Le 18 décembre 2025, Artéva a décroché son immatriculation de plateforme agréée, parmi les 40 premières d’une liste officielle qui dépasse désormais les 140 opérateurs. La date rassure, mais elle ne dit rien de l’essentiel. Orchestrade eFacture, la solution de cet éditeur lyonnais, ne vise pas tout le monde : elle cible les systèmes d’information complexes, où la facture traverse plusieurs ERP, plusieurs SIREN et des flux EDI historiques.
Sur la liste officielle des plateformes agréées publiée par la DGFiP, Artéva côtoie pourtant des suites comptables en libre-service pensées pour les indépendants. Rien de commun entre les deux familles. L’éditeur revendique vingt ans d’échanges B2B et exclut explicitement les TPE de sa cible, un positionnement rare et assumé.
Pour un DAF ou un DSI, la question n’est donc pas la conformité, acquise, mais l’adéquation. Trois zones restent opaques malgré l’agrément : le prix réel, les connecteurs disponibles et les garanties de service. Ce sont elles qui décideront du choix, pas le statut réglementaire.
Artéva est immatriculée plateforme agréée depuis le 18 décembre 2025, parmi les 40 premières sur plus de 140 opérateurs inscrits. Son offre Orchestrade eFacture vise les PME structurées, les ETI et les groupes multi-filiales. Les TPE et les auto-entrepreneurs sont explicitement hors cible.
Le diagnostic croise taille, volumes et outils pour vous sortir trois plateformes adaptées.
Artéva et Orchestrade en bref
Trois noms circulent et se confondent. Artéva désigne l’entreprise : un éditeur français fondé en 2006, installé à Limonest, près de Lyon. Orchestrade est sa plateforme SaaS d’échanges B2B et d’EDI, le socle technique historique. Orchestrade eFacture, anciennement Orchestrade PDP, est l’offre dédiée à la facturation électronique et au rôle de plateforme agréée.
La distinction compte, car Artéva n’est ni un logiciel comptable ni un simple connecteur. La société traite des flux interentreprises depuis vingt ans, bien avant la réforme fiscale. Elle annonce accompagner plus de 350 entreprises et revendique des dizaines de millions de flux EDI et de factures traités chaque année.
L’éditeur annonce plus de 350 entreprises accompagnées et des dizaines de millions de flux traités par an, pour un effectif déclaré de 10 à 19 salariés selon les données publiques. Une structure légère au regard des comptes servis : un point à intégrer dans l’analyse de risque fournisseur.
Concrètement, chercher « Arteva facture électronique » revient à évaluer un intégrateur de flux devenu plateforme agréée, pas une application de création de devis et de factures. Toute la suite de l’analyse découle de ce positionnement.
Artéva est-elle officiellement une plateforme agréée ?
Oui, sans ambiguïté. Artéva figure sur la liste tenue par la DGFiP avec une immatriculation au 18 décembre 2025, obtenue après réussite des tests d’interopérabilité avec le Portail Public de Facturation. L’administration a d’ailleurs publié la liste consolidée des immatriculations à la mi-janvier 2026, et l’opérateur y apparaît depuis sans interruption.
Une nuance mérite d’être posée. L’éditeur présente son immatriculation comme définitive, tandis que l’annuaire officiel affiche encore la mention « rapport d’audit de conformité attendu ». Les deux formulations sont compatibles : l’immatriculation est bien acquise, et chaque plateforme doit ensuite remettre un rapport d’audit produit par un organisme indépendant, dans les douze mois suivant la notification.
La mention « rapport d’audit de conformité attendu » ne signale pas une anomalie. Elle décrit une phase normale du dispositif : l’opérateur est immatriculé et opérationnel, l’audit de suivi arrive dans l’année. L’immatriculation reste par ailleurs valable trois ans, puis renouvelable.
