Depuis le 16 février 2026, Solo figure parmi les plateformes agréées par la DGFiP. Pour un auto-entrepreneur, l’annonce paraît simple : l’application qui sert déjà aux devis servira aussi à recevoir les factures conformes. La grille tarifaire nuance sérieusement cette lecture.
Cette immatriculation ne se vérifie pas chez l’éditeur. Elle figure sur la liste officielle des plateformes agréées, mise à jour au 12 août 2026. Plus de 130 acteurs y figurent, de l’ERP industriel à l’application mobile. Solo occupe le bas de ce spectre.
Trois questions décident de l’affaire : le périmètre réglementaire réellement couvert, le prix du reste, et le moment où mieux vaut regarder ailleurs. Les tarifs publics de l’éditeur, tous affichés hors taxes, répondent déjà à la deuxième. Le reste demande de lire entre les lignes.
Le diagnostic classe trois plateformes selon votre statut réel.
Solo, une application de gestion devenue plateforme agréée
Solo existait bien avant la réforme. L’outil s’adresse aux micro-entrepreneurs et regroupe devis, facturation, suivi de trésorerie et déclaration de chiffre d’affaires. Le statut de plateforme agréée s’est greffé sur cette base en février 2026, sans élargir la cible.
Devis, factures et Urssaf : le socle fonctionnel
Le palier gratuit Start couvre la réception de factures électroniques, les devis et le livre de recettes et dépenses. Il porte aussi la déclaration du chiffre d’affaires à l’Urssaf. L’offre Go, à 12 € par mois HT, débloque les factures illimitées, le paiement en ligne et le suivi des seuils de TVA.
La page web professionnelle et la synchronisation bancaire arrivent avec l’application. Les encaissements se rangent dans le livre de recettes et dépenses, registre de base du micro-entrepreneur. Solo calcule ensuite le montant à déclarer, puis transmet la déclaration à l’Urssaf.
Ce que le statut d’agrément recouvre exactement
L’immatriculation est délivrée par la DGFiP pour trois ans renouvelables. Elle se déroule en deux temps : une immatriculation sous réserve une fois le dossier validé, puis une immatriculation définitive après les tests d’interopérabilité. Sur la liste de l’administration, l’entité s’appelle simplement Solo, comme le produit, ce qui écarte la confusion avec les homonymes commerciaux.
Le vocabulaire a changé en route : ces acteurs s’appelaient encore PDP il y a peu. Le rôle, lui, n’a pas bougé. Une plateforme agréée émet, reçoit et transmet les données à l’administration. Elles sont plus de 130 dans ce cas, 137 recensées au 2 juillet 2026.
Le profil que Solo sert vraiment
La cible est étroite, et l’éditeur ne s’en cache pas. Toute l’ergonomie tourne autour d’une personne seule qui facture ses clients, surveille ses seuils et déclare son chiffre d’affaires. Le reste du marché, sociétés et cabinets compris, n’est pas adressé.
L’indépendant seul, sous régime micro
Consultant, artisan, coach, photographe, vendeur en ligne : le dénominateur commun reste le régime de la micro-entreprise. Le suivi des seuils et le passage à la TVA sont intégrés au parcours. Synchronisation bancaire et page web professionnelle complètent la panoplie. Un seul utilisateur, aucune gestion de rôles. L’éditeur revendique plus de 100 000 utilisateurs.
Ce cadrage a une conséquence directe sur la réforme. Un micro-entrepreneur doit recevoir ses factures au format électronique dès le 1er septembre 2026, quel que soit son chiffre d’affaires. L’émission ne devient obligatoire qu’au 1er septembre 2027. Le palier gratuit suffit donc à passer la première échéance.
Les situations où l’outil décroche
Passage en EURL ou en SASU, comptabilité d’engagement, salariés, dizaines de factures fournisseurs à récupérer chaque mois : Solo n’est pas bâti pour ça. Un indépendant qui cherche surtout à automatiser la collecte de ses justificatifs vise un autre produit, détaillé dans tout savoir sur iPaidThat.
Le signal d’alerte est simple. Dès qu’un tiers doit accéder au dossier, associé, salarié ou comptable, l’application montre ses limites. Un changement de statut impose alors une migration, avec reprise des documents et mise à jour de l’adressage dans l’annuaire.
