Dans une PME agroalimentaire, la facture sort rarement d’un logiciel dédié. Elle sort de l’ERP qui pilote déjà la production, les stocks et la traçabilité. Quand l’éditeur de cet ERP devient lui-même plateforme agréée, la décision change de nature. C’est la situation créée par Infologic, dont la plateforme Copilote a obtenu son immatriculation définitive fin janvier 2026.
L’éditeur, installé à Bourg-lès-Valence dans la Drôme, figure sur la liste officielle des plateformes agréées tenue par l’administration fiscale. Son cas illustre une famille à part : les plateformes adossées à un ERP métier vertical. La logique commerciale y diffère nettement de celle d’un service de facturation vendu seul.
Deux lectures s’opposent donc. Pour un industriel déjà équipé de Copilote, la plateforme prolonge un système en place. Pour une entreprise qui cherche une plateforme agréée autonome, l’offre reste indissociable de l’ERP, et l’éditeur ne documente aucune formule séparée.
Infologic a annoncé l’immatriculation définitive de sa plateforme agréée Copilote le 29 janvier 2026. L’éditeur ne publie ni numéro d’agrément, ni grille tarifaire, ni offre détachée de son ERP.
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Infologic, éditeur d’ERP avant d’être plateforme agréée
Le nom circule dans l’agroalimentaire, la nutrition-santé et la cosmétique, beaucoup moins ailleurs. Cette position sectorielle explique la forme prise par son offre facture électronique, et les angles morts qui vont avec. Comprendre le produit suppose de regarder d’abord l’éditeur, son ancienneté et son parc installé.
Quarante ans d’ERP métier dans la Drôme
Créée en 1982, la société édite et intègre Copilote, un progiciel de gestion destiné aux industries de process. Son siège se trouve à Bourg-lès-Valence, avec plusieurs implantations en France et en Europe. Le périmètre fonctionnel couvre la gestion commerciale, l’EDI, la production, les stocks, la qualité et la traçabilité, la finance et le décisionnel.
Les secteurs visés sont assumés : agroalimentaire, nutraceutique, cosmétique, horticulture et matériaux. Ce profil éloigne Infologic des grands intégrateurs internationaux également immatriculés, comme le montre le guide sur ntt data. La comparaison porte sur la taille autant que sur la méthode de déploiement.
Une immatriculation définitive obtenue début 2026
L’éditeur a annoncé le 29 janvier 2026 l’immatriculation définitive de sa plateforme agréée. Cette étape suppose la réussite des tests d’interopérabilité avec le portail public de facturation. Infologic figure ensuite parmi les 137 plateformes de la liste arrêtée au 15 juin 2026.
Aucun numéro d’agrément public n’accompagne cette annonce. L’absence n’a rien d’anormal : la plupart des éditeurs communiquent la date, rarement l’identifiant. Vérifier le statut passe donc par la liste officielle plutôt que par le site de l’éditeur.
Copilote désigne deux choses chez Infologic : l’ERP historique et la plateforme agréée qui s’y raccorde. Une entreprise peut utiliser l’ERP sans passer par cette plateforme, puisque l’éditeur rappelle que chacun choisit librement la sienne. L’inverse, en revanche, n’est documenté nulle part.
Cette dépendance fixe le périmètre réel de l’offre. Une entreprise sans progiciel de gestion installé n’entre pas dans la cible, et le raccordement supposerait alors un projet d’intégration complet plutôt qu’une simple souscription.
Ce que couvre la plateforme agréée Copilote
Le périmètre annoncé par l’éditeur suit de près le cahier des charges réglementaire. Il ne se limite pas à l’acheminement des factures. Les fonctions de contrôle et de suivi y occupent une place au moins aussi importante.
Émission, réception et suivi du cycle de vie
À l’émission, la plateforme récupère les factures depuis l’ERP, en extrait les données et produit l’original fiscal. Elle identifie ensuite la plateforme du client via l’annuaire central, puis transmet. À la réception, elle contrôle les factures entrantes, génère la version lisible et déclenche un circuit de validation interne.
