Comparer Sage à Cegid n’a aucun sens tant que les produits ne sont pas nommés. Les deux éditeurs figurent sur la liste officielle des plateformes agréées, avec une immatriculation définitive prononcée en décembre 2025. Le critère réglementaire ne départage donc personne. Ce qui départage, c’est le produit exact, sa version, le volume de factures inclus dans l’abonnement et le coût réel du raccordement.
Sage Accès PA ne répond pas au même besoin que Sage X3. De la même façon, l’offre TPE de Cegid ne cible pas la même entreprise que Cegid XRP Ultimate. Le duel se joue produit contre produit, jamais marque contre marque. Notre comparatif des logiciels de facturation électronique replace ces deux éditeurs dans l’ensemble du marché.
Un écart de transparence sépare pourtant les deux catalogues. Sage publie ses plafonds produit par produit, de 6 000 factures par an sur Sage 50 à 60 000 sur X3. Cegid annonce une plateforme intégrée sans surcoût, sans grille de volumes accessible publiquement. Cette asymétrie pèse plus lourd, sur trois ans, qu’une différence de fonctionnalités.
Les deux éditeurs sont agréés depuis décembre 2025. Sage chiffre publiquement ses plafonds inclus, calculés sur les seules factures B2B domestiques, et propose une porte d’entrée autonome à 0 €. Cegid intègre nativement sa Plateforme Agréée dans XRP Flex et XRP Ultimate, et bascule son offre TPE vers Shine Facture après le rachat de Shine en novembre 2025. La conformité se joue au niveau du produit, pas de la marque.
Les offres bougent vite à l’approche de l’échéance, et un comparatif non daté devient trompeur en quelques semaines. Voici donc le cadre exact dans lequel ces informations ont été relevées.
Méthode, relevé du 26 juillet 2026. Ce comparatif s’appuie sur la liste DGFiP, les pages tarifaires et la documentation publique des deux éditeurs, ainsi que sur le communiqué de Bercy n°898 du 11 juillet 2026. Les logiciels n’ont pas été testés en production. Chaque information porte un niveau de preuve : publiée, sur devis, ou à confirmer contractuellement. Aucun avantage n’est attribué sans source produit identifiable.
Reste à savoir par où commencer, selon votre point de départ. C’est la seule question qui compte avant le 1er septembre prochain.
Le diagnostic part de votre volume et de votre logiciel actuel, puis sort trois plateformes classées.
Sage ou Cegid : le verdict en 30 secondes
Aucun des deux ne gagne dans l’absolu. En revanche, chaque situation d’entrée oriente vers un chemin nettement moins coûteux que l’autre. Le tableau ci-dessous donne l’orientation provisoire et le point qu’il faut contrôler avant de signer quoi que ce soit.
| Votre situation | Orientation provisoire | Point à contrôler |
|---|---|---|
| Déjà client Sage, version récente | Rester chez Sage | Version, activation PA, plafond inclus |
| Déjà client Cegid sur XRP | Rester chez Cegid | Produit, version, conditions contractuelles |
| Client Cegid Business ou BIM! | Transition vers Shine Facture | Fermeture prévue au 30/06/2027 |
| Aucun logiciel compatible | Sage Accès PA, dès 0 € | Souscription en prévente au 26/07/2026 |
| TPE à gestion simple | Sage 50 contre Shine Facture | Périmètre émission et réception |
| PME multi-entités | Sage 100 contre Cegid XRP Flex | SaaS, workflows, coût d’intégration |
| Plusieurs ERP en place | Comparer les API des deux | Connecteurs, statuts, engagement de service |
Cette grille reste conditionnelle par construction. Une entreprise déjà équipée arbitre un coût marginal de conformité. Un acheteur qui part de zéro arbitre un coût complet sur trois ans. Les deux raisonnements ne mènent presque jamais au même produit, ni au même éditeur.
Comparer Sage et Cegid impose d’abord de comparer les bons produits
Sage et Cegid ne sont pas des logiciels, ce sont des catalogues, et l’un des deux se recompose actuellement. Mettre en regard un outil pour auto-entrepreneur et un ERP de groupe produit une conclusion sans valeur. La cartographie ci-dessous ramène le duel à des couples réellement comparables.
