Chartres n’est pas la capitale française du logiciel de gestion, et SRCI n’a jamais cherché à le faire savoir. Créée en 1986, la société équipe surtout des mairies, des hôpitaux et des services financiers publics. Les campagnes d’acquisition des éditeurs de facturation en ligne, en revanche, ne la concernent pas. Son immatriculation comme plateforme agréée, datée du 19 janvier 2026, la place pourtant sur le même terrain que des marques mille fois plus visibles.
Le décalage saute aux yeux dès la liste officielle des plateformes agréées. SRCI y voisine avec des marques qui n’ont jamais parlé qu’à des dirigeants de TPE. Ce profil change la lecture de son offre : personne n’active iXFacture en dix minutes avec une carte bancaire.
Reste à savoir ce que couvre cette immatriculation, quels formats transitent par la plateforme et à partir de quelle taille le projet tient debout. Les réponses tiennent moins au discours de l’éditeur qu’à la nature de ses clients historiques, très majoritairement publics.
Le diagnostic classe trois plateformes selon votre taille et vos flux.
Ce que SRCI fabrique depuis 1986
SRCI ne vend pas un logiciel de facturation au sens où l’entendent les indépendants. L’entreprise construit des chaînes d’échange de documents entre systèmes d’information, avec la signature électronique, l’archivage et le transport comme cœur de métier. La facture n’est donc qu’un flux parmi d’autres dans cette architecture.
iXFacture, la brique facture du socle iXBus
Le catalogue s’organise autour d’iXBus, une plateforme d’intégration qui relie ERP, gestion électronique de documents et solutions financières. iXFacture en est la déclinaison facture, côté achats comme côté ventes. La brique assure dépôt et récupération automatiques, conversion de formats et connexion par API. Pour le secteur public, la brique iX Chorus assure le raccordement à Chorus Pro, obligatoire depuis 2017.
L’éditeur revendique environ 8 500 clients, dont 7 000 organismes publics, et 35 000 utilisateurs quotidiens. Ces chiffres viennent toutefois de SRCI seule, aucune source indépendante ne les recoupe. Ils disent malgré tout un ancrage administratif rare sur ce marché.
Ce que recouvre son immatriculation
Le statut autorise SRCI à transmettre les factures entre émetteurs et destinataires, puis à remonter les données de facturation à l’administration fiscale. L’éditeur avait annoncé une immatriculation sous réserve le 1er octobre 2025, étape qui précède la réussite des tests d’interopérabilité. Depuis, la liste tenue par la DGFiP retient la date du 19 janvier 2026.
Le sigle PDP, encore présent dans de nombreux documents commerciaux, désigne exactement le même statut. L’immatriculation vaut trois ans et se renouvelle. Elle n’est jamais acquise une fois pour toutes, ni pour SRCI ni pour les 137 plateformes recensées au 2 juillet 2026.
Les organisations que SRCI équipe vraiment
Le profil client se lit dans l’histoire de la maison. Quatre décennies passées à raccorder des services financiers publics à Hélios, Actes et Chorus laissent une empreinte nette sur l’offre. Le vocabulaire, les références et le mode de vente restent ceux d’un marché où l’acheteur passe par un appel d’offres.
Collectivités, établissements publics et entreprises déjà outillées
La cible naturelle rassemble les structures qui brassent des volumes réguliers entre systèmes hétérogènes : collectivités, EPIC, offices publics de l’habitat, établissements de santé. Côté privé, ce sont les entreprises dotées d’un ERP et de flux EDI en production. Leur besoin porte donc sur la conversion de formats, la piste d’audit et la conservation, pas sur une interface de création de devis.
L’archivage s’appuie sur la certification NF 461, référentiel d’archivage électronique à valeur probante. Peu de plateformes agréées mettent cet argument en avant, alors qu’un service marchés ou une direction des finances publiques le regarde en premier. La conservation des pièces prime alors sur le confort d’usage.
Les profils pour qui l’outil est surdimensionné
Une micro-entreprise ou une TPE de quelques salariés n’a pas grand-chose à faire dans ce type de projet. Son obligation se résume à recevoir ses factures au 1er septembre 2026, puis à les émettre au 1er septembre 2027, sans chantier d’intégration. Même logique pour les métiers déjà servis par un éditeur vertical. Une société de conseil qui facture au temps passé ira plus vite avec VeryswinG, dont la plateforme agréée est adossée à son ERP.
