Trois éditeurs de logiciels comptables, un hébergeur, et une marque commune qui ne vend rien en direct. Le Village Connecté fonctionne comme une plateforme agréée adossée à des outils métiers, pas comme un service auquel une entreprise souscrit seule. Cette particularité explique pourquoi la marque reste presque invisible en dehors des cabinets d’expertise comptable.
L’alliance figure pourtant parmi les opérateurs immatriculés par la DGFiP. Près de 140 plateformes sont aujourd’hui recensées dans la liste officielle des plateformes agréées. Son immatriculation définitive a été annoncée le 8 janvier 2026. Toutefois, la matière publique reste mince : ni grille tarifaire, ni numéro d’agrément diffusé, ni fiche technique détaillée.
Les éléments vérifiables tiennent donc en quelques communiqués de l’éditeur, quelques articles de la presse comptable et le cadre réglementaire de la réforme. Là où l’information n’existe pas publiquement, elle est signalée comme manquante plutôt que comblée.
Le Village Connecté réunit ACD, RCA et Coaxis derrière une plateforme agréée unique, dont l’immatriculation définitive a été annoncée le 8 janvier 2026. Elle s’utilise depuis MEG, i-Suite Expert ou WinePilot, jamais en souscription directe. L’alliance vise 150 millions de factures traitées par an.
Reste une question que cette fiche ne tranche pas à votre place : la plateforme correspond-elle à votre structure ? Un cabinet équipé en i-Suite Expert et un indépendant qui facture douze clients par an n’ont pas le même arbitrage à conduire.
Le diagnostic sort trois plateformes classées selon votre logiciel actuel.
Qui édite la Plateforme Agréée LVC
Derrière la marque, aucune société créée pour l’occasion. Le Village Connecté se présente comme une alliance industrielle, autrement dit un regroupement d’éditeurs déjà installés sur le marché comptable français. Cette structure explique à la fois sa surface et sa discrétion commerciale.
Une alliance de trois éditeurs comptables
ACD édite des logiciels de production comptable, RCA des outils de gestion destinés aux cabinets et à leurs clients, Coaxis assure l’hébergement. Les trois ont annoncé leur projet commun le 24 janvier 2023, à l’époque sous l’appellation PDP. Depuis juin 2025, Tessi fournit les briques technologiques de traitement des flux, de cycle de vie des factures et de contrôles de conformité.
Trois ans entre l’annonce et l’immatriculation
Le parcours est documenté étape par étape. L’interopérabilité avec l’annuaire a été validée au printemps 2025, puis l’alliance a rejoint le pilote du concentrateur de la DGFiP à l’automne suivant. L’immatriculation définitive, elle, a été annoncée le 8 janvier 2026, avec une phase pilote programmée pour mars 2026.
Ce que la plateforme prend en charge
Le périmètre annoncé couvre le cycle complet, de l’émission d’une facture de vente à la réception d’une facture d’achat. En revanche, l’éditeur décrit ses fonctions en langage commercial, sans documentation technique ouverte. Voilà exactement où s’arrête le vérifiable.
Émission, réception, statuts et e-reporting
La plateforme émet et transmet les factures de vente, réceptionne les factures d’achat, puis met à jour les statuts obligatoires imposés par la réforme. Les données fiscales partent automatiquement vers l’administration, ce qui couvre le e-reporting. Des exports alimentent ensuite les outils de production comptable du cabinet, sans ressaisie.
Une intégration native, pas un service autonome
L’argument central de l’alliance tient en une phrase de ses dirigeants : le basculement doit rester imperceptible pour les utilisateurs de MEG, i-Suite Expert ou WinePilot. La plateforme agréée se fond ainsi dans le logiciel déjà en place. D’autres éditeurs de suites métiers avancent sur le même terrain, à commencer par lucca.
Une plateforme agréée et un opérateur de dématérialisation ne jouent pas le même rôle. MEG, i-Suite Expert et WinePilot restent des outils de gestion. Seule la plateforme LVC porte l’agrément qui autorise l’échange des factures et la transmission des données à l’administration.
À qui elle convient, à qui elle ne convient pas
La cible est assumée et volontairement étroite. L’alliance s’adresse aux cabinets d’expertise comptable et, par ricochet, à leurs clients équipés des logiciels du groupe. Au-delà de ce périmètre toutefois, l’intérêt tombe très vite.
Les cabinets et leurs clients d’abord
L’alliance revendique plus de 800 000 entreprises utilisatrices de ses solutions et vise 150 millions de factures traitées par an à pleine charge. Pour un cabinet déjà équipé, l’argument porte : aucun contrat supplémentaire à signer, aucune interconnexion à monter. Côté achats en revanche, un cabinet qui pilote aussi les dépenses de ses clients complétera ailleurs, et notre page spendesk traite ce cas précis.
Un indépendant isolé n’a rien à y gagner
Aucune souscription directe n’est en effet proposée sur le site de l’éditeur. Un micro-entrepreneur ou une TPE sans lien avec un cabinet équipé ne peut donc pas se raccorder au Village Connecté. Pour ces profils, l’entrée dans la réforme se joue sur des plateformes accessibles en autonomie, souvent gratuites sur la seule réception.
