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mySupply et la facture électronique : le périmètre réel de la plateforme agréée danoise

publié le 16/08/2026· mis à jour le 16/08/2026· 8 min de lecture

Deux sociétés portent le nom mySupply, et une seule figure sur la liste française des plateformes agréées. Celle qui compte ici est danoise : MySupply Aps, installée près d’Aalborg, filiale du groupe Visma depuis janvier 2022. Son métier n’est pas la facturation au sens où l’entendent les indépendants français. C’est l’échange de documents électroniques entre systèmes d’information.

Son immatriculation lui donne le droit d’émettre, de recevoir et de transmettre des factures pour le compte d’entreprises françaises. Elle rejoint ainsi la liste officielle des plateformes agréées publiée par la DGFiP. Le statut est donc réel. Il ne dit rien, en revanche, de la pertinence de l’outil pour votre entreprise.

La question utile n’est pas de savoir si mySupply est conforme. Elle l’est. Elle porte plutôt sur le profil d’entreprise auquel cette plateforme s’adresse, et sur ceux auxquels elle ne s’adresse pas. La documentation publique en français reste mince : l’éditeur communique surtout en danois et en anglais.

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Faire le diagnostic

Ce que mySupply fait réellement

MySupply Aps vend une plateforme d’intégration, pas une application de facturation. Son produit central, VAX 360, connecte le système de gestion d’une entreprise aux réseaux d’échange : Peppol, NemHandel au Danemark, Digital Post. Autrement dit, l’outil se place derrière l’ERP, là où les factures circulent de machine à machine.

MySupply Aps· plateforme agréée immatriculée· statut relevé le 15/08/2026

Un spécialiste danois de l’échange de documents

Fondée en 2000 à Aabybro, la société a installé son siège à Nørresundby, dans l’agglomération d’Aalborg. Elle est certifiée point d’accès Peppol depuis 2014 et revendique plus de 350 clients pour environ 30 millions de documents traités chaque année. L’effectif tourne autour de 35 personnes. Visma l’a rachetée en janvier 2022, tout en la laissant opérer sous sa propre marque.

Le périmètre couvert côté français

Sur le volet français, l’éditeur annonce l’émission, la réception et l’e-reporting, avec les trois formats socles : UBL 2.1, UN/CEFACT CII et Factur-X. L’archivage à dix ans est également couvert. Un formulaire de saisie permet aux structures sans logiciel comptable d’émettre une facture à la main. Cette porte d’entrée reste toutefois un dépannage, pas un outil de gestion.

Deux mySupply, une seule plateforme agréée

La confusion est facile et elle coûte du temps en phase de sélection. Un second éditeur porte le même nom, avec un métier différent et aucun lien capitalistique avec le danois. Vérifiez donc la raison sociale avant le premier échange commercial.

⚠ Confusion fréquente

La plateforme agréée est MySupply Aps, société danoise du groupe Visma, site mysupply.dk. L’éditeur allemand mysupply GmbH, spécialisé dans les achats et la négociation assistée par IA, ne figure pas sous ce nom sur la liste DGFiP.

L’éditeur danois, celui de la liste DGFiP

C’est bien la société de droit danois, immatriculée sous la forme Aps, qui apparaît sur la liste. Les reprises de cette liste situent son immatriculation au 3 mars 2026. Les comparateurs français la classent en spécialiste EDI, avec une cible PME, ETI et grandes entreprises. Un autre éditeur étranger suit une logique voisine sur le terrain fiscal, comme le détaille notre page fonoa.

L’éditeur allemand, spécialisé dans les achats

mysupply GmbH conçoit un module de sourcing et de négociation automatisée, distribué notamment comme extension pour SAP Ariba. Son terrain est le source-to-pay : appels d’offres, mise en concurrence, enchères fournisseurs. En revanche, il ne se présente pas comme opérateur de facturation en France. Nombre de consultations mal ciblées partent de cette homonymie.

Pour qui mySupply n’est pas fait

C’est le point le plus utile à retenir sur cette plateforme. Le produit tient sur son créneau, mais ce créneau exclut une large part du tissu économique français. Trois signaux doivent vous faire regarder ailleurs : pas d’ERP, pas d’équipe technique, pas de volumétrie.

Les indépendants et les micro-entreprises

Aucune offre d’entrée n’est publiée pour un professionnel seul. Il n’existe ni palier gratuit annoncé, ni inscription en libre-service, ni interface en français. Pour ces profils, l’obligation se limite d’ailleurs à la réception au 1er septembre 2026, l’émission n’arrivant qu’au 1er septembre 2027. Un outil léger suffit, dans l’esprit de ce que décrit le guide sur eezi.

Les TPE sans service informatique

La valeur de VAX 360 tient à l’intégration : connecteurs, correspondance des formats, validation automatique des flux. Sans système à raccorder, cette valeur disparaît. Par ailleurs, le site de l’éditeur existe en danois, en anglais, en allemand et en norvégien, mais pas en français. Le support et la documentation suivent la même logique.

