite. Pour une TPE de cinq personnes, comptez 600 à 1 200 € par an tout compris, en additionnant l’abonnement multi-utilisateurs et un paramétrage initial de 200 à 500 € amorti sur la première année.
Pour une PME avec connexion comptable et plusieurs profils d’accès, la mise en route grimpe couramment entre 1 000 et 2 500 €. Le retour sur investissement se joue sur le traitement manuel supprimé et sur les relances automatisées. Notre guide du meilleur logiciel pour TPE détaille ces budgets pleins.
Trois erreurs qui coûteront cher après le 1ᵉʳ septembre
Les mêmes confusions reviennent dans les questions reçues depuis le printemps. Aucune n’est irrattrapable, mais toutes coûtent du temps, parfois de l’argent, et parfois la conformité elle-même. Le calendrier complet de la réforme pose le cadre des échéances.
Attendre une plateforme publique gratuite qui n’existe plus
Le Portail Public de Facturation devait offrir un service gratuit d’émission et de réception. Ce périmètre a été abandonné par le communiqué de la DGFiP du 15 octobre 2024. Le PPF conserve deux missions structurelles : l’annuaire central des entreprises et le concentrateur de données vers l’administration fiscale.
Conséquence directe, il n’existe plus d’option publique gratuite pour vos échanges de factures. Chaque entreprise doit choisir une plateforme agréée privée, quitte à en prendre une gratuite. Notre page sur les raisons de l’abandon de l’émission par le PPF retrace la décision.
Confondre plateforme agréée et solution compatible
Une plateforme agréée transmet directement vos factures à l’administration. Une solution compatible ne le peut pas : elle doit se brancher sur une plateforme agréée tierce. Beaucoup de logiciels de facturation classiques relèvent de cette seconde catégorie, ce qui suppose deux abonnements et un point de friction technique supplémentaire.
Le cas des logiciels de caisse mérite une vigilance particulière. La certification NF 525 ne vaut pas immatriculation. Notre fiche sur la solution compatible face à la plateforme agréée précise qui fait quoi, et l’inscription reste à vérifier dans l’annuaire central.
Sous-estimer le nouveau barème des amendes
La loi de finances 2026 a durci les sanctions, et beaucoup d’articles publiés avant décembre 2025 citent encore l’ancien barème. L’amende pour défaut d’émission au format électronique passe de 15 à 50 € par facture, plafonnée à 15 000 € par année civile. Le manquement d’e-reporting passe de 250 à 500 € par transmission, avec le même plafond.
L’absence de plateforme agréée désignée suit une mécanique distincte. L’administration adresse d’abord une mise en demeure avec trois mois pour régulariser, puis prononce 500 €, puis 1 000 € par nouvelle période de trois mois. Le détail figure dans notre dossier sanctions et amendes.
Un droit à l’erreur existe. Une première infraction régularisée spontanément, ou dans les trente jours suivant une demande de l’administration, échappe à l’amende si aucun manquement similaire n’a été relevé sur l’année en cours et les trois précédentes.
Ce filet de sécurité protège la bonne foi, pas l’attentisme. Il ne joue qu’une fois, et il suppose une régularisation rapide.
- impots.gouv.fr, listes officielles des plateformes agréées, version du 22 septembre 2026
- Légifrance, ordonnance n° 2021-1190 du 15 septembre 2021
- Code général des impôts, articles 1737 III, 1737 IV bis et 1788 D
- DGFiP, communiqué du 15 octobre 2024 sur le périmètre du Portail Public de Facturation
Reste à trancher pour votre propre situation, en partant du statut et du volume plutôt que du classement général.
- Indépendants et micro : Indy ou Tiime en gratuit, Abby si le statut micro structure toute la gestion.
- TPE et PME : Pennylane avec un cabinet, Sellsy avec une équipe commerciale, Axonaut pour un ERP à prix fixe.
- ETI et grands comptes : Cegid ou Sage sur un ERP existant, Yooz ou Esker sur les factures fournisseurs.
- Facturation à l’étranger en plusieurs devises : Qonto reste l’option gratuite la moins restrictive.
- Avant de signer : statut d’immatriculation vérifié sur impots.gouv.fr, formats gérés en émission et réception, coût total paramétrage compris.
Tiime ouvre la facturation illimitée en gratuit, sans carte bancaire ni engagement.
Questions fréquentes
Peut-on changer de plateforme agréée après le 1ᵉʳ septembre 2026 ?
Oui, aucun verrou réglementaire ne l’empêche. Le changement passe par l’annuaire central : votre nouvelle plateforme met à jour votre adresse de réception, et vos partenaires basculent automatiquement. Les contraintes sont pratiques plutôt que juridiques. Migration de l’historique, reprise du paramétrage clients, engagement contractuel en cours. Comptez deux à six semaines pour une bascule propre selon le volume à reprendre.
Mon logiciel de facturation actuel devient-il inutilisable ?
Pas nécessairement. S’il est immatriculé comme plateforme agréée, rien à changer. S’il est solution compatible, il continue de fonctionner mais doit se connecter à une plateforme agréée pour transmettre. S’il n’est ni l’un ni l’autre, il ne servira plus qu’à préparer vos documents en interne. Demandez à l’éditeur son statut exact et sa date d’immatriculation, puis recoupez sur le registre officiel.
Faut-il s’inscrire à l’annuaire central même sans émettre avant 2027 ?
Oui. L’inscription conditionne la réception, obligatoire pour toutes les entreprises assujetties à la TVA dès le 1ᵉʳ septembre 2026. Sans adresse déclarée dans l’annuaire, vos fournisseurs ne peuvent pas router leurs factures vers vous. La date de démarrage de l’émission est demandée au moment de l’inscription, ce qui permet de déclarer 2027 sans bloquer la réception immédiate.
Quelle plateforme choisir quand on facture des clients étrangers ?
Toutes les offres gratuites ne gèrent pas la facturation en devise étrangère ni la traduction des documents. Certaines traduisent mais imposent l’euro, d’autres réservent le multi-devises à une formule payante. Qonto reste le compromis gratuit le moins restrictif sur ce besoin. Attention également à l’e-reporting, puisque les opérations internationales relèvent d’un flux déclaratif distinct des factures B2B domestiques.
L’e-reporting est-il inclus dans les offres gratuites ?
Chez les principales plateformes agréées gratuites, oui, la transmission des données de transaction est intégrée au socle. La vigilance porte sur la fréquence et sur le périmètre couvert, qui dépendent de votre régime de TVA. Un régime réel normal transmet au moins mensuellement, un réel simplifié peut transmettre au trimestre. Chaque période non déclarée constitue une transmission manquante, sanctionnée séparément.