Les produits pour TPE
Sage aligne trois entrées sur ce segment. Sur sa propre page consacrée à la Plateforme Agréée, l’éditeur affiche Sage Active à partir de 6,25 € HT par mois et Sage 50 à partir de 18 € HT par mois. Sage Accès PA sert de porte d’entrée autonome, pour une entreprise sans logiciel compatible.
Côté Cegid, le paysage a changé. L’éditeur a racheté la fintech Shine en novembre 2025, puis annoncé la transition de ses clients TPE vers Shine Facture à partir du 10 juillet 2026. La fermeture définitive de Cegid Business, Cegid Devis Factures, Cegid Quadra Box et BIM! by Cegid est programmée au 30 juin 2027.
Comparer « Sage 50 contre Cegid Business » n’a plus de sens en juillet 2026. Cegid Business fait partie des solutions dont la fermeture est annoncée au 30 juin 2027, avec migration vers Shine Facture. Le duel TPE pertinent oppose désormais les offres Sage à Shine Facture. Vérifiez au passage le périmètre couvert : en mai 2026, Shine annonçait la réception de factures déjà disponible et l’émission encore en développement.
Un point différencie nettement les deux approches. Sage publie une grille tarifaire complète pour Sage Accès PA, jusqu’à 5 000 factures par an. Cegid s’engage sur l’absence de surcoût, sans détailler les volumes couverts. Notre page dédiée aux logiciels de facturation électronique pour TPE élargit la comparaison hors de ces deux catalogues.
Les produits pour PME
Le duel pertinent devient ici Sage 100 contre Cegid XRP Flex. Sage 100 reste une gamme modulaire, avec 12 000 factures B2B domestiques incluses par an. Cegid XRP Flex se présente en ERP entièrement cloud, avec la Plateforme Agréée Cegid intégrée nativement, et une absence de surcoût explicitement annoncée sur la page produit.
La différence structurante n’est pas fonctionnelle, elle est architecturale. Une PME déjà installée sur Sage 100 en version récente active sa PA sans projet lourd. La même PME qui bascule vers Cegid XRP Flex mène un projet ERP complet, avec reprise de données, paramétrage et intégrateur. Cegid chiffre d’ailleurs lui-même cette bascule entre quatre et six mois. Nos repères sur les logiciels adaptés aux PME complètent cette lecture.
Les produits pour ETI et grandes entreprises
Sage propose X3, Intacct et FRP 1000, tous trois adossés au même plafond de 60 000 factures annuelles. Cegid oppose XRP Ultimate, dans lequel sa documentation de juillet 2026 indique que la Plateforme Agréée est également intégrée nativement. La mention explicite d’absence de surcoût ne figure toutefois que sur la page XRP Flex, ce qui laisse ce point à confirmer contractuellement.
À ce niveau, la comparaison fonctionnelle des ERP perd son intérêt. Sept critères décident réellement : le multi-sociétés, le multi-SIREN dans une même instance, les workflows d’approbation, les formats EDI historiques, la supervision des rejets, la profondeur des API et l’engagement de service en cas d’incident bloquant.
Pour un système d’information qui mêle plusieurs progiciels, la question se déplace encore. Le sujet devient l’intégration entre l’ERP existant et la plateforme agréée, et non le choix d’un éditeur unique. Cegid reconnaît d’ailleurs qu’un modèle mixte reste envisageable en contexte international.
Le cas particulier des cabinets d’expertise comptable
Un cabinet ne choisit pas une plateforme pour lui, il l’impose partiellement à son portefeuille. Sage aligne Génération Experts et Sage for Accountants, seuls produits de sa grille sans plafond de volume, pilotés par monitoring des consommations. Cegid restructure son offre autour de Shine, avec une console de supervision et une Plateforme Agréée Shine immatriculée définitivement.
Six points tranchent en pratique. La récupération des pièces de clients équipés ailleurs, le suivi de l’activation des mandats, la supervision des dossiers, l’attribution des tâches, le traitement des rejets et l’équipement des TPE non outillées. Notre analyse de l’organisation des cabinets comptables face à la réforme détaille ces arbitrages, qui méritent un comparatif à part entière.
Sage et Cegid sont-ils réellement agréés ?
Oui, les deux le sont, et ce point ne discrimine plus rien. La confusion utile à lever se situe ailleurs : l’agrément porte sur une plateforme, pas sur l’ensemble des logiciels de l’éditeur. Cette distinction décide de la conformité réelle bien plus souvent que la présence sur la liste.