Formats, canaux et raccordement au dispositif
L’interopérabilité reste le terrain sur lequel un vétéran de l’EDI part avec de l’avance. SRCI transporte des flux structurés depuis bien avant que la facture devienne un sujet fiscal. Cette antériorité se voit d’ailleurs dans la liste des formats acceptés, plus large que le socle réglementaire.
Les formats et les canaux gérés
iXFacture collecte et convertit du PDF simple, de l’UBL, du CII, du XML et du Factur-X. Les standards d’échange historiques restent traités, EDIFACT et UN/CEFACT compris. Cela compte pour une entreprise qui échange déjà des bons de commande avec ses donneurs d’ordre. Côté raccordement, l’éditeur annonce une connexion par API, l’authentification par session Windows et l’intégration directe dans les outils de gestion financière et commerciale.
Trois formats forment le socle imposé au 1er septembre 2026 : Factur-X, UBL et CII. SRCI les gère, tout en conservant les formats EDI hérités de son métier d’origine.
Annuaire, statuts de cycle de vie et e-reporting
Or une plateforme agréée ne transporte pas que des fichiers. Elle interroge l’annuaire tenu par le portail public de facturation pour retrouver l’adresse électronique du destinataire. Elle fait ensuite circuler les statuts de cycle de vie et transmet les données d’e-reporting. SRCI indique ouvrir l’accès à cet annuaire depuis sa propre plateforme.
La réforme impose de suivre chaque facture reçue à travers ses statuts : reçue, mise à disposition, acceptée, refusée, en litige, payée. Ce suivi devient une obligation de gestion quotidienne, pas une option de confort.
Les limites à connaître avant d’engager un projet
Le modèle de SRCI a sa contrepartie, et elle se paie en temps. Ce qui rassure une direction financière publique agace un dirigeant pressé. Deux points méritent donc d’être posés sur la table avant la première réunion commerciale, sous peine de découvrir le sujet trop tard.
Rien ne s’achète en libre-service
Aucune inscription autonome, aucun essai gratuit, aucun palier d’entrée affiché. Chaque déploiement passe en effet par un cadrage, un paramétrage et une intégration au système d’information. Pour une entreprise qui découvre son obligation quelques semaines avant le 1er septembre 2026, ce mode d’engagement devient un risque de calendrier.
Être raccordé à Chorus Pro via SRCI depuis 2017 ne vaut pas conformité au dispositif entre entreprises. Le canal public et le canal privé forment deux chaînes distinctes, même chez le même éditeur.
Un éditeur qui communique peu
Les informations publiques restent minces : pas de grille tarifaire, pas d’engagement de service chiffré, pas de donnée d’effectif accessible. Le site n’évoque pas non plus le réseau Peppol, alors qu’un comparateur tiers le présente comme point d’accès certifié. La question se pose donc par écrit avant signature, surtout si vos clients étrangers passent par ce réseau.
Le périmètre s’arrête par ailleurs à la facture, à la signature et à l’archivage. Une organisation qui cherche d’abord à structurer ses demandes d’achat et ses validations amont regardera plutôt notre page Weproc, positionnée sur ce segment. Le sujet n’est pas anecdotique : la qualité de la donnée de facturation se joue souvent au moment de la commande.
Budget et mise en route
Le coût d’un projet SRCI ne se lit nulle part en ligne. Ce silence vaut certes pour la plupart des éditeurs de ce segment. Il constitue déjà une information pour qui compare plusieurs plateformes agréées, puisqu’il fixe la façon dont la relation commerciale démarre.
Une tarification qui passe par un devis
Aucun tarif n’est publié, ni par abonnement, ni au document traité. Le prix se construit sur le volume de factures, les formats à convertir, les connecteurs à développer et la durée de conservation retenue. Prévoyez donc une phase d’avant-vente, avec un chiffrage qui sépare la licence, l’intégration et la maintenance annuelle.