Conformité : ce qui est documenté, ce qui ne l’est pas
Une plateforme agréée s’engage sur des flux, pas seulement sur une interface. Solo communique abondamment sur la gratuité de la réception, beaucoup moins sur la mécanique technique qui la rend possible.
La réception de factures électroniques devient obligatoire pour toutes les entreprises au 1er septembre 2026. L’émission suit au 1er septembre 2027 pour les PME, TPE et micro-entreprises. Solo est immatriculée depuis le 16 février 2026.
Formats et canaux : peu de détail public
Les pages publiques de l’éditeur, relevées le 16 août 2026, annoncent une réception illimitée sans abonnement. Elles ne précisent ni les formats acceptés ni un éventuel raccordement au réseau Peppol. Pour un micro-entrepreneur dont les fournisseurs sont français, l’impact reste faible. Pour qui facture hors de France, la question mérite d’être posée au support.
Trois points valent d’être éclaircis avant de s’abonner. Quels formats sont acceptés en réception ? Comment un client étranger adresse-t-il sa facture ? Que deviennent les pièces jointes d’une facture reçue ? Une réponse écrite du support engage l’éditeur. Une page marketing, non.
Annuaire, e-reporting et cycle de vie
L’annuaire des destinataires est tenu par le portail public de facturation, qui indique à un fournisseur vers quelle plateforme envoyer sa facture. Le PPF n’offre plus de service gratuit d’émission et de réception : passer par une plateforme agréée n’est donc plus une option.
L’e-reporting suit le calendrier de l’émission, soit le 1er septembre 2027 pour une micro-entreprise. Une transmission manquante est sanctionnée 500 €. Le site de l’éditeur ne précise ni les opérations couvertes à ce titre, ni la périodicité retenue. La question devra être posée avant l’été 2027.
La déclaration de chiffre d’affaires à l’Urssaf et l’e-reporting sont deux obligations distinctes. Solo automatise la première depuis des années. La seconde vise les opérations hors du champ de la facturation électronique et démarre au 1er septembre 2027.
Ce qui coince
Aucun de ces points n’est rédhibitoire isolément. Réunis, ils dessinent un outil qui rend un service précis à un public précis, et qui devient inconfortable dès qu’on s’écarte du couloir. Chacun se vérifie en quelques minutes dans l’application, avant de payer.
L’émission de factures reste payante
Le palier gratuit couvre la réception, pas l’envoi. Après trente jours d’essai, créer une facture suppose l’offre Go à 12 € par mois HT, soit 144 € HT par an. La dépense se justifie par la gestion complète, rarement par la seule mise en conformité.
L’essai de trente jours brouille un peu la lecture. Pendant un mois, tout fonctionne, factures comprises. Ensuite, l’envoi s’arrête faute d’abonnement. Un indépendant qui teste tôt et qui oublie se retrouve sans solution d’émission au moment précis où il en a besoin.
« Plateforme agréée gratuite » ne veut pas dire « facturation gratuite ». Chez Solo, la gratuité porte sur la réception des factures électroniques et sur la déclaration Urssaf. L’émission, elle, passe par un abonnement payant, tout comme la gestion de la TVA.
Un périmètre volontairement étroit
Pas de comptabilité d’engagement, pas de multi-utilisateur, pas de gestion d’équipe. Le jour où l’activité bascule en société, il faut changer d’outil et refaire l’adressage dans l’annuaire. Le choix se joue donc autant sur la trajectoire que sur le besoin du moment.
Un dernier point ne se tranche pas depuis le site. Les mentions légales de solo.fr désignent une société de droit suédois, quand des annuaires professionnels rattachent le produit à un éditeur français. La liste de la DGFiP, elle, retient le nom Solo. L’écart mérite une question au support.
Le prix réel et le temps de bascule
Solo publie sa grille en clair, ce qui reste rare chez les éditeurs de plateformes agréées. Les montants qui suivent ont été relevés sur le site de l’éditeur le 16 août 2026.
Quatre paliers, tous affichés hors taxes
Start est gratuit. Go coûte 12 € par mois HT. Pro monte à 19,90 € par mois HT avec la gestion de la TVA, Premium à 34,90 € par mois HT avec l’assistance téléphonique. Attention au sigle HT : en franchise, un micro-entrepreneur ne récupère pas la TVA. Son coût réel est le montant toutes taxes comprises.