Ce que dit exactement la liste officielle
La DGFiP rappelle qu’une plateforme agréée doit émettre, transmettre et recevoir les factures, puis remonter les données de facturation, de transaction et de paiement. L’immatriculation définitive n’est prononcée qu’après réussite des tests d’interopérabilité en conditions réelles. Elle est délivrée pour trois ans, renouvelable.
Le communiqué de Bercy du 11 juillet 2026 fixe le décor chiffré : 130 plateformes répertoriées, et deux millions d’entreprises ayant déclaré disposer d’une plateforme de réception. Les deux éditeurs annoncent la même couverture technique, formats Factur-X, UBL et CII compris. La liste officielle des plateformes agréées reste la seule source qui fasse foi.
Ce que l’agrément ne couvre pas
Six objets distincts se cachent derrière le mot « conforme ». L’éditeur, la plateforme agréée, le logiciel qui crée la facture, la version installée, le connecteur et le paramétrage du client. L’agrément ne valide que le deuxième. Une entreprise sur une version ancienne travaille donc chez un éditeur agréé, avec un logiciel qui ne parle pas encore à cette plateforme.
« Mon éditeur est agréé, donc mon installation est conforme » reste faux dans la majorité des cas litigieux. La conformité dépend de votre version, de l’activation du service et de la qualité de vos données tiers. Un SIREN erroné dans une fiche client fait rejeter une facture, quelle que soit la plateforme. Cegid identifie d’ailleurs le nettoyage du référentiel tiers comme le premier risque opérationnel en phase de bascule.
Le calendrier durcit cette exigence. À compter du 1er septembre 2026, la réception via plateforme agréée s’imposera à toutes les entreprises assujetties, et l’émission aux grandes entreprises et aux ETI. Les PME, TPE et micro-entreprises basculeront à l’émission le 1er septembre 2027.
Ce que la Plateforme Agréée change réellement dans Sage et Cegid
La bonne méthode consiste à suivre une facture de bout en bout, plutôt qu’à cocher des fonctionnalités. Cinq étapes concentrent les écarts observables : la création, le routage, la réception fournisseur, le cycle de vie et l’e-reporting. C’est là que les comparatifs génériques s’arrêtent, et là que les projets déraillent.
Création de la facture
Chez les deux éditeurs, la facture naît dans le module de gestion commerciale et part au format structuré sans ressaisie. La nuance porte sur les factures créées ailleurs. Sage Accès PA accepte explicitement l’import de données au format CSV, PDF et Factur-X, puis complète les mentions manquantes avant transmission.
Quatre mentions font l’objet de contrôles renforcés, que Cegid liste explicitement : le SIREN du client, l’adresse de livraison, la catégorie d’opération et la mention de TVA sur les débits. Un PDF signé envoyé par e-mail ne constituera plus une facture valable à compter du 1er septembre 2026, quel que soit le logiciel utilisé.
Routage
Le routage interroge l’annuaire, identifie la plateforme du destinataire et lui transmet la facture. Sage Network et la PA Cegid remplissent tous deux cette fonction. Le point sensible n’est pas la mécanique, c’est l’adresse absente ou erronée, cas fréquent sur les premiers mois de démarrage.
Une question mérite d’être posée en démonstration. Que voit un utilisateur lorsqu’un destinataire n’est pas encore joignable ? Le statut remonte-t-il dans l’écran de facturation, ou seulement dans un portail séparé ? Sage annonce des API alignées sur les spécifications AFNOR, ce qui facilite ce retour, sans dispenser de le vérifier écran en main.
Réception fournisseur
La réception constitue l’obligation la plus large, puisqu’elle s’appliquera à toutes les entreprises assujetties dès septembre 2026. Six capacités méritent d’être testées : arrivée dans le logiciel, accès à la pièce originale, pré-affectation comptable, validation, rapprochement avec la commande et détection des doublons.
Cegid met en avant un concentrateur de flux qui collecte des factures issues de plateformes tierces, argument fort pour une entreprise aux fournisseurs dispersés. Sage couvre la réception jusque dans son offre autonome, y compris pour une entreprise sans logiciel Sage. Les deux approches se valent, mais elles ne répondent pas au même problème.
Cycle de vie et rejets
Répondre que « les deux gèrent la facture électronique » n’apprend rien. La vraie question tient en trois temps : qui voit le rejet, où apparaît-il, et quelle action corrective déclenche-t-il ? Un rejet invisible pendant huit jours devient un impayé, puis un litige commercial.
