Créé en 2007 par un expert-comptable, macompta.fr vise depuis le départ un seul public : les très petites structures qui veulent tenir leur comptabilité elles-mêmes, sans cabinet. À moins de dix euros par mois, l’outil promet un quasi ERP. La contrepartie tient en deux mots souvent passés sous silence : confort en retrait.
Avec la réforme de la facturation électronique, l’éditeur a franchi un cap. Il s’est porté candidat pour devenir plateforme agréée, le statut qui remplace l’ancienne appellation PDP. Pour vérifier où en est chaque acteur, la liste officielle des plateformes agréées reste la seule référence fiable.
Reste la question concrète : que vaut macompta.fr en 2026, pour quel profil, et à quel prix réel une fois les modules additionnés ? Fonctionnalités, tarification, angles morts et alternatives sérieuses, voici ce que révèle un examen détaillé de la solution rochelaise.
macompta.fr en bref : un tout-en-un pensé pour les TPE
Derrière le nom se cache un logiciel de gestion modulaire, pas une simple application de facturation. La société est cotée sur Euronext Growth et certifiée ISO 27001 depuis juin 2025. Son ambition reste celle de ses débuts : rendre la comptabilité accessible aux non comptables.
Cinq modules dans une seule interface
L’outil rassemble cinq grands modules : facturation, comptabilité, déclarations fiscales, paie et immobilisations, le tout sous un tableau de bord unique. Cette centralisation évite de jongler entre plusieurs prestataires. En effet, l’éditeur revendique une logique d’ERP miniature, calibré pour les TPE de moins de 20 salariés.
Le périmètre dépasse la micro-entreprise. La solution couvre les entreprises individuelles, les professions libérales, les associations et même les SCI, avec un plan comptable adapté à chaque statut. Par ailleurs, la saisie est guidée pour rassurer les utilisateurs sans formation comptable. Tout fonctionne en mode SaaS, sans installation, accessible depuis n’importe quel appareil connecté.
macompta.fr a été lancé en 2007 par un expert-comptable, depuis Lagord, près de La Rochelle. L’éditeur est aujourd’hui coté en Bourse sous le code MLMCA.
La plateforme agréée intégrée nativement
La fonction de plateforme agréée s’active directement depuis l’espace client, sans contrat auprès d’un prestataire tiers. Concrètement, l’émission et la réception des factures électroniques se font dans la même interface que la comptabilité. Cette intégration native constitue l’argument central de l’éditeur face à la réforme.
Côté conformité, la solution gère les trois formats normés : Factur-X, UBL et CII. Les données sont hébergées en France et le traitement respecte le RGPD. De plus, l’outil prend en charge le e-reporting de TVA, c’est-à-dire la transmission automatique des données de transaction à l’administration. La facturation électronique est annoncée gratuite et illimitée, là où la comptabilité reste payante.
Le terme PDP a officiellement laissé place à plateforme agréée en juillet 2025. Au 5 mai 2026, la DGFiP recensait 127 plateformes immatriculées sur 146 acteurs identifiés.
Combien coûte vraiment macompta.fr ?
Le prix d’appel séduit, mais la facture finale dépend des modules activés. L’éditeur a choisi un modèle à la carte plutôt qu’un forfait unique. Autrement dit, vous ne payez que ce que vous utilisez, ce qui change la comparaison avec les concurrents.
Une tarification à la carte, sans surcoût par utilisateur
Le tarif démarre autour de 7 à 10 €/mois selon les modules retenus et l’engagement, mensuel ou annuel. Point notable : le prix n’évolue pas avec le nombre d’utilisateurs, contrairement à beaucoup de logiciels SaaS. Un essai gratuit de 30 jours permet de tester avant de s’engager.
Sur ce terrain, macompta.fr se compare surtout aux offres d’entrée de gamme. Abby mise sur une formule gratuite orientée auto-entrepreneurs, tandis que Tiime combine compte pro et facturation. En revanche, peu de solutions proposent une comptabilité complète avec bilan et liasse fiscale sous la barre des dix euros mensuels.
Le prix d’appel cache un coût caché : le temps
Le tarif bas a une explication mécanique. La solution n’embarque ni synchronisation bancaire automatique, ni reconnaissance OCR des justificatifs. Par conséquent, chaque opération se saisit manuellement. Pour un volume faible, l’effort reste raisonnable. Au-delà, la charge grimpe vite.
Sans synchronisation bancaire ni OCR, tout passe par une saisie à la main. Au-delà d’une heure par semaine, une solution automatisée revient souvent moins chère en temps qu’en euros économisés.
Les limites et le bon profil
Aucun outil ne convient à tout le monde. macompta.fr assume un positionnement clair, ce qui le rend excellent pour certains et frustrant pour d’autres. Mieux vaut connaître les angles morts avant de s’abonner que de les découvrir après trois mois d’usage.
Pas de synchronisation bancaire ni d’OCR
L’absence d’automatisation est la limite la plus citée. Les relevés bancaires ne se rapatrient pas seuls, et les justificatifs ne se lisent pas par reconnaissance optique. C’est pourquoi les profils à fort volume de pièces s’y essoufflent rapidement. Pour eux, un outil de pré-comptabilité comme Dext automatise la collecte et la lecture des documents.
Même logique côté notes de frais. macompta.fr ne propose pas de module dédié à la dématérialisation des dépenses salariées. Une solution spécialisée comme N2F couvre ce besoin précis, que l’éditeur rochelais laisse de côté. Tout dépend donc de la nature de votre activité et du flux de documents à traiter.
