3 mois offerts chez Pennylane avec le code PENNY3· J−10 avant l’obligation du 1er sept. 2026
Accueil / Facture électronique avocat : secret professionnel et obligations…

Facture électronique avocat : secret professionnel et obligations 2026

publié le 21/05/2026· mis à jour le 31/05/2026· 21 min de lecture

Septembre 2026, première bascule : tout avocat assujetti à la TVA devra recevoir ses factures fournisseurs au format électronique structuré via une plateforme agréée. Pas un PDF par mail, pas un envoi Chorus Pro. Un flux normalisé Factur-X, UBL ou CII, transitant par un opérateur immatriculé par la DGFiP. Le PDF simple sort du périmètre légal.

La réforme touche le cabinet d’avocat de plein fouet, et pour une fois la profession ne dispose d’aucune exemption sectorielle. Le rapport du CNB de 2023 et la résolution du barreau de Paris en témoignent : les conditions du secret professionnel ont été âprement négociées avec la DGFiP, mais le calendrier reste celui de tout assujetti TVA. Ce guide facture électronique par secteur d’activité détaille la cartographie complète. Côté avocats, l’enjeu se concentre sur trois lignes de fracture mal comprises : la gestion CARPA, le statut des débours, et la transmission de l’identité client.

Le 99,8 % des cabinets français sont des TPE-PME au sens de la réforme. Conséquence directe : la réception devient obligatoire dès septembre 2026, mais l’émission n’arrive qu’au 1ᵉʳ septembre 2027. Treize mois d’écart à exploiter pour paramétrer un logiciel métier, choisir une PA et tester les flux.

Calendrier RFE · article 91 LF 2024
1ᵉʳ sept. 2026 réception · 1ᵉʳ sept. 2027 émission
Pour la quasi-totalité des cabinets d’avocats classés TPE-PME, la bascule s’effectue en deux temps : recevoir les factures fournisseurs dès 2026, émettre les notes d’honoraires électroniques à partir de 2027.

Pourquoi la réforme s’applique pleinement aux avocats

L’avocat exerce une profession libérale réglementée, déclarée en BNC, assujettie à la TVA dès lors que son chiffre d’affaires dépasse 50 000 €. C’est ce statut fiscal qui déclenche l’application des articles 289 bis et 290 du CGI, refondus par l’article 91 de la loi de finances 2024. Aucune profession assujettie n’échappe au dispositif, et la jurisprudence Conseil d’État de 2014 sur le secret professionnel des factures d’avocat n’a pas fait basculer le débat en faveur d’une exemption.

Statut fiscal et seuil de franchise spécifique aux avocats

La franchise en base s’applique sous 50 000 € de chiffre d’affaires encaissé l’année précédente. Le seuil de tolérance grimpe à 55 000 € en année courante avant dépassement immédiat. Ces plafonds, maintenus en 2026 après l’abandon de la réforme à 25 000 €, créent un avant-après franchissement strictement comptable. Sous franchise, l’avocat ne facture pas la TVA mais reste tenu d’émettre une facture conforme. Au-delà, il bascule au régime réel et applique 20 % sur ses honoraires, 10 % sur les dossiers d’aide juridictionnelle totale.

Cette distinction pèse directement sur le périmètre RFE : les cabinets en franchise sont concernés par la réception électronique, mais leur émission échappe à l’e-invoicing classique tant qu’ils restent sous le seuil. L’e-reporting de paiement reste exigible. Le régime applicable aux freelances et indépendants partage les mêmes logiques de franchise mais sans les seuils dérogatoires propres aux avocats.

Les trois flux du cabinet et leur traitement RFE

Un cabinet émet trois types de pièces : factures B2B vers entreprises françaises assujetties, notes d’honoraires vers particuliers, factures vers clients étrangers ou organismes publics. Chaque flux suit un rail distinct sous la réforme. Les opérations B2B domestiques basculent en e-invoicing, transmission via PA obligatoire. Les opérations B2C entrent en e-reporting de transactions, sans transmission de l’identité du client. Les opérations internationales relèvent également de l’e-reporting, hors champ e-invoicing.

Pour un cabinet en droit pénal ou famille avec une majorité de clientèle privée, plus de 80 % des recettes passent en e-reporting et non en e-invoicing. Pour un cabinet d’affaires, la proportion s’inverse. Cette cartographie conditionne le paramétrage du logiciel métier et l’arbitrage entre PA généraliste et PA spécialisée juridique.

Bon à savoir

Les rétrocessions d’honoraires versées dans le cadre d’un contrat de collaboration entre avocats restent soumises à la TVA et entrent dans le périmètre e-invoicing à partir du 1ᵉʳ septembre 2027. Le collaborateur émet une facture électronique vers l’avocat titulaire qui l’héberge.