Quatre statuts seulement relèvent du socle obligatoire : déposée, rejetée, refusée et encaissée, ce dernier s’appliquant aux entreprises soumises à la TVA sur les encaissements. La mise à disposition, la prise en charge, l’approbation et le litige constituent un suivi complémentaire, propre à chaque logiciel. Demandez à voir l’écran qui les affiche, pas la diapositive qui les liste.
Le vrai critère comparatif devient donc double. Quels statuts complémentaires chaque logiciel affiche-t-il nativement, et lesquels déclenchent une action automatisée ? Un rejet technique se corrige sur une donnée d’adressage. Un refus commercial appelle un avoir ou une facture rectificative, avec conséquence comptable immédiate.
E-reporting
L’e-reporting couvre les ventes aux particuliers, les opérations internationales et les données de paiement. Sage confirme sa prise en charge jusque dans Sage Accès PA. Cegid intègre la fonction dans ses gammes ERP, en distinguant nettement données de transaction et données de paiement.
La périodicité dépend du régime de TVA. Cegid la détaille ainsi : tous les dix jours au réel normal mensuel, mensuellement au réel normal trimestriel ou simplifié, et tous les deux mois en franchise en base. En revanche, la responsabilité ne se délègue pas : une donnée manquante engage l’entreprise, pas la plateforme.
Combien coûte réellement la facturation électronique chez Sage et Cegid ?
Comparer deux prix mensuels ne produit aucune décision fiable. Le coût réel additionne l’abonnement, les utilisateurs, le volume de factures, les dépassements, la mise à niveau, l’intégration, la reprise de données, la formation, le support et l’archivage. Sur trois ans, ces postes pèsent souvent plus que la licence elle-même.
Les postes que personne ne chiffre au premier rendez-vous
Douze lignes méritent d’être posées noir sur blanc dans le devis. La formule minimale nécessaire, le nombre d’utilisateurs inclus, le mode de comptage du volume, le prix des dépassements, l’éventuelle mise à jour de version, la nature du connecteur, les jours d’intégrateur, l’historique repris, la formation, le support, la durée d’archivage et le prix par entité juridique.
Deux postes se révèlent systématiquement plus tard. Les environnements de test, facturés ou non selon les contrats, et l’accès à l’archivage après résiliation. Notre simulateur de coût de mise en conformité permet de poser ces montants avant le premier rendez-vous commercial, plutôt qu’après.
Ce que Sage publie, chiffres à l’appui
Sage affiche des plafonds inclus par produit : 6 000 factures par an pour Sage 50, 12 000 pour Sage 100 et Batigest Connect, 60 000 pour Intacct, X3 et FRP 1000, 2 000 par mois pour SDMO, 300 à 500 par mois pour Sage Active. Génération Experts et Sage for Accountants échappent seuls à toute limite. Au-delà, la facturation passe à la consommation, sans tarif unitaire publié.
Le plafond Sage compte les factures électroniques uniques envoyées et reçues, achats et ventes confondus. Sage exclut explicitement les factures B2C et non domestiques, celles qui relèvent de l’e-reporting. Une PME qui reçoit 700 factures fournisseurs françaises et en émet 400 à des clients français chaque mois traite donc 13 200 factures B2B domestiques par an, soit un dépassement sur Sage 100. Le calcul à faire porte sur vos flux B2B France, pas sur votre chiffre d’affaires.
Sage Accès PA affiche pour sa part une grille annuelle complète : freemium jusqu’à 60 factures, 88 € HT jusqu’à 250, 155 € HT jusqu’à 500, 280 € jusqu’à 1 000, 375 € jusqu’à 1 500, 550 € jusqu’à 2 500 et 950 € jusqu’à 5 000. Au-delà, le tarif passe sur devis.
La page annonce en titre 25 factures gratuites par mois « jusqu’au 31 décembre », l’année n’apparaissant que dans le bloc tarifaire, qui mentionne le 31 décembre 2026. Le palier gratuit permanent, lui, s’arrête à 5 flux mensuels, ce qui correspond bien aux 60 factures annuelles du freemium. Une entreprise installée à 25 factures par mois atterrira donc autour de 300 par an, soit 155 € HT au 1er janvier 2027.