Pour qui macompta.fr est-il vraiment fait ?
Le profil idéal est la TPE autonome qui veut tout gérer en interne sans payer un cabinet. Les associations et les SCI y trouvent aussi leur compte, grâce aux plans comptables dédiés et au bilan complet. Notamment, c’est l’une des rares options sérieuses sous dix euros par mois pour produire une liasse fiscale soi-même.
À l’inverse, l’auto-entrepreneur qui cherche la simplicité absolue risque de trouver l’outil trop dense. De même, une structure générant des centaines de pièces par mois souffrira de la saisie manuelle. Pour ces cas, mieux vaut une solution automatisée, quitte à payer un peu plus cher chaque mois.
macompta.fr face aux autres plateformes agréées
Le marché des plateformes agréées dépasse désormais la centaine d’acteurs immatriculés. Tous ne visent pas le même public. Certains généralistes ratissent large, tandis que d’autres se concentrent sur un métier précis. Situer macompta.fr dans ce paysage aide à trancher.
Les généralistes pour indépendants et TPE
Sur le segment des indépendants, Indy automatise davantage avec sa synchronisation bancaire. Pennylane et Qonto visent plutôt les TPE et PME suivies par un cabinet. Axonaut ajoute un CRM, et Sage couvre les structures plus établies.
| Solution | Modèle tarifaire | Cible principale | Atout distinctif |
|---|---|---|---|
| macompta.fr | À la carte, dès 7 €/mois | TPE, libéraux, associations, SCI | Le tout-en-un le plus économique |
| Indy | Offre gratuite puis payant | Indépendants, EI, SASU | Synchronisation bancaire automatisée |
| Pennylane | Payant, orienté collaboration | TPE/PME suivies par un cabinet | Lien direct avec l’expert-comptable |
| Abby | Offre gratuite puis payant | Auto-entrepreneurs, micro | Simplicité de prise en main |
Le tableau résume l’arbitrage : macompta.fr gagne sur le prix et la complétude, mais perd sur l’automatisation. Ainsi, le choix dépend surtout du temps que vous acceptez de consacrer à la saisie.
Les spécialisées par secteur ou par usage
Certaines plateformes agréées ciblent un métier unique. Dans le bâtiment, Obat intègre devis de chantier et facturation. Pour les officines, Digipharmacie répond aux contraintes pharmaceutiques, tandis que DARVA sert le secteur de l’assurance.
D’autres se positionnent sur l’usage plutôt que sur le secteur. Fulll s’adresse aux cabinets d’expertise comptable et à leurs clients en mode collaboratif. Chaintrust mise pour sa part sur l’automatisation du traitement des factures. Toutefois, aucune de ces options ne remplace une comptabilité complète comme celle de macompta.fr.
Points forts : tarif parmi les plus bas du marché, comptabilité complète avec bilan et liasse fiscale, plateforme agréée intégrée nativement, plans dédiés aux associations et SCI, pas de surcoût par utilisateur.
Points faibles : pas de synchronisation bancaire ni d’OCR, interface vieillissante, saisie manuelle chronophage au-delà d’un certain volume, prise en main moins évidente pour un débutant pur.
Si la complétude à bas coût prime, macompta.fr coche les cases. En revanche, si vous voulez économiser du temps plutôt que des euros, une solution automatisée mérite un test comparatif avant de décider.
Questions fréquentes
macompta.fr est-il une plateforme agréée immatriculée par la DGFiP ?
L’éditeur a déposé sa candidature à l’agrément et a obtenu la certification ISO 27001 en vue de ce statut. Plusieurs comparateurs le présentent comme plateforme agréée. Avant de souscrire, vérifiez toujours l’immatriculation active sur la liste officielle de l’administration fiscale, accessible sur impots.gouv.fr. C’est le seul document opposable en cas de doute sur la conformité.
La facturation électronique est-elle vraiment gratuite sur macompta.fr ?
L’éditeur annonce une facturation électronique gratuite et illimitée, intégrée à ses logiciels. En revanche, les modules de comptabilité, de déclarations ou de paie restent payants. Autrement dit, vous pouvez émettre et recevoir vos factures sans surcoût, mais la gestion comptable complète suppose un abonnement à partir d’environ 7 €/mois.
Faut-il être comptable pour utiliser macompta.fr ?
Non, l’outil est conçu pour les non comptables, avec une saisie guidée et des aides intégrées. Vous tenez votre comptabilité en autonomie. Cependant, un expert-comptable peut vérifier vos écritures à la clôture, notamment pour valider le bilan. La solution reste un logiciel, pas un cabinet : la responsabilité comptable vous revient.
macompta.fr convient-il à un auto-entrepreneur ?
Il peut convenir, mais l’outil est parfois trop complet pour ce profil. Un micro-entrepreneur avec peu d’écritures trouvera souvent plus simple une solution dédiée. À l’inverse, un indépendant avec une comptabilité un peu structurée, voire une SCI, exploitera bien mieux la richesse fonctionnelle de macompta.fr pour son budget.
Comment vérifier qu’une plateforme est bien agréée ?
Une mention marketing du type « conforme réforme 2026 » ne suffit pas. Consultez la liste officielle des plateformes agréées sur impots.gouv.fr et vérifiez que l’immatriculation est active. Assurez-vous aussi que la plateforme gère l’émission et la réception, et qu’elle reste interopérable avec les autres acteurs. Sans cela, la conformité de vos échanges reste fragile.