Le rapprochement automatique et la conservation pendant dix ans complètent la chaîne. Le suivi des statuts remonte dans un tableau de bord, avec prévisionnel d’encaissement et notifications. Les formats acceptés sont UBL, CII et Factur-X, aux côtés des flux EDI historiques de type EDIFACT.
E-reporting, annuaire et fiabilisation des tiers
L’e-reporting couvre les opérations avec des particuliers et avec des opérateurs étrangers. La transmission des statuts de paiement au concentrateur entre aussi dans le périmètre. Sur ce volet, l’offre ne se distingue pas des plateformes spécialisées dans les flux transfrontaliers, dont tout savoir sur cleartax donne un autre exemple.
L’éditeur propose en amont un assistant de mise en conformité des données. Il exporte les tiers clients et fournisseurs de Copilote, les confronte à la base SIRENE de l’INSEE, puis réinjecte les fiches corrigées. Les champs contrôlés incluent le SIREN, le SIRET, l’identifiant de TVA, le RCS et le code APE.
Infologic revendique les certifications ISO 9001:2015 et ISO/IEC 27001:2022, une certification GS1 pour la dématérialisation EDI des factures et un raccordement à Chorus Pro. La solution est annoncée comme développée, hébergée et maintenue par ses équipes internes.
Cette maîtrise interne pèse dans un appel d’offres industriel. Elle évite l’empilement d’un éditeur, d’un opérateur de dématérialisation et d’un hébergeur tiers. Le revers tient à la dépendance : un seul fournisseur porte l’ERP, la plateforme et le support.
- Immatriculation définitive annoncée le 29 janvier 2026
- UBL, CII et Factur-X, plus flux EDIFACT
- E-reporting et statuts de paiement couverts
- Assistant de fiabilisation des tiers via SIRENE
- ISO 27001:2022, GS1 et raccordement Chorus Pro
- Aucune grille tarifaire publique
- Numéro d’agrément non communiqué
- Offre indissociable de l’ERP Copilote
- Périmètre sectoriel étroit
- Aucun essai en libre-service
La colonne de droite ne dit pas que l’offre est faible. Elle dit qu’elle s’évalue en projet, cahier des charges à l’appui, et non en comparant deux prix affichés sur une page publique. Le temps de décision s’en trouve allongé, ce qui compte à quelques semaines de l’échéance.
Ce que coûte la plateforme, et ce que l’éditeur n’en dit pas
La question du tarif se heurte à un mur. Aucune page publique d’Infologic ne porte de montant, ni pour l’ERP, ni pour la plateforme agréée. Les annuaires spécialisés reprennent tous la même mention : sur devis.
Aucune grille publique, ni pour l’ERP ni pour la plateforme
Le modèle reste celui d’un progiciel vendu par projet. Le prix dépend des modules retenus, du nombre d’utilisateurs, du volume de flux et de la charge d’intégration. Un service de stockage documentaire optionnel est mentionné, dimensionné de dix gigaoctets à un téraoctet, sans montant associé.
Cette opacité empêche toute comparaison budgétaire avec une plateforme vendue en abonnement. Elle n’a rien d’exceptionnel chez les éditeurs d’ERP métier. Elle impose simplement de passer par un commercial avant d’obtenir le moindre ordre de grandeur.
Les lignes à faire chiffrer dans un devis
Quatre postes méritent d’être isolés. Le coût du module de facturation électronique, distinct de la licence ERP. Le coût d’intégration et de reprise des données de tiers. Le prix de la conservation à dix ans, souvent facturée au volume. Le coût des flux d’e-reporting, parfois traité à part de l’acheminement.
Demander aussi la durée d’engagement et les conditions de réversibilité. Une immatriculation vaut trois ans renouvelables, souvent moins qu’un contrat d’ERP. Cet écart de durée mérite une clause de sortie explicite. Sans ces quatre chiffres, deux propositions ne sont tout simplement pas comparables.
À qui s’adresse vraiment cette plateforme agréée
La cible se lit dans la construction de l’offre plus que dans les argumentaires commerciaux. Une plateforme greffée sur un ERP vertical sélectionne ses clients d’elle-même. Deux profils se dessinent, et un seul est réellement servi.