Le cadre juridique est public et vérifiable : l’article 242 nonies A du CGI définit les missions des plateformes, le décret du 7 octobre 2022 encadre la procédure d’immatriculation, et l’article 290 B fixe la durée du numéro. En cas de doute sur un opérateur, la page de la DGFiP fait foi, jamais la communication commerciale.
- Liste officielle des plateformes agréées, impots.gouv.fr
- Actualité DGFiP du 16 janvier 2026 sur la publication de la liste, impots.gouv.fr
- Article 242 nonies A du Code général des impôts, Légifrance
- Décret n° 2022-1299 du 7 octobre 2022, Légifrance
À quelles entreprises Artéva s’adresse-t-elle ?
La communication d’Artéva cite les PME, les ETI et les grandes entreprises. Le libellé reste flou : le vrai critère d’entrée n’est pas le chiffre d’affaires mais la complexité du système d’information. Trois profils se dessinent.
Artéva pour les groupes multi-filiales et multi-ERP
Le terrain naturel d’Orchestrade eFacture, ce sont les organisations à plusieurs SIREN et plusieurs ERP ou logiciels comptables. L’éditeur cible explicitement les environnements multi-filiales, les processus spécifiques et les volumes élevés de factures. Dans ces contextes, la plateforme agit en couche d’orchestration : elle collecte les flux de chaque système, les normalise, puis les route vers la bonne destination.
S’ajoutent les entreprises déjà équipées en EDI avec la grande distribution, l’industrie ou la logistique. Conserver ces flux tout en absorbant la réforme constitue l’argument central d’Artéva. Les groupes gérant des rapprochements commande, réception et facture, des circuits d’approbation à plusieurs niveaux ou un portail fournisseurs entrent aussi dans la cible. Enfin, l’offre en marque blanche s’adresse aux éditeurs de logiciels cherchant une plateforme agréée pour leurs propres clients.
Artéva pour les PME et ETI
Pour une PME, la frontière passe par la structuration. Une PME dite structurée dispose d’un ERP en place, de plusieurs centaines à plusieurs milliers de factures mensuelles, souvent de clients publics ou internationaux. Ce profil justifie une plateforme d’intégration, car le coût du traitement manuel dépasse vite celui de l’automatisation.
Le modèle tarifaire annoncé, fondé sur la consommation réelle, joue en faveur des volumes intermédiaires : la dépense suit l’activité au lieu d’un forfait rigide. Toutefois, aucune grille publique ne vient vérifier ce point. Une ETI multi-sites avec du B2G sur Chorus Pro et de l’export coche pratiquement toutes les cases du positionnement revendiqué.
Pourquoi Artéva est rarement adaptée aux TPE
À l’inverse, le formulaire de contact d’Artéva précise que la solution ne s’adresse pas aux TPE ni aux auto-entrepreneurs. L’exclusion est assumée et cohérente : sans ERP, sans EDI et avec quelques dizaines de factures par mois, la valeur d’une couche d’intégration tombe à zéro.
Un micro-entrepreneur ou une profession libérale cherche d’abord une réception conforme au 1er septembre 2026, puis un outil d’émission simple pour l’échéance du 1er septembre 2027. Les plateformes en libre-service couvrent ce besoin, parfois gratuitement, sans projet d’intégration ni devis.
Une TPE qui s’engagerait malgré tout s’expose à un double surcoût : un projet d’intégration sans objet et un support calibré pour des comptes complexes. Pour de faibles volumes, le libre-service reste la voie économique.
Comment fonctionne la facturation électronique avec Artéva ?
Une plateforme agréée assure le transport réglementaire des factures et des données. Orchestrade eFacture y ajoute une couche de traitement, en amont comme en aval. Le fonctionnement se lit flux par flux.
Factures clients
Côté ventes, la plateforme récupère les factures depuis l’ERP ou le logiciel de facturation, quel que soit le canal initial : EDI, PDF, papier numérisé, API, Peppol ou plateformes d’achat. Elle convertit ensuite chaque document vers le format attendu, puis le transmet à la plateforme agréée du client pour le B2B domestique.