Sur douze mois, Pro revient à 238,80 € HT et Premium à 418,80 € HT. L’éditeur annonce un essai sans carte bancaire. Aucun tarif annuel remisé ni aucun montant toutes taxes comprises ne figure sur la grille publique relevée le 16 août 2026.
Ce qu’il reste à faire avant septembre
La bascule tient en quelques gestes : ouvrir le compte, renseigner le SIREN, vérifier l’adressage dans l’annuaire. Prévenez ensuite les clients qui émettent déjà en électronique. Comptez une heure, pas un projet. L’échéance qui compte reste le 1er septembre 2026.
Un point mérite d’être anticipé. Les grandes entreprises et les ETI émettent en électronique dès le 1er septembre 2026. Un indépendant qui compte de tels clients recevra donc des factures conformes très tôt. Le compte gratuit doit être ouvert et adressable avant cette date.
Voici les plateformes vers lesquelles se tournent les indépendants que Solo ne couvre pas. Chacune vise un profil distinct, et aucune ne fait le même métier.
| Plateforme | Profil visé | Ce qu’elle apporte | |
|---|---|---|---|
TiTiimeTPE suivies par un cabinet |
Société et TPE | Échange direct avec l’expert-comptable | Voir l’offre |
MyMy UnisoftCabinets d’expertise comptable |
Clients de cabinet | Production comptable côté cabinet | Lire la fiche |
VoVosFacturesFacturation en ligne |
Indépendants et petites structures | Un outil centré sur la facturation | Lire la fiche |
Pour qui bascule en société avec un cabinet, Tiime raccourcit le trajet. Les deux autres visent des besoins plus ciblés : la production comptable, ou la facturation seule.
- Solo est immatriculée plateforme agréée depuis le 16/02/2026, sous le nom Solo sur la liste DGFiP.
- Le palier gratuit Start couvre la réception des factures et la déclaration Urssaf.
- L’émission passe par l’offre Go à 12 € par mois HT, après trente jours d’essai.
- Le périmètre s’arrête à la micro-entreprise : ni société, ni équipe, ni comptabilité d’engagement.
- Échéances à tenir : réception au 1er septembre 2026, émission au 1er septembre 2027.
Quelques questions suffisent à réduire la liste à trois plateformes agréées.
Questions fréquentes
Solo remplace-t-il un expert-comptable ?
Non. L’application tient le livre de recettes et dépenses et transmet la déclaration de chiffre d’affaires à l’Urssaf. Elle ne produit pas de bilan et ne signe aucune liasse. Un micro-entrepreneur n’a pas d’obligation de bilan. Une société, elle, garde besoin d’un cabinet.
Que risque un indépendant qui ne fait rien avant septembre ?
Le défaut de recours à une plateforme agréée coûte 500 € après mise en demeure. Puis 1 000 €, puis 1 000 € tous les 3 mois. Une facture non émise sous forme électronique est sanctionnée 50 €, dans la limite de 15 000 € par an. Une première infraction régularisée sous 30 jours échappe à la sanction.
Peut-on changer de plateforme agréée en cours de route ?
Oui, rien n’attache une entreprise à son fournisseur. Le changement suppose de mettre à jour l’adressage dans l’annuaire du portail public de facturation. Pensez surtout à récupérer l’historique avant de fermer le compte, la reprise de données étant rarement automatique.
L’immatriculation de Solo est-elle définitive ?
L’immatriculation se délivre d’abord sous réserve, une fois le dossier validé par la DGFiP, puis devient définitive après les tests d’interopérabilité. Elle vaut trois ans et se renouvelle. L’état exact d’une plateforme se lit sur la liste publiée sur impots.gouv.fr, téléchargeable en ODS, XLSX et PDF.
Un auto-entrepreneur en franchise de TVA est-il concerné ?
Oui, sans exception liée au régime de TVA. La réception devient obligatoire pour toutes les entreprises au 1er septembre 2026, franchise en base comprise. L’émission arrive un an plus tard, au 1er septembre 2027, pour les PME, TPE et micro-entreprises. L’e-reporting suit ce même calendrier.