Secret professionnel et données transmises à la DGFiP

Le point de friction majeur n’est pas technique mais déontologique. L’article 66-5 de la loi du 31 décembre 1971 et la jurisprudence Cour de cassation de 2016 protègent les factures d’avocat lorsqu’elles révèlent l’identité du client ou la nature des prestations. Le CNB, par résolution d’assemblée générale, a saisi la DGFiP pour exiger un dispositif compatible avec cette obligation.

Ce que la DGFiP a confirmé au CNB

L’administration fiscale a tranché dans un sens favorable : la nature du service facturé n’est pas transmise dans le flux e-reporting ou e-invoicing. Seules les données fiscales obligatoires circulent vers le serveur DGFiP, à savoir le montant HT, le taux et le montant de TVA, l’identité des deux parties pour le B2B, le mode et la date de paiement. Le détail des prestations juridiques, la qualification de la mission, le contenu des conseils restent dans le PDF lisible joint au format Factur-X, donc en clair seulement entre l’avocat et son client.

La résolution du CNB demandait plus, à savoir l’exclusion totale de l’identité du client en B2B. La DGFiP n’a pas suivi sur ce point : pour les transactions entre entreprises assujetties, le SIREN destinataire reste une donnée fiscale obligatoire. Le secret professionnel n’a pas été retenu comme motif d’exemption, comme le rappelle d’ailleurs le guide notaires dont la profession a négocié des conditions similaires.

Attention
L’identité du client B2B sera bien transmise

Pour les factures émises vers une entreprise assujettie française, le SIREN du client figure dans le flux structuré et remonte à la DGFiP. Le secret professionnel protège la nature de la prestation, pas l’existence de la relation commerciale ni son montant.

Le critère sécurité dans le choix de la PA

Le déontologue se déplace mécaniquement vers le choix de l’opérateur PA. Une plateforme agréée traite des données fiscales protégées par le secret professionnel et héberge le PDF lisible contenant le détail des prestations. Les critères de sélection deviennent ceux d’un sous-traitant déontologique. Certification ISO 27001 sur la sécurité de l’information, hébergement en France ou dans l’UE, chiffrement des flux et au repos, engagement contractuel de non-exploitation des données. Sans ces garanties, le cabinet expose son client à un risque de violation du secret par défaut de diligence dans le choix du prestataire.

Le rapport du barreau de Paris recommande d’intégrer ces critères dans la convention d’honoraires elle-même, en informant le client du nom de la PA utilisée par le cabinet. Une diligence qui n’est pas exigée par les textes mais que la pratique déontologique recommande pour les dossiers sensibles. Sur les contraintes parallèles propres aux opérateurs juridiques, voir le guide banques et services financiers qui traite la même tension entre secret bancaire et transmission DGFiP.

CARPA, débours et aide juridictionnelle : ce qui sort du périmètre

Trois flux financiers spécifiques à la profession échappent partiellement à la réforme. Comprendre leur traitement évite des doublons de facturation et des erreurs de qualification qui se paient en redressement. Le principe directeur tient en une phrase : la facture électronique suit la relation commerciale taxable, pas les flux de trésorerie.

Les flux CARPA n’entrent pas dans l’e-invoicing

La CARPA, caisse autonome qui sécurise les maniements de fonds, n’est jamais bénéficiaire de la prestation juridique. Elle joue le rôle de tiers de confiance et de séquestre. La relation commerciale facturée demeure entre l’avocat et son client final. La CARPA se substitue pour le règlement, mais ne déclenche aucune facture électronique vers elle.

Concrètement, l’avocat émet sa facture électronique vers son client. La CARPA reverse les fonds après prélèvement des honoraires. Aucun double flux, aucune facture CARPA dans le système RFE. Pour les structures qui gèrent un compte CARPA professionnel, le guide assurance et courtage apporte un éclairage utile sur les comptes de passage de fonds tiers.

Débours : exclusion stricte du périmètre TVA et RFE

Le débours, somme avancée au nom et pour le compte du client, sort de la base taxable à la TVA et donc du périmètre e-invoicing. Pour être qualifié de débours au sens fiscal, trois conditions cumulatives s’imposent : engagement au nom du client, refacturation à l’identique sans marge, ventilation séparée sur la facture en compte de passage spécifique. Frais de greffe, droits de plaidoirie, frais d’huissier sur acte de procédure rentrent dans cette catégorie sous réserve d’une preuve documentaire.

Les frais refacturés au nom du cabinet, eux, restent taxables à 20 % et basculent en e-invoicing comme des honoraires classiques. La distinction comptable entre les deux est le premier point de vigilance lors d’un contrôle. La DGFiP a confirmé que les débours n’ont pas vocation à transiter par la PA, mais la facture émise au client devra clairement les ventiler en ligne dédiée non assujettie.