Les flux B2G partent vers Chorus Pro, passage imposé pour la sphère publique. Les factures internationales ou hors réforme suivent leurs circuits propres, un point différenciant pour les exportateurs. La plateforme restitue enfin les statuts du cycle de vie et gère rejets et refus, avec alertes. L’archivage clôt la chaîne.
Factures fournisseurs
C’est la partie la plus riche de l’offre, car elle dépasse le simple transport. Orchestrade reçoit les formats du socle, mais aussi des PDF et des images, traités par OCR et vidéocodage avec contrôles métier. Les factures passent ensuite par des circuits d’approbation paramétrables, puis par le rapprochement avec la commande et la réception.
Le portail fournisseur va plus loin : gestion des contrats, des commandes, des réceptions, des documents administratifs, des RIB et des attestations. L’éditeur annonce aussi le partage du statut de paiement avec le fournisseur et la génération des ordres de virement. L’intégration comptable ferme la boucle. Reste à vérifier, module par module, ce qui relève du standard et ce qui bascule en développement spécifique.
E-reporting
Le dispositif couvre les opérations hors e-invoicing : ventes aux particuliers, transactions avec des entreprises étrangères, et données de paiement lorsque la TVA est exigible à l’encaissement, typiquement les prestations de services. Artéva annonce extraire ces données depuis les factures ou directement depuis les systèmes de l’entreprise.
Le calendrier de l’e-reporting suit celui de l’émission : 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises. Une activité mixte B2B et B2C devra donc articuler les deux obligations sur la même plateforme.
Cycle de vie et gestion des rejets
Après l’envoi, chaque facture porte un statut. La réforme impose quatre statuts obligatoires : déposée, rejetée, refusée et encaissée. Artéva annonce gérer aussi les statuts recommandés, avec alertes et traitement des erreurs. Le tableau résume qui doit agir selon la situation.
| Situation | Statut | Qui agit | Action attendue |
|---|---|---|---|
| Données obligatoires manquantes | Rejetée | Émetteur | Corriger puis réémettre |
| Le client conteste la facture | Refusée | Émetteur et client | Traiter le litige |
| Facture correctement acheminée | Mise à disposition | Client | Contrôler et approuver |
| Paiement reçu | Encaissée | Comptabilité | Rapprocher le règlement |
Un rejet signale un défaut technique ou une donnée obligatoire manquante, tandis qu’un refus exprime une contestation commerciale du client. La distinction conditionne la procédure de correction, et donc le délai d’encaissement.
Quels formats Artéva prend-elle en charge ?
Le socle réglementaire repose sur trois formats : Factur-X, hybride associant un PDF lisible et des données XML, UBL et CII, deux syntaxes purement structurées. Toute plateforme agréée doit les prendre en charge. Artéva coche la case, comme l’ensemble des opérateurs immatriculés.
La différence se joue sur les formats historiques et sectoriels. L’éditeur annonce traiter l’EDIFACT, des XML spécifiques, le PDF, des API JSON ou XML et des formats sectoriels comme PFP, PFA ou TRADACOM. Pour une entreprise dont les échanges avec la grande distribution reposent sur ces normes, cette continuité évite une migration à marche forcée.
L’ERP n’a pas besoin de produire nativement du Factur-X, de l’UBL ou du CII. Orchestrade annonce récupérer les données ou documents existants, les transformer puis les router. Le facteur limitant reste la qualité des données sources : SIREN, adresses de facturation, mentions de TVA et références de commande.
La question à poser en démonstration devient donc : quelles données mon système fournit-il déjà, et lesquelles manquent ? La réponse dimensionne le travail de mapping, autrement dit une part significative du budget.
Comment Orchestrade s’intègre-t-elle aux ERP ?
Orchestrade annonce s’interfacer avec les ERP, les WMS et les systèmes propriétaires par une large palette de canaux : API REST ou SOAP, en push comme en pull, connexion à des bases de données, dépôt de fichiers, EDI, échanges synchrones ou asynchrones, portail web, e-mail et saisie manuelle. L’éditeur cite notamment SAP comme exemple d’environnement connectable par API.