Ce cloisonnement n’a rien d’accidentel. Il découle du modèle même de l’alliance, qui vend du logiciel aux cabinets et non un service de facturation au marché. C’est cohérent sur le plan industriel, contraignant sur le plan commercial.
Tarifs et transparence, les deux angles morts
Deux informations manquent à l’appel, et ce sont celles que cherchent la plupart des lecteurs. L’éditeur ne publie ni grille tarifaire, ni numéro d’immatriculation. Cette réserve n’a rien d’irrégulier. Elle complique toutefois toute comparaison sérieuse.
Aucune grille tarifaire publique
La plateforme est présentée comme incluse dans les abonnements aux solutions compatibles. Le coût réel dépend donc du contrat signé avec ACD, RCA ou Coaxis, et aucun montant n’est diffusé. Un cabinet doit ainsi réclamer un chiffrage à son commercial, sans point de comparaison public pour l’arbitrer.
Une documentation technique avare
Le cahier des charges impose le socle Factur-X, UBL et CII à toute plateforme immatriculée. L’éditeur, lui, ne détaille publiquement ni ses formats, ni ses volumes d’archivage, ni ses engagements de service. Le point mérite d’être comparé avec d’autres agréées du même marché, et tout savoir sur facnote donne un utile point de repère.
- Immatriculation définitive annoncée le 8 janvier 2026
- Trois éditeurs installés de longue date sur le marché comptable
- Hébergement en France chez Coaxis, deux sites en Lot-et-Garonne
- Conformité ISO/IEC 27001 revendiquée par l’alliance
- Intégration native dans MEG, i-Suite Expert et WinePilot
- E-reporting transmis automatiquement à l’administration
- Aucune souscription directe hors logiciels du groupe
- Aucun tarif public, chiffrage sur devis uniquement
- Numéro d’immatriculation non diffusé par l’éditeur
- Documentation technique quasi absente : formats, archivage, SLA
- Aucun retour d’usage indépendant publié à ce jour
Une seule de ces limites suffit parfois à disqualifier la plateforme. Un cabinet en cours de migration logicielle, par exemple, n’a aucun intérêt à s’enfermer dans une plateforme liée à son éditeur sortant.
Aucun test indépendant de la plateforme n’a été publié à ce jour. Les éléments ci-dessus proviennent donc des communications de l’alliance et des textes officiels de la réforme.
- impots.gouv.fr, Facturation électronique et plateformes agréées, liste officielle des plateformes immatriculées
- Décret et arrêté du 27 juillet 2026, calendrier de la réforme et rôle du Portail Public de Facturation
- village-connecte.fr, communiqué d’immatriculation définitive du 8 janvier 2026
- acd-groupe.fr et rca.fr, communiqués du 24 janvier 2023 et de juin 2025
Le calendrier, lui, ne dépend pas de l’éditeur. La réception devient obligatoire pour toutes les entreprises au 1er septembre 2026. L’émission suit à la même date pour les grandes entreprises et les ETI. Les TPE, PME et micro-entreprises basculent ensuite au 1er septembre 2027.
- Le Village Connecté réunit ACD, RCA et Coaxis, avec Tessi en support technologique
- Immatriculation définitive de la Plateforme Agréée LVC annoncée le 8 janvier 2026
- Accès uniquement depuis MEG, i-Suite Expert ou WinePilot, jamais en direct
- Aucun tarif public, aucun numéro d’immatriculation diffusé, documentation minimale
- Pertinente pour un cabinet déjà équipé, sans intérêt pour un indépendant isolé
Reste à confronter ce profil au vôtre. Le bon réflexe consiste à partir de votre logiciel actuel et de votre volume de factures, jamais de la notoriété d’une marque.
Trois minutes suffisent pour savoir s’il faut suivre votre éditeur ou en changer.
Questions fréquentes
Le Village Connecté est-il une plateforme agréée officielle ?
Oui. L’alliance a annoncé l’immatriculation définitive de la Plateforme Agréée LVC par la DGFiP le 8 janvier 2026. Le numéro d’immatriculation n’est toutefois pas diffusé publiquement, la vérification passe donc par la liste officielle publiée sur impots.gouv.fr.
Peut-on souscrire au Village Connecté sans passer par un cabinet ?
Non, aucune offre en libre souscription n’est proposée. L’accès s’effectue depuis MEG, i-Suite Expert ou WinePilot, les logiciels des trois éditeurs de l’alliance. Une entreprise qui n’utilise aucun de ces outils doit ainsi choisir une autre plateforme agréée.
Combien coûte la Plateforme Agréée LVC ?
L’éditeur ne communique aucune grille publique. La plateforme est décrite comme incluse dans l’abonnement aux solutions compatibles, ce qui renvoie le chiffrage au contrat commercial existant. Aucun montant ne peut donc être avancé de façon fiable.
La plateforme gère-t-elle le e-reporting ?
L’éditeur indique que les données de facturation sont transmises automatiquement à l’administration fiscale, ce qui correspond au e-reporting. Cette obligation suit le même calendrier que l’émission, soit septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, septembre 2027 pour les autres.
Que change le 1er septembre 2026 pour un client de MEG ou i-Suite Expert ?
Toutes les entreprises doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques à cette date. Selon l’alliance, le raccordement se fait depuis le logiciel déjà utilisé, sans démarche séparée. Une confirmation auprès de votre cabinet reste néanmoins recommandée avant l’échéance.