Le délai et la charge de déploiement
Un raccordement de ce type mobilise la direction des systèmes d’information, la comptabilité fournisseurs et parfois le service marchés. Les échanges de tests avec les partenaires se comptent d’ailleurs en semaines, jamais en jours. L’échéance de réception du 1er septembre 2026 vaut pour toutes les entreprises, y compris celles qui n’émettront qu’en 2027. C’est cette date qui commande le rétroplanning.
Voici les plateformes vers lesquelles se tournent les organisations que SRCI ne couvre pas, du très petit compte au métier très spécialisé. Pour une TPE sans informaticien et suivie par un cabinet, Tiime reste le point d’entrée le plus court.
| Plateforme | Spécialité | Tarification | |
|---|---|---|---|
TiTiimeTPE avec cabinet |
Facturation et lien comptable | Gratuit | Voir l’offre |
VeVeryswinGESN et conseil |
ERP des sociétés de services | Sur devis | Lire la fiche |
WeWeprocAchats PME |
Demandes d’achat et validations | Grille publique | Lire la fiche |
InInfologicAgroalimentaire |
ERP métier de filière | Sur devis | Lire la fiche |
Ces quatre noms ne jouent pas le même match que SRCI. Ils montrent surtout par quel bout d’autres éditeurs prennent la même obligation : la comptabilité, le temps passé, l’achat ou la production. Le point d’entrée dicte ensuite tout le reste du projet.
- Éditeur français créé en 1986 à Chartres, spécialiste de l’échange sécurisé de documents.
- Plateforme agréée inscrite au 19 janvier 2026, après une immatriculation sous réserve annoncée le 1er octobre 2025.
- Clientèle très majoritairement publique : environ 8 500 clients dont 7 000 organismes publics, chiffres de l’éditeur.
- Factur-X, UBL et CII gérés, avec les formats EDI historiques en supplément.
- Aucune grille tarifaire publique : le prix passe par un devis et un cadrage projet.
Le diagnostic tranche selon votre volume de factures et vos formats.
Questions fréquentes
Faut-il changer de solution si SRCI gère déjà nos flux Chorus Pro ?
Pas nécessairement, mais rien ne bascule tout seul. Le raccordement à Chorus Pro relève du canal public, ouvert depuis 2017. Le dispositif entre entreprises repose lui sur le statut de plateforme agréée obtenu en janvier 2026. Faites confirmer par écrit que votre contrat couvre l’émission, la réception, les statuts de cycle de vie et l’e-reporting. Le seul dépôt de factures vers l’État ne suffit plus. Un avenant se révèle donc souvent nécessaire.
Que se passe-t-il si une plateforme agréée perd son immatriculation ?
L’immatriculation est délivrée par la DGFiP pour trois ans renouvelables. Faute de renouvellement, l’entreprise cliente bascule vers une autre plateforme avant l’échéance. Elle met ensuite à jour son adresse dans l’annuaire du portail public de facturation. Négociez une clause de réversibilité dès la signature. Elle porte sur les données, les archives et les flux en cours, et se discute mal une fois le contrat en place.
Peut-on n’utiliser SRCI que pour la réception des factures ?
La réception constitue le périmètre minimal exigé au 1er septembre 2026, puisque toutes les entreprises doivent être en mesure de recevoir. iXFacture traite le cycle achats comme le cycle ventes, la question relève donc du contrat plus que de la technique. Ce découpage garde du sens si l’émission passe déjà par un autre outil, à condition qu’une seule adresse de réception soit déclarée dans l’annuaire.
SRCI remplace-t-elle le portail public de facturation ?
Non, les deux jouent des rôles différents. Le portail public de facturation n’offre plus de service gratuit d’émission et de réception. Il tient en revanche l’annuaire des destinataires et concentre les données destinées à l’administration. Une plateforme agréée comme SRCI assure le transport des factures et la transmission des données, puis dialogue avec ce portail. Passer par une plateforme reste obligatoire pour émettre et recevoir.
Quelles sanctions en cas de retard sur l’échéance ?
La loi de finances 2026 fixe 50 € par facture non émise sous forme électronique. Le plafond monte à 15 000 € par an et par entreprise. Une transmission d’e-reporting manquante coûte 500 €. Le défaut de recours à une plateforme agréée coûte 500 € après mise en demeure. L’amende passe ensuite à 1 000 €, puis à 1 000 € tous les trois mois. En revanche, une première infraction régularisée sous trente jours échappe à la sanction.