Ce que Cegid annonce, et ce qu’il faut faire écrire
Cegid communique sur une Plateforme Agréée intégrée nativement et sans frais supplémentaires, avec une mention explicite sur la page Cegid XRP Flex. L’éditeur revendique dix ans d’exploitation d’une plateforme équivalente au Portugal et près de 230 millions de documents traités par an. Ces éléments crédibilisent l’infrastructure, sans documenter le contrat.
Trois formulations méritent donc d’être exigées par écrit avant signature. Le nombre de factures couvertes par an et par dossier, le prix unitaire au-delà, et le sort de l’archivage en cas de résiliation. Notre page sur les prix et tarifs des plateformes agréées donne les ordres de grandeur du marché pour cadrer la négociation.
| Critère | Sage | Cegid | Preuve |
|---|---|---|---|
| Immatriculation définitive | 22/12/2025 | 18/12/2025 | Publiée |
| Formats structurés | Factur-X, UBL, CII | Factur-X, UBL, CII | Publiée |
| Solution PA autonome | Sage Accès PA | Non publiée | Publiée |
| Plafond segment TPE | 6 000 factures par an | Non publié | Publiée |
| Plafond segment PME | 12 000 factures par an | Non publié | Publiée |
| Plafond segment ETI | 60 000 factures par an | Non publié | Publiée |
| Périmètre du décompte | B2B domestique uniquement | Non publié | Publiée côté Sage |
| Prix des dépassements | À la consommation | Non publié | Sur devis |
| Prix public d’entrée | 0 € puis 88 € HT par an | Sur devis | Publiée côté Sage |
| Intégration native ERP | Toutes gammes annoncées | XRP Flex et XRP Ultimate | Publiée |
| Absence de surcoût annoncée | Oui, dans la limite des plafonds | Explicite sur XRP Flex | À confirmer ailleurs |
| Archivage | 10 ans sur Sage Accès PA | Norme NF Z42-013 citée | Autres gammes à confirmer |
| Concentrateur multi-plateformes | Non mis en avant | Oui | Publiée |
| Souscription publique | Prévente au 26/07/2026 | Sur devis | Publiée côté Sage |
Les cases « non publié » ne sont pas un jugement de valeur. Elles signalent une information qui doit sortir du devis, faute de quoi le budget à trois ans repose sur une hypothèse. La ligne « souscription publique » mérite une attention particulière à cinq semaines de l’échéance : Sage indique encore un parcours de prévente, avec finalisation à l’ouverture de son parcours e-commerce.
Trois scénarios de coût sur trois ans
Un coût total ne se raconte pas, il se pose. Voici trois profils courants, avec ce qui est calculable aujourd’hui et ce qui ne l’est pas. Les cases vides sont la vraie information : elles indiquent précisément quoi demander en rendez-vous.
| Scénario | Sage | Cegid | Ce qui manque |
|---|---|---|---|
| TPE, 300 factures par an | 155 € HT par an | Non publié | Périmètre Shine Facture |
| Soit sur trois ans | 465 € HT | À demander | Grille tarifaire |
| PME, 13 200 factures B2B | 1 200 en dépassement | Non publié | Prix unitaire au-delà |
| Soit sur trois ans | Incalculable sans devis | Incalculable sans devis | Mode de comptage |
| Entreprise déjà équipée | Mise à jour et activation | Version et activation | Jours d’intégrateur |
| Postes à ajouter | Nettoyage, formation, tests | Nettoyage, formation, tests | Chiffrage par devis |
Le scénario PME rend visible la vraie asymétrie. Sage publie le seuil mais pas son dépassement. Cegid ne publie ni l’un ni l’autre. Dans les deux cas, un budget à trois ans exige un devis, ce qu’aucun comparatif en ligne ne peut remplacer.
Sage ou Cegid est-il le plus ouvert aux logiciels tiers ?
Quatre configurations existent en pratique, et les comparatifs n’en traitent généralement qu’une. Rester chez son éditeur, brancher un ERP tiers sur la plateforme de Sage ou de Cegid, ou brancher une plateforme concurrente sur un logiciel Sage ou Cegid. Cette dernière hypothèse conditionne pourtant votre réversibilité.
Rester dans l’écosystème de son éditeur
C’est le chemin le plus court, et le plus vendu. La connexion est native, les statuts remontent dans le logiciel, et le plafond s’applique sans facturation additionnelle tant qu’il n’est pas franchi. Cegid chiffre l’avantage en nombre de contrats, d’engagements de service et de points de défaillance : un contre deux dans chaque cas.