Les industriels déjà équipés de Copilote
Pour eux, l’équation est simple. Les factures naissent déjà dans l’ERP, les tiers y sont référencés, les flux EDI existent souvent depuis des années. Activer la plateforme du même éditeur évite une interface supplémentaire et un second interlocuteur en cas d’incident.
Le gain se mesure d’abord sur la réception, obligatoire pour toutes les entreprises assujetties à la TVA au 1er septembre 2026. L’émission tombe à la même date pour les grandes entreprises et les ETI. Elle attend le 1er septembre 2027 pour les PME, les TPE et les micro-entreprises. Un industriel de taille intermédiaire est donc concerné par les deux volets d’un coup.
Les entreprises qui cherchent une plateforme autonome
Le cas est tout autre. Aucune documentation publique ne décrit une offre de plateforme agréée vendue sans l’ERP Copilote. L’éditeur rappelle certes que chaque entreprise choisit librement sa plateforme, mais la réciproque n’est pas outillée commercialement.
Une entreprise hors des secteurs visés a donc peu de raisons de s’orienter ici. D’autres plateformes à ancrage sectoriel assument un périmètre plus lisible, à l’image de mysupply. Le critère décisif reste l’ERP en place, pas le chiffre d’affaires.
Ces trois références permettent de vérifier un statut et une échéance en quelques minutes. Elles ne diront rien du prix, du délai de raccordement ni de la qualité du support une fois le contrat signé.
- Infologic édite l’ERP Copilote depuis 1982, depuis Bourg-lès-Valence.
- Immatriculation définitive de la plateforme agréée annoncée le 29 janvier 2026.
- Formats UBL, CII et Factur-X, plus flux EDIFACT, e-reporting inclus.
- Aucune grille tarifaire publique, aucun numéro d’agrément communiqué.
- Offre pensée pour les clients de l’ERP, pas pour un achat isolé.
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Questions fréquentes
Un ERP suffit-il pour être en conformité au 1er septembre 2026 ?
Non. Un progiciel de gestion produit la facture, il ne l’achemine pas. À compter du 1er septembre 2026, l’émission et la réception passent par une plateforme agréée. Un éditeur peut porter les deux rôles, comme Infologic avec Copilote, ou se raccorder à une plateforme tierce. Le point à vérifier reste le statut de l’acheminement, pas celui du logiciel.
Peut-on conserver ses flux EDI existants avec une plateforme agréée ?
Oui, sous réserve de conversion. Les formats socle imposés sont UBL, CII et Factur-X. Une plateforme qui traite déjà de l’EDIFACT peut transformer les flux existants vers ces formats, ce qu’Infologic annonce pour Copilote. Le sujet à négocier reste le coût de reprise par partenaire raccordé, ligne souvent lourde chez les opérateurs de flux.
Que devient Chorus Pro pour les factures au secteur public ?
Chorus Pro reste le point d’entrée des factures destinées aux entités publiques. La réforme ne le supprime pas, elle l’articule avec le nouveau dispositif. Une entreprise qui facture des collectivités a donc intérêt à vérifier que sa plateforme couvre les deux circuits. Infologic revendique une certification Chorus Pro sur ce volet.
Peut-on utiliser deux plateformes agréées en même temps ?
Oui. Rien n’interdit d’en retenir une pour l’émission et une autre pour la réception, ou d’en affecter une par filiale. Cette configuration se rencontre dans les groupes multi-activités. Elle suppose de surveiller l’adresse déclarée dans l’annuaire central, qui détermine où arrivent les factures fournisseurs. Le surcoût vient du double contrat, pas de la technique.
Comment vérifier qu’une plateforme est bien immatriculée ?
La liste publiée par l’administration fiscale sur impots.gouv.fr fait foi, doublée d’un jeu de données ouvert sur data.gouv.fr. Un communiqué d’éditeur ne suffit pas : certaines annonces datent de la phase d’immatriculation sous réserve, antérieure aux tests d’interopérabilité. Chercher la raison sociale autant que le nom commercial, les deux diffèrent souvent.