Points forts
  • Point d’accès Peppol certifié depuis 2014
  • UBL 2.1, CII et Factur-X pris en charge
  • Adossement au groupe Visma depuis 2022
  • Volumétrie éprouvée sur les flux nordiques
Limites
  • Aucune grille tarifaire publique
  • Ni interface ni support en français documentés
  • Aucune fonction comptable ni de gestion
  • Ancrage français récent et peu documenté

Ces limites ne sont pas des défauts en soi. Elles décrivent un produit vendu à des directions informatiques, pas à un dirigeant qui cherche un outil pour éditer ses factures et suivre ses encaissements.

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Tarifs : rien de public

Aucun montant ne circule, ni sur le site de l’éditeur, ni sur les comparateurs français, qui portent tous la mention sur devis. Cette opacité reste courante chez les opérateurs EDI. Elle a toutefois une conséquence directe : impossible de comparer sans passer par un commercial.

Ce que l’absence de grille implique

Sur ce segment, la facturation dépend du volume de documents, du nombre de connecteurs et du niveau de service retenu. Deux entreprises de même taille peuvent donc payer des montants très différents. Prévoyez aussi un délai : un devis EDI se construit rarement en une semaine, et la mise en service se compte en mois.

Les questions à poser avant de signer

Demandez le coût par document au-delà du forfait, le prix du connecteur vers votre ERP et le traitement de l’e-reporting. Interrogez ensuite la réversibilité : récupération des flux et du référentiel en cas de sortie. L’archivage à dix ans mérite enfin une ligne dédiée au contrat. C’est par ce bout qu’attaquent les acteurs venus de la conservation documentaire, comme ags records management.

Vérifier l’immatriculation avant de signer

Le statut de plateforme agréée n’est pas un label acquis une fois pour toutes. Il se contrôle, et il se recontrôle au moment de la signature. Une seule source fait foi en la matière.

La liste DGFiP reste la seule référence

La liste est publiée et mise à jour sur impots.gouv.fr. Les reprises diffusées par les éditeurs et les comparateurs rendent service, mais elles décalent souvent de plusieurs semaines. Certaines classaient encore MySupply Aps parmi les plateformes en attente de tests d’interopérabilité quand d’autres l’affichaient déjà comme immatriculée. Contrôlez donc la fiche officielle avant tout engagement.

Les points de contrôle côté français

Vérifiez que le contrat couvre l’e-reporting et pas seulement l’échange de factures. Demandez ensuite quelle entité signe : la société danoise, ou une structure établie en France. Assurez-vous enfin que le calendrier tient. La réception concerne toutes les entreprises au 1er septembre 2026, l’émission les grandes entreprises et les ETI à la même date.

À retenir
  • MySupply Aps est une plateforme agréée danoise, filiale du groupe Visma.
  • Son métier est l’échange de documents entre systèmes, pas la facturation en ligne.
  • Cible réelle : PME, ETI et grandes entreprises disposant d’un ERP.
  • Aucun tarif public, aucune interface française documentée.
  • À ne pas confondre avec l’éditeur allemand mysupply GmbH, orienté achats.

Le choix se joue donc sur un critère simple. Avez-vous un système d’information à raccorder, ou un outil à utiliser au quotidien ? La réponse écarte mySupply ou la remet en course.

mySupply ne correspond pas à votre profil ?

Le comparatif classe les plateformes agréées par taille d’entreprise et par budget.

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Questions fréquentes

mySupply est-elle vraiment immatriculée comme plateforme agréée ?

Oui. MySupply Aps apparaît sur la liste des plateformes agréées publiée par la DGFiP. Les reprises de cette liste situent son immatriculation au 3 mars 2026. Le statut se vérifie toutefois sur impots.gouv.fr, seule source qui fasse foi, avant toute signature de contrat.

mySupply convient-elle à un indépendant ou à une micro-entreprise ?

Non, au vu de ce que l’éditeur publie. Aucune offre en libre-service, aucun palier gratuit et aucune interface française ne sont documentés. Un professionnel seul trouvera une réponse plus adaptée chez les éditeurs français qui proposent une inscription directe et une facturation intégrée.

Combien coûte mySupply ?

L’éditeur ne communique aucune grille publique. Les comparateurs français portent tous la mention sur devis. Le prix dépend en pratique du volume de documents, des connecteurs à développer vers votre ERP et du niveau de support retenu. Comptez plusieurs échanges avant d’obtenir un chiffre.

mySupply gère-t-elle le Factur-X et l’e-reporting ?

Oui. L’éditeur annonce la prise en charge des trois formats socles, UBL 2.1, UN/CEFACT CII et Factur-X, ainsi que la transmission des données d’e-reporting à l’administration. L’archivage sur dix ans est également couvert. Faites confirmer ces points par écrit dans le contrat.

mySupply ApS et mysupply GmbH sont-elles la même société ?

Non. MySupply Aps est danoise, filiale de Visma, et opère sur l’échange de documents électroniques. mysupply GmbH est allemande et travaille sur le sourcing et la négociation assistée par IA, notamment comme extension SAP Ariba. Seule la première figure sur la liste française.

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