En revanche, plusieurs informations décisives ne sont pas communiquées publiquement : la liste des connecteurs standards, l’existence de connecteurs certifiés pour Sage, Cegid, Microsoft Dynamics, Oracle ou Infor, une documentation API ouverte, ou un environnement de test. Le devis devra préciser qui réalise le mapping des données, si les mappings spécifiques sont facturés, et comment les montées de version des ERP sont absorbées.
Deux exigences complètent le cadrage : le délai moyen d’intégration constaté sur des projets comparables, et le nombre de tests inclus avant la mise en production. Sans ces réponses écrites, impossible de comparer sérieusement deux devis d’intégration.
Artéva pour le Purchase-to-Pay et l’Order-to-Cash
L’offre déborde la facturation stricte pour couvrir deux chaînes complètes. Côté achats, le Purchase-to-Pay enchaîne commande, réception, facture et paiement, avec workflow de validation et rapprochement automatique. Côté ventes, l’Order-to-Cash suit la commande client jusqu’à l’encaissement, portail client compris.
L’éditeur annonce en complément une synchronisation bancaire et comptable, des KPI adaptables et des interfaces sur mesure. L’intérêt est double : mutualiser l’infrastructure d’échange entre conformité fiscale et processus métier, et éviter d’empiler un outil de dématérialisation sur une plateforme de transport. Le revers existe pourtant : plus le périmètre s’étend, plus la dépendance au prestataire augmente, et plus la réversibilité doit être verrouillée au contrat.
Combien coûte Artéva ?
Aucune grille tarifaire publique n’existe : l’offre est sur devis, avec un modèle annoncé à la consommation réelle. Le montant final dépendra donc moins d’un prix catalogue que du périmètre négocié.
Les éléments facturés
Un devis complet devrait isoler chaque poste : mise en service initiale, audit des flux, connexion facturée par ERP ou par interface, mapping par format de document, prix par entité juridique ou par SIREN, tarification au volume de factures, OCR à la page, vidéocodage, modules comme le portail fournisseur, Peppol ou Chorus Pro, nombre d’utilisateurs, niveau de support et archivage sur dix ans.
Chacun de ces postes est à vérifier dans le devis, car rien n’indique publiquement ce qui est inclus. Un prix par facture séduisant peut masquer des frais fixes d’intégration élevés, et inversement.
Le coût d’intégration
C’est le poste le plus discriminant, et le moins visible. Cartographier les flux, développer les interfaces, écrire les mappings, dérouler les tests et former les équipes mobilise des jours de prestation, chez l’éditeur comme en interne. Sur des projets d’intégration comparables, cette part dépasse fréquemment l’abonnement de la première année.
Le bon indicateur reste le coût total sur trois ans : déploiement, intégrations, abonnement, consommation, modules, support, archivage et évolutions. À volumétrie égale, ce calcul remet les offres à tarif public et les offres sur devis sur la même ligne de comparaison.
Les questions à poser dans le devis
Trois familles de questions ferment les angles morts. Sur les volumes : quel prix unitaire au-delà du forfait, et comment se déclenche le changement de tranche ? Sur la sortie : l’export des factures et des archives en fin de contrat est-il gratuit, et sous quel délai ? Sur le service : quels engagements de disponibilité, quelles pénalités, quel support en période de clôture ?
Ajoutez la confirmation écrite que l’archivage légal de dix ans est compris dans le prix, et non facturé en supplément après la résiliation. Un devis qui esquive ces points n’est pas comparable aux autres.
Sécurité, archivage et conformité
L’éditeur met en avant une certification ISO/IEC 27001:2022, le chiffrement des données, la double authentification, la conformité au RGPD et un archivage sécurisé de dix ans, présenté comme localisé en France. La plateforme est par ailleurs auditée dans le cadre de son agrément, et l’immatriculation elle-même exigeait une attestation ISO 27001 au dossier de candidature.
