Deux devis de plateformes agréées, deux réponses opposées. Le premier éditeur renvoie vers un formulaire de contact, sans le moindre montant. Le second affiche ses prix. Gestav appartient au second groupe. Comptez 24,90 € TTC par an en micro-entreprise, 114 € HT en TPE, 671 € HT en PME. Cette transparence sur le prix tranche avec le reste du dossier.
L’éditeur se présente comme une plateforme agréée par la DGFiP, pour l’émission, la réception et l’interopérabilité. Il ne publie en revanche ni son numéro d’immatriculation, ni sa date d’agrément. La vérification passe donc par la liste officielle des plateformes agréées tenue par l’administration, seul document qui fait foi avant une signature.
Reste la question du périmètre. Gestav ne vend pas une plateforme seule. Il vend un ERP français, avec gestion commerciale, stocks, trésorerie et comptabilité. La plateforme est intégrée au même abonnement. Ce couplage constitue son principal argument commercial. C’est aussi ce qui rend l’arbitrage plus lourd qu’un simple choix d’opérateur.
Le diagnostic vous sort trois plateformes agréées classées selon votre profil.
Gestav en clair : un ERP qui embarque sa plateforme agréée
Gestav se présente comme un éditeur français indépendant, serveurs hébergés en France, certifications ISO 27001 et HDS revendiquées. L’entreprise couvre à la fois le logiciel de gestion et le rôle d’opérateur agréé. Peu d’acteurs de la liste tiennent ces deux rôles.
Un logiciel de gestion complet, pas un simple émetteur de factures
Le périmètre annoncé couvre la gestion commerciale, les devis et factures, le suivi clients et fournisseurs. S’y ajoutent la trésorerie, les stocks et la comptabilité, avec écritures et export FEC. Autrement dit, la facturation électronique arrive comme une brique d’un outil de gestion, pas comme un produit autonome.
Une quatrième porte d’entrée vise les éditeurs et les intégrateurs. Gestav leur propose une API présentée comme conforme au standard AFNOR, une sandbox gratuite et des tarifs dégressifs. Ce canal en marque blanche éclaire la faible notoriété grand public de la marque.
Ce que le statut de plateforme agréée recouvre
Une plateforme agréée émet, reçoit, contrôle et transmet les données de facturation à l’administration, via l’annuaire du portail public. Gestav revendique ce rôle et affirme figurer parmi les entreprises listées par le site du gouvernement. Sa page technique renvoie néanmoins vers une liste portant la mention « sous réserve ».
Sur les formats, la prudence s’impose aussi. Gestav cite Factur-X, UBL et CII de façon générique, en expliquant la facture structurée. Aucune page publique ne précise lesquels sa plateforme prend en charge, ni dans quel sens. La question se pose par écrit.
- Grille tarifaire publiée, rare sur ce segment
- ERP et plateforme agréée dans un seul abonnement
- Entrée à 24,90 € TTC par an en micro
- Offres dédiées taxi conventionné, santé et agriculture
- Hébergement en France, ISO 27001 et HDS revendiqués
- Numéro et date d’immatriculation non publiés
- Formats pris en charge non détaillés
- Engagement de douze mois sur les offres TPE
- Aucun avis utilisateur sur les annuaires de logiciels
- Éditeur peu documenté, faible visibilité de marché
Combien coûte Gestav
Gestav publie sa grille, ce qui reste minoritaire chez les opérateurs français de cette liste. Trois paliers couvrent les entreprises, un quatrième vise les éditeurs. Les montants sont annuels, avec douze mois d’engagement sur les offres TPE.
Les trois paliers publiés
Le palier micro-entrepreneur et profession libérale démarre à 24,90 € TTC par an, dix factures reçues par mois incluses. Le palier TPE part de 114 € HT par an, en formule Starter ou Pro, avec l’ERP et la plateforme réunis. Le palier PME commence à 671 € HT par an, avec multi-utilisateurs et e-reporting annoncés comme inclus.
Attention à la comparaison directe : le premier tarif est affiché toutes taxes comprises, les deux autres hors taxes. Ramené hors taxes, le palier micro tourne autour de 20,75 € par an. L’écart avec le palier TPE dépasse donc cinq fois, pour un saut fonctionnel peu détaillé.
Gestav est l’un des rares opérateurs de la liste à publier une grille. Comptez 24,90 € TTC par an en micro, 114 € HT en TPE, 671 € HT en PME. Le tarif d’entrée couvre dix factures reçues par mois, pas davantage.
Ce que le tarif d’entrée ne couvre pas
Dix factures reçues par mois représentent cent vingt factures par an. Un artisan qui achète chez plusieurs distributeurs dépasse ce seuil sans difficulté. L’éditeur ne précise pas ce qui se passe au-delà : facturation à l’unité, blocage ou passage au palier supérieur. La réponse change le coût réel.
L’e-reporting n’est explicitement mentionné que sur le palier PME. Une TPE qui vend à des particuliers ou hors de France porte pourtant cette obligation. Autre signal, les annuaires de logiciels affichent encore « tarif sur demande » pour Gestav : la grille du site les a devancés.
À qui Gestav s’adresse
La cible affichée va du micro-entrepreneur à la PME, en passant par les professions libérales et les éditeurs de logiciels. Trois verticales sectorielles s’ajoutent : les agriculteurs, les professionnels de santé et les taxis conventionnés avec l’assurance maladie.
Les verticales sectorielles, partie la plus documentée de l’offre
C’est sur le transport sanitaire que Gestav documente le plus son produit. L’offre TXS gère la facturation des transports médicaux et la télétransmission en norme NOEMIE. Elle donne accès au service PEC+ pour les taux de prise en charge, en mobile comme en web.