Deux questions restent à poser avant de considérer le sujet clos. Que se passe-t-il si vous changez de plateforme sans changer d’ERP, et à quelles conditions contractuelles ? Notons au passage qu’une entreprise peut parfaitement utiliser deux plateformes agréées, par exemple avec une comptabilité et une gestion commerciale chez deux éditeurs différents.
Brancher un ERP tiers, ou une plateforme tierce
Sage annonce une plateforme accessible par API, alignée sur les spécifications AFNOR, et positionne Sage Accès PA comme utilisable sans aucun logiciel Sage. Cegid reconnaît de son côté qu’un modèle mixte se défend en contexte international, tout en soulignant le coût caché du double mapping et de la double maintenance.
Neuf points doivent alors être vérifiés : disponibilité des API publiques, documentation, coût d’accès, certification du connecteur, responsabilité de maintenance, délai de raccordement, environnement de test, remontée des statuts et compatibilité multi-ERP. Sur ce terrain, des plateformes spécialisées dans les connecteurs bidirectionnels concurrencent directement les deux éditeurs.
La configuration inverse reste la moins documentée du marché. Votre logiciel Sage ou Cegid autorise-t-il une plateforme concurrente, le connecteur est-il natif, l’éditeur garantit-il les mises à jour, et qui traite un incident bloquant ? Sans réponse écrite, la réversibilité annoncée n’existe pas.
Faut-il changer d’ERP pour être conforme ?
Non, pas pour la seule réforme, dès lors que la version en place dispose d’un raccordement opérationnel à un coût acceptable. Le conseil inverse, « restez chez votre éditeur quoi qu’il arrive », reste tout aussi paresseux. Dix contrôles départagent les deux situations.
Les dix contrôles à mener avant d’arbitrer
Votre version exacte, sa date de fin de maintenance, les modules installés, le mode de déploiement, le coût de mise à niveau, la qualité des données tiers, les développements spécifiques, les connecteurs existants, le volume annuel de factures B2B et le coût total sur trois ans. Ces dix points suffisent à trancher, sans démonstration commerciale.
Cegid ajoute cinq signaux d’alerte utiles, quel que soit l’éditeur. Une version sans mise à jour majeure depuis plus de cinq ans, un éditeur non immatriculé, l’absence de feuille de route publique, la dépendance à un intégrateur unique et des modules de facturation et de comptabilité non synchronisés. Deux signaux ou plus imposent d’anticiper une bascule.
Sept situations, sept décisions
Une version récente compatible appelle une simple activation, suivie d’un test de flux réel. Une version ancienne encore maintenue impose de comparer le coût de la mise à jour à celui d’un connecteur. Une version hors maintenance oblige à chiffrer une migration interne face à un changement d’éditeur.
À l’inverse, quatre cas commandent la prudence. De nombreux développements spécifiques écartent une migration précipitée. Des données clients incomplètes exigent un nettoyage préalable. Un parc multi-ERP oriente vers une plateforme indépendante. Enfin, un projet ERP déjà budgété doit absorber la réforme dans son cahier des charges, plutôt que la traiter en parallèle.
Une nuance s’impose toutefois sur le coût marginal. Un raccordement à quelques milliers d’euros l’emporte souvent sur une migration à six chiffres, mais pas toujours : une fin de maintenance, une dette technique lourde ou une transformation déjà engagée peuvent justifier le contraire. L’arbitrage se fait sur votre calendrier, pas sur un principe.
Test pratique : Sage et Cegid face à 12 cas de facture
Les scénarios ci-dessous proviennent de la documentation des deux éditeurs et des cas d’usage normalisés du référentiel français. Ils n’ont pas fait l’objet d’un test en production de notre part. À ce titre, ils servent de grille de démonstration à imposer au commercial, pas de verdict.
Les cinq cas que les deux traitent sans difficulté
La facture B2B française standard, la facture à un particulier basculée en e-reporting, la facture d’acompte, l’avoir total et la facture à plusieurs taux de TVA relèvent du socle réglementaire. Les deux plateformes les couvrent, puisque l’immatriculation définitive l’exige.
Sur ces cas, la différence porte sur l’ergonomie et sur le nombre de clics, pas sur la conformité. Autrement dit, une démonstration qui ne montre que ceux-là ne prouve rien. Elle montre le socle commun aux 130 plateformes agréées répertoriées.