Il faut néanmoins distinguer trois niveaux : le certifié, vérifiable par un tiers, le déclaré, qui n’engage que la communication, et le contractuel, seul opposable. Avant signature, demandez le certificat ISO 27001 avec son périmètre exact, la localisation de l’hébergement et des sauvegardes, le plan de continuité avec RPO et RTO chiffrés, une synthèse des tests d’intrusion, la procédure d’incident, la liste des sous-traitants et les modalités d’export en fin de contrat.
Aucun de ces documents n’est public à ce jour. Leur obtention rapide en avant-vente dit d’ailleurs beaucoup de la maturité de l’opérateur.
Avantages et limites d’Artéva
Le bilan se dessine en deux colonnes inégales : des forces fonctionnelles solides et documentées, face à des inconnues qui tiennent surtout à l’absence de publication. Une information non publiée n’est pas un défaut certain, mais elle transfère la charge de la preuve sur le devis.
- Vingt ans d’EDI et d’échanges B2B
- Immatriculation plateforme agréée au 18 décembre 2025
- Environnements multi-ERP et multi-filiales
- Formats socle, EDIFACT et sectoriels
- Chaînes P2P et O2C complètes
- OCR et vidéocodage des factures fournisseurs
- Peppol, Chorus Pro et portails d’achat
- ISO/IEC 27001:2022 et archivage annoncé en France
- Marque blanche pour les éditeurs
- Aucune grille tarifaire publique
- Pas de souscription autonome apparente
- TPE et auto-entrepreneurs hors cible
- Coût d’intégration non chiffrable sans devis
- Connecteurs standards non listés publiquement
- Documentation API publique introuvable
- SLA et disponibilité non affichés
- Peu d’avis clients indépendants
- Effectif déclaré de 10 à 19 salariés
Les limites relèvent de deux natures distinctes. Les unes sont structurelles, comme l’exclusion des TPE, et ne changeront pas. Les autres sont documentaires : tarifs, connecteurs, SLA et références se lèvent en avant-vente, à condition de les exiger par écrit.
Artéva face aux autres plateformes agréées
Comparer Artéva à des suites en libre-service n’aurait guère de sens : les besoins couverts diffèrent. Les mises en regard pertinentes visent les spécialistes de l’EDI et de la dématérialisation, un segment où figurent notamment Pagero, B2BRouter, Agena 3000 ou Ventya, classés sur le même profil par les annuaires du secteur.
Les bons critères de comparaison tiennent en une ligne d’exigence : gestion multi-ERP, EDI historique, chaînes P2P et O2C, OCR, portail fournisseur, formats sectoriels, Peppol, flux internationaux, marque blanche, existence d’un prix public, SLA publié et capacité de déploiement autonome. Sur ces deux derniers points, la plupart des spécialistes, Artéva comprise, restent silencieux.
Pour élargir l’échantillon à d’autres profils d’opérateurs immatriculés, le guide sur Scribee et la page pour tout savoir sur SRCI donnent deux points de comparaison utiles. La fiche Veryswing complète le panorama avec un positionnement encore différent.
Notre avis : faut-il choisir Artéva ?
Artéva mérite une place en shortlist quand plusieurs signaux se cumulent : plusieurs ERP, plusieurs sociétés, de l’EDI déjà en production, des milliers de factures mensuelles, un portail fournisseurs à déployer, du B2G ou de l’international. À partir de quatre signaux, la demande de démonstration se justifie pleinement. En dessous de deux, une plateforme plus légère fera mieux, pour moins cher. Ces seuils relèvent de notre grille de lecture, pas d’un critère officiel de l’éditeur.
Le verdict tient en une phrase : Orchestrade eFacture est pertinente quand la facture doit s’intégrer à un système d’information complexe, disproportionnée quand il s’agit d’émettre et de recevoir quelques documents par mois. Restent les inconnues de prix et d’engagement de service, qui interdisent une recommandation absolue avant devis chiffré et démonstration scriptée.