L’offre taxi conventionné se facture à part : 369 € HT par an en formule Lite. La réception de factures agréée y reste en option à 49 € par an, l’e-reporting à 2,90 € par mois. La formule Plus, à 429 € HT par an, inclut la réception et cent factures émises par an. Au-delà, chaque facture coûte 0,20 €.
Quand le couplage ERP et plateforme se retourne
Une entreprise déjà équipée d’un logiciel de gestion paiera un ERP complet pour accéder à une plateforme. Le raisonnement inverse tient aussi : celui qui cherchait un outil de gestion trouve la conformité incluse. Tout dépend du point de départ, pas du produit.
Au-delà de la PME, les informations manquent. Le multi-entités, le multi-devises et les volumes industriels ne sont documentés nulle part. Un groupe à plusieurs sociétés arbitrera entre les opérateurs de la liste officielle, arteva compris, sur démonstration plutôt que sur pages produit.
Les limites à peser avant de signer
Aucune des limites qui suivent ne disqualifie l’outil. Elles décrivent un éditeur discret, dont la communication s’arrête là où commencent les questions contractuelles. Sur douze mois d’engagement, ces zones d’ombre méritent d’être levées.
L’opacité sur l’immatriculation
Un agrément se vérifie sur la liste de l’administration, jamais sur la page d’accueil d’un éditeur. Or Gestav ne publie ni numéro, ni date, ni périmètre d’immatriculation. Le même contrôle s’impose pour chaque candidat retenu, icd international compris : réclamer le numéro par écrit.
Le statut de plateforme agréée porte sur l’opérateur, pas sur votre installation. Souscrire chez Gestav ne rend pas vos factures conformes si vos mentions obligatoires, vos numéros de TVA client ou vos données d’identification restent incomplets.
La dépendance à un éditeur peu documenté
Aucun avis utilisateur ne circule sur les annuaires spécialisés, et la marque reste absente des comparatifs les plus visibles. Difficile, dès lors, de jauger le support ou la tenue de la plateforme en charge. Exigez une démonstration sur vos propres flux.
Le couplage entre l’ERP et la plateforme alourdit par ailleurs la sortie. Changer d’opérateur revient alors à changer d’outil de gestion. La réversibilité se négocie donc au contrat : format d’export des factures, récupération du registre des transmissions, durée d’accès après résiliation.
Ce qu’il faut vérifier avant de souscrire
Une fiche produit ne remplace pas un contrôle. Sur un opérateur peu médiatisé, trois réponses écrites suffisent à trancher. Le calendrier de la réforme donne le tempo.
Les trois réponses à obtenir par écrit
Demandez le numéro d’immatriculation et sa date, les formats pris en charge en émission comme en réception, puis les conditions de sortie. Recoupez chaque réponse avec la liste publiée par l’administration. Comparer avec un profil voisin aide à jauger : notre page indicom applique la même grille de lecture.
Le calendrier qui commande la décision
Au 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir une facture électronique, et les grandes entreprises comme les ETI doivent émettre. Les PME, TPE et micro-entreprises n’émettent obligatoirement qu’au 1er septembre 2027. Une TPE sécurise donc d’abord la réception, puis rouvre l’arbitrage un an plus tard.
- Gestav revendique le statut de plateforme agréée sans publier son numéro d’immatriculation
- Grille publique : 24,90 € TTC par an en micro, 114 € HT en TPE, 671 € HT en PME
- Le palier d’entrée plafonne à dix factures reçues par mois
- L’abonnement couple un ERP complet et la plateforme, ce qui alourdit une sortie
- Les offres taxi conventionné, santé et agriculture se facturent séparément
- Numéro, formats et conditions de sortie se demandent par écrit avant de signer
Le diagnostic trie selon votre volume, votre secteur et l’outil déjà en place.
Questions fréquentes
Comment vérifier que Gestav est bien immatriculé comme plateforme agréée ?
La seule source opposable reste la liste tenue par l’administration fiscale, publiée sur impots.gouv.fr. Recherchez la raison sociale de l’éditeur, pas son nom commercial : les deux diffèrent souvent. Vérifiez aussi si l’inscription est définitive ou assortie d’une réserve, la distinction compte.
Gestav couvre-t-il l’e-reporting ?
L’éditeur l’annonce inclus sur son palier PME, et en option à 2,90 € par mois sur son offre taxi conventionné. Rien n’est précisé pour les paliers micro et TPE. Une entreprise qui vend à des particuliers ou hors de France doit faire confirmer ce point.
Existe-t-il une version d’essai gratuite ?
Une sandbox gratuite est annoncée, mais elle vise les éditeurs et intégrateurs qui branchent l’API. Aucun essai n’est mis en avant pour les entreprises utilisatrices. Sur un engagement de douze mois, une démonstration sur vos propres factures reste le minimum.
Que se passe-t-il si Gestav perd son immatriculation ?
L’entreprise cliente doit basculer vers un autre opérateur agréé pour continuer à émettre et recevoir. Les factures déjà transmises restent valables, mais la continuité dépend de la vitesse de migration. D’où l’intérêt d’inscrire au contrat les modalités d’export des factures et du registre.
Gestav peut-il fonctionner avec un logiciel de comptabilité existant ?
L’offre est pensée comme un ensemble, avec son propre module comptable et un export au format FEC. L’API existe, mais l’éditeur la positionne d’abord vers les éditeurs et intégrateurs. Faites confirmer la compatibilité avec votre cabinet avant tout engagement.