Aide juridictionnelle : exonération de TVA, e-reporting de paiement

Les rétributions versées par l’État au titre de l’aide juridictionnelle totale sont exonérées de TVA depuis la modification législative de 2010. L’avocat n’émet pas de facture taxable vers le client mais reçoit une indemnité directe de la caisse. En aide juridictionnelle partielle, la part complémentaire payée par le client reste soumise à 20 %. Sur les médecins et professions de santé, un mécanisme proche s’applique aux actes de soins remboursés.

Côté RFE, ces sommes hors TVA ne déclenchent pas d’e-invoicing mais bien un e-reporting de paiement, à transmettre périodiquement par la PA. La réception du versement de la caisse est l’événement déclencheur. Cette mécanique impose un paramétrage précis du logiciel métier pour ne pas faire remonter de TVA collectée sur les indemnités d’AJ totale.

Les mentions obligatoires à intégrer dès 2026

La RFE n’est pas seulement un changement de format. Elle ajoute quatre mentions obligatoires aux factures, par-dessus celles déjà imposées par le Code de commerce, l’article 242 nonies A du CGI et les règles déontologiques propres à l’avocat. Toute facture émise après la bascule sectorielle doit les contenir, sous peine d’amende de 15 € par facture, plafonnée à 15 000 € par année civile.

Les quatre nouvelles mentions RFE

Premier ajout, le numéro SIREN du client en B2B domestique, qui sert à le router via l’annuaire central AIFE. Deuxième, l’adresse de livraison des biens ou du lieu d’exécution de la prestation si elle diffère du siège. Pour un avocat, cette adresse est en général identique au siège du client mais peut différer dans le cas d’un cabinet multisite ou d’une procédure locale. Troisième, le type d’opération qualifiant la nature économique de la facture, codifié en référentiel DGFiP. Quatrième, la mention de l’option pour le paiement de la TVA d’après les débits si l’avocat a opté pour ce régime, ce qui modifie le moment d’exigibilité.

Aucune de ces mentions n’est compliquée à intégrer isolément. La difficulté tient à leur paramétrage automatique dans le logiciel métier pour qu’elles s’inscrivent sans intervention manuelle sur chaque facture. Le détail technique reste à la charge de l’éditeur logiciel et de la PA, mais le cabinet doit valider le rendu sur ses templates en mode test avant la bascule.

Mentions spécifiques avocats à conserver

Les mentions propres à la profession restent obligatoires en plus du socle RFE. L’inscription au barreau, le numéro de toque, la référence à la convention d’honoraires écrite imposée par la loi Macron de 2015, la mention « Entrepreneur individuel » ou « EI » depuis le décret du 15 mai 2022 pour les avocats exerçant en nom propre. Pour les SELARL, SCP et autres structures, la forme sociale, le capital et le RCS s’ajoutent à la liste.

La ventilation des débours sur une ligne distincte non assujettie devient critique avec le format structuré. Une erreur de qualification en ligne assujettie déclenche une TVA collectée que la PA transmettra à la DGFiP, créant un écart de déclaration immédiat. Pour les cabinets pluridisciplinaires ou en groupement avec des acteurs du BTP et construction sur des dossiers de marchés publics, le paramétrage devient particulièrement sensible.

Choisir et paramétrer sa plateforme agréée

La PA est l’opérateur central de la mise en conformité. Aucune facture ne peut transiter en dehors de ce canal officiel à partir du 1ᵉʳ septembre 2026 en réception, puis du 1ᵉʳ septembre 2027 en émission. Le portail public de facturation (PPF) initialement prévu en option gratuite a été abandonné par l’État en 2024, ce qui place toutes les entreprises sous l’obligation de contractualiser avec une PA privée.

Logiciel métier intégré ou PA généraliste

Deux trajectoires existent pour un cabinet. La première consiste à conserver son logiciel métier juridique (Kleos, Secib, Jarvis, Office Avocat, Adapps) et vérifier qu’il est connecté à une PA immatriculée. Septeo, éditeur de Secib et Adapps, a obtenu son immatriculation PA en 2025 et propose une intégration native. Wolters Kluwer (Kleos) a annoncé un partenariat similaire. Cette voie réduit la friction utilisateur mais lie le cabinet à un écosystème.

La seconde consiste à choisir une PA généraliste (Indy, Pennylane, Dext, Axonaut, Tiime, Abby) compatible BNC et connecter son outil de facturation existant via API. Cette voie offre plus de souplesse et de meilleurs tarifs sur les volumes modestes, mais demande un travail de paramétrage initial pour gérer les spécificités CARPA et débours. Pour le SaaS et éditeurs de logiciels, cette logique est la même mais sans la contrainte CARPA.