Questions à poser avant de signer
Côté intégration, six réponses écrites s’imposent : connecteurs disponibles pour vos ERP précis, existence d’un environnement de test, responsable du mapping, facturation des mappings spécifiques, délai moyen de mise en production et volume de tests inclus. Chaque réponse orale non confirmée par écrit vaudra zéro au moment du litige.
Côté contrat, verrouillez la disponibilité avec pénalités, le prix des dépassements de volume, la gratuité de l’export en fin de contrat, l’inclusion de l’archivage décennal, la localisation des données et la liste des sous-traitants. Enfin, exigez deux références clients de taille comparable, joignables, sur un périmètre proche du vôtre.
- Immatriculée plateforme agréée le 18 décembre 2025, rapport d’audit de suivi attendu sous douze mois.
- Cible : PME structurées, ETI et groupes multi-ERP ; TPE et auto-entrepreneurs explicitement exclus.
- Forces : EDI historique, P2P et O2C complets, OCR fournisseurs, formats sectoriels, Peppol et Chorus Pro.
- Prix sur devis à la consommation : calculer le coût total sur trois ans, intégration comprise.
- Zones non publiées à faire préciser par écrit : connecteurs, SLA, réversibilité, archivage inclus.
Le diagnostic croise votre volumétrie, vos ERP et vos flux pour livrer une shortlist en deux minutes.
Questions fréquentes
Artéva permet-elle de créer directement une facture ?
Non, pas au sens d’un logiciel de facturation en libre-service. Les factures naissent dans l’ERP ou l’outil de gestion de l’entreprise, puis Orchestrade les collecte, les convertit et les transmet. La saisie manuelle existe comme canal d’appoint, notamment via le portail, mais l’offre est conçue comme une couche d’échange et d’intégration. Une structure qui cherche d’abord un outil de création de devis et de factures relève d’une autre catégorie de solutions.
Existe-t-il une version gratuite d’Artéva ?
Rien n’indique qu’une offre gratuite existe, et aucun tarif n’est communiqué publiquement. Le modèle repose sur un devis et une tarification annoncée à la consommation réelle, ce qui suppose un projet cadré avec l’éditeur. Les offres gratuites du marché se concentrent sur la réception de factures pour les petites structures, un segment qu’Artéva déclare précisément ne pas viser. Pour tester la plateforme, le passage obligé reste la demande de démonstration.
L’archivage des factures est-il inclus pendant dix ans ?
Artéva annonce un archivage sécurisé de dix ans, cohérent avec l’obligation française de conservation des factures. En revanche, son inclusion dans le prix de base n’est pas publiée : certains opérateurs du marché facturent l’archivage en option, ou la restitution après résiliation. Le devis doit donc préciser trois points : l’inclusion pendant le contrat, le coût d’accès aux archives après la sortie et le format de restitution des documents.
Artéva propose-t-elle une offre en marque blanche ?
Oui, selon l’éditeur. Artéva annonce des partenariats avec des intégrateurs et des éditeurs de logiciels qui adoptent Orchestrade eFacture comme plateforme agréée pour leurs propres clients. Ce modèle intéresse un éditeur métier qui veut offrir la conformité sans candidater lui-même à l’immatriculation, une procédure lourde et coûteuse. Les conditions commerciales et techniques de cette marque blanche ne sont pas publiques et se négocient au cas par cas.
Peut-on changer de plateforme agréée après avoir choisi Artéva ?
Oui, la réforme n’impose aucune exclusivité définitive : une entreprise change de plateforme en mettant à jour son adressage dans l’annuaire central, via le nouvel opérateur. La vraie contrainte est contractuelle et technique : durée d’engagement, coût d’export des données et des archives, refonte des interfaces construites pour Orchestrade. Plus l’intégration initiale est profonde, plus la migration coûte. D’où l’intérêt de négocier la réversibilité avant la signature, pas au moment du départ.