Les sept cas qui décident réellement
L’avoir partiel, la prestation avec TVA à l’encaissement, la facture rejetée pour destinataire incorrect, la facture importée d’un logiciel tiers, le rapprochement à trois voies, la facture à une entreprise étrangère et la facture au secteur public. Ce dernier cas mérite un traitement séparé, souvent escamoté.
La facturation B2G reste en effet adressée via Chorus Pro, périmètre que la réforme ne modifie pas. L’agrément d’une plateforme ne renseigne donc en rien sur la profondeur du connecteur Chorus Pro disponible dans Sage 50, Sage 100, Cegid XRP ou Shine Facture. Ce point se vérifie produit par produit, en démonstration.
Sept questions accompagnent chaque scénario. Qui crée le document, quel format sort, quel canal est utilisé, quel statut remonte, quelle correction reste possible, quelle donnée part en e-reporting, et surtout : l’opération est-elle décomptée du plafond ? Cette dernière question change le budget, rarement la conformité.
Quel logiciel choisir selon votre profil ?
Le verdict utile se rend par situation, jamais par marque. Trois profils couvrent l’essentiel des cas réels, du travailleur indépendant à l’entreprise multi-sites déjà équipée. Le critère dominant change à chaque étage, et ce n’est pas toujours le prix affiché.
Micro-entreprise et TPE à faible volume
Sage Accès PA, Sage Active, Sage 50 et Shine Facture forment le terrain de jeu. Le critère décisif reste le volume inclus, devant les devis, les relances, l’encaissement et l’accès du comptable. Une structure sous 60 factures annuelles reste gratuite chez Sage, ce qui constitue l’offre publique la plus lisible du duel.
Attention toutefois à l’après-promotion. Une TPE installée sous le palier des 25 factures mensuelles bascule mécaniquement sur un abonnement payant en janvier 2027. Notre analyse des solutions réellement gratuites détaille ce mécanisme dans notre page sur la plateforme agréée gratuite.
PME qui gère sa comptabilité en interne
Le duel se resserre sur Sage 50 Gestion d’entreprise, Sage 100, Cegid Quadra Entreprise Plus et Cegid XRP Flex. Une PME mono-entité privilégie la continuité et le coût marginal. Une PME multi-sociétés bascule sur d’autres critères : gestion des entités, multi-SIREN dans une même instance, règles d’approbation, analytique et reporting des anomalies.
Un détail contractuel mérite vérification à ce stade. Le plafond Sage s’applique produit par produit, ce qui pénalise potentiellement une organisation à plusieurs dossiers. Demandez explicitement si les entités partagent un plafond commun ou disposent chacune du leur. La réponse déplace le budget de plusieurs milliers d’euros sur trois ans.
Industrie, retail et entreprises déjà équipées
En industrie, le rapprochement à trois voies, les stocks, la production, la facturation à l’avancement et l’EDI historique dominent le choix. En commerce et retail, la centralisation des ventes B2C, la remontée des données de caisse, les avoirs et les volumes très élevés prennent le dessus. Cegid maintient une gamme retail dédiée, ce que le catalogue Sage n’affiche pas au même niveau.
Pour une entreprise déjà outillée, en revanche, le critère bascule. Ce n’est plus la richesse du catalogue, c’est le coût marginal de conformité rapporté au calendrier restant. Nos critères pour choisir une plateforme agréée reprennent cette hiérarchie.
Reste le cas des entreprises qui hésitent entre deux éditeurs de familles différentes. Nos duels EBP ou Sage, Dext ou Pennylane et Sellsy ou Pennylane traitent des arbitrages voisins, sur des segments plus légers.
- Communiqué de presse n°898 du ministère de l’Action et des Comptes publics, 11 juillet 2026
- impots.gouv.fr, liste des plateformes agréées et vademecum de démarrage
- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 123, régime des sanctions
- Documentation publique Sage et Cegid, consultée le 26 juillet 2026
Un dernier réflexe protège la décision. Les grilles tarifaires et les catalogues évoluent vite, comme le montre la recomposition de l’offre TPE de Cegid en cours d’année. Faites confirmer par écrit les trois chiffres qui comptent : plafond inclus, prix du dépassement, durée d’archivage.
- Les deux éditeurs sont immatriculés définitivement, Cegid le 18 décembre 2025 et Sage le 22 décembre 2025.
- Le plafond Sage compte les seules factures B2B domestiques, achats et ventes confondus. Le B2C et le non-domestique en sont exclus.
- Sage publie ses plafonds, de 6 000 à 60 000 factures par an, et une grille autonome de 0 à 950 € HT par an.
- La PA Cegid est native dans XRP Flex et XRP Ultimate, l’absence de surcoût n’étant explicitement annoncée que pour XRP Flex.
- L’offre TPE de Cegid bascule vers Shine Facture, avec fermeture des solutions historiques au 30 juin 2027.
- La réforme entre en vigueur le 1er septembre 2026, avec une approche de tolérance annoncée par Bercy au démarrage.
Trois questions sur votre volume, votre logiciel actuel et votre nombre d’entités suffisent à trancher.
Questions fréquentes
La Plateforme Agréée Sage est-elle vraiment gratuite ?
Elle est incluse dans le prix de l’abonnement au logiciel, dans la limite du plafond du produit concerné. Il ne s’agit donc pas d’une gratuité, mais d’un service compris dans une licence déjà payée. Au-delà du plafond, la facturation passe à la consommation. Seul Sage Accès PA propose un palier réellement gratuit, limité à 60 factures par an.
Que devient mon abonnement Cegid Business ou BIM! ?
Cegid a ouvert le 10 juillet 2026 la transition vers Shine Facture, avec reprise automatique des informations de l’entreprise et espace créé depuis la console de supervision du cabinet. La fermeture définitive de Cegid Business, Cegid Devis Factures, Cegid Quadra Box et BIM! est annoncée au 30 juin 2027. Les documents archivés restent consultables pendant la phase de transition.
Sage 50 sera-t-il compatible avec la facture électronique ?
Sage 50 figure dans la liste des produits intégrés à sa Plateforme Agréée, avec 6 000 factures incluses par an. Le périmètre dépend en revanche de votre configuration, la gestion commerciale et la comptabilité ne couvrant pas les mêmes flux selon les partenaires intégrateurs. Faites confirmer par écrit si votre installation couvre l’émission, la réception, ou les deux.
Y aura-t-il des sanctions dès le 1er septembre 2026 ?
Le ministre de l’Action et des Comptes publics a annoncé le 11 juillet 2026 une approche de tolérance et de bienveillance au démarrage, sans sanctions pour les entreprises de bonne foi rencontrant une difficulté et engageant leur régularisation. Le calendrier reste néanmoins confirmé. Un vademecum est publié sur impots.gouv.fr et une assistance DGFiP est joignable au 0806 807 807.
Peut-on conserver une installation en local plutôt qu’en cloud ?
Oui côté Sage, dont plusieurs gammes restent déployables hors cloud. Cegid pousse en revanche des solutions nativement cloud sur ses produits récents, XRP Flex en tête. Ce point mérite d’être posé tôt, car il conditionne le coût du projet bien plus que la conformité. La réforme n’impose aucun mode d’hébergement particulier côté entreprise.
Faut-il migrer de Sage vers Cegid, ou l’inverse, pour être conforme ?
Non. Les deux éditeurs disposent d’une plateforme agréée immatriculée définitivement, donc aucun des deux ne rend l’autre non conforme. Une migration se justifie par un besoin fonctionnel, une fin de maintenance ou un coût de mise à niveau prohibitif. Changer d’éditeur pour la seule réforme revient à payer un projet ERP pour résoudre un problème de raccordement.
Que devient l’archivage si je résilie mon abonnement ?
Sage annonce dix ans d’archivage légal sur Sage Accès PA, tant que la souscription reste active. Les modalités des autres gammes ne sont pas détaillées publiquement. Cegid cite de son côté la norme NF Z42-013 et une conservation de dix ans. Faites écrire la durée, les modalités d’export intégral et le sort des pièces après résiliation.
Quel éditeur publie les tarifs les plus transparents ?
Sage, sur les données publiques disponibles au 26 juillet 2026. Les plafonds par produit, le périmètre du décompte et la grille annuelle de Sage Accès PA sont accessibles sans devis. Cegid communique sur l’absence de surcoût, sans détailler volumes ni dépassements. Cette transparence ne rend pas Sage meilleur sur le fond, mais elle rend son coût à trois ans nettement plus calculable.