Le cas Themisia et l’offre du barreau de Paris

Le barreau de Paris a lancé Themisia en janvier 2026, solution gratuite réservée aux avocats inscrits à l’Ordre parisien. L’outil couvre la facturation, la gestion CARPA et la connexion à une PA pour les cabinets qui n’utilisent pas encore de logiciel métier. C’est la voie la plus rapide pour un cabinet débutant ou de petite taille à Paris. D’autres barreaux préparent des solutions équivalentes mais l’offre reste hétérogène territorialement. Le guide immobilier et agences documente une logique fédérale comparable côté FNAIM.

Calendrier opérationnel à tenir avant septembre 2026

01

Cartographier ses flux (juin-juillet 2026)

Répartition B2B / B2C / international, volume mensuel de factures, part CARPA, part AJ. Cette cartographie pilote le choix de PA.

02

Choisir et contractualiser sa PA (août 2026)

Vérification de l’immatriculation sur l’annuaire AIFE, comparaison des tarifs au volume, lecture des CGU sur la confidentialité des données.

03

Tester en émission et réception

Envoi d’une facture test à un confrère, réception d’une facture fournisseur pilote. Validation du format Factur-X et du rendu PDF lisible.

04

Former le cabinet et informer les clients

Désignation d’un référent interne, formation à la PA, mise à jour de la convention d’honoraires avec mention de l’opérateur.

Sanctions et risques en cas de non-conformité

Le régime de sanctions de la loi de finances 2026 a été assoupli par rapport au texte initial mais reste suffisamment dissuasif pour mériter un suivi sérieux. Trois niveaux de risque cohabitent, du purement financier au déontologique.

Sanctions fiscales spécifiques RFE

Le défaut d’émission de facture électronique est sanctionné par une amende de 15 € par facture, plafonnée à 15 000 € par année civile. Le défaut d’e-reporting fait l’objet d’une amende distincte de 250 € par transmission manquée, également plafonnée à 15 000 €. Ces amendes se cumulent, et le double plafond porte donc à 30 000 € le risque maximum direct par cabinet. La page agences de voyage traite un régime de sanction similaire sur le régime de la marge.

Pour un cabinet émettant 100 factures par mois, le seuil de 15 000 € est atteint en huit mois de défaut. La logique fiscale incite donc à une conformité immédiate plutôt qu’à un rattrapage tardif. À noter, la première année d’application bénéficie d’une tolérance déclarative de la DGFiP pour les erreurs de bonne foi, ce qui ne couvre pas le défaut total d’émission.

Sanctions classiques TVA en cascade

Au-delà de la pénalité spécifique RFE, le défaut de facture conforme déclenche les sanctions de droit commun de l’article 1737 du CGI. L’amende pour absence de facture monte à 50 % du montant de la transaction. La déductibilité de la TVA chez le client professionnel peut être remise en cause s’il ne dispose pas d’une facture électronique structurée. Cette deuxième conséquence est commercialement plus grave que la pénalité fiscale elle-même : un client privé du droit à déduction se retournera contre son fournisseur défaillant.

Risque déontologique sur le choix de la PA

Le défaut de diligence dans le choix d’un prestataire qui traite des données protégées par le secret professionnel peut être qualifié de manquement déontologique au sens du règlement intérieur national. La sanction relève alors du conseil de discipline du barreau, pas de la DGFiP. La fiche secret professionnel (avocats, notaires) détaille le cadre disciplinaire applicable et les précédents jurisprudentiels en matière de sous-traitance déontologique.

Le bon réflexe

Conserver une trace écrite de l’analyse comparée des PA et des critères de sécurité retenus. Cette piste d’audit interne sert de défense en cas de mise en cause déontologique ultérieure, et de justificatif lors d’une vérification de comptabilité.

Cas particuliers : collaborateurs, structures multi-associés et exercice international

La diversité des modes d’exercice de la profession multiplie les cas de figure. Trois situations méritent un traitement distinct : la collaboration libérale, l’exercice en structure (SELARL, SCP, AARPI) et la clientèle hors de France. Les principes posés plus haut s’y appliquent avec quelques nuances opérationnelles.

Collaborateurs libéraux et rétrocessions

Le collaborateur libéral facture le cabinet titulaire qui l’héberge. La rétrocession constitue une prestation entre deux avocats assujettis à la TVA, donc une opération B2B domestique pleinement soumise à l’e-invoicing dès septembre 2027. Le collaborateur doit émettre via une PA, le cabinet titulaire la reçoit dans son flux entrant. Pour un cabinet qui héberge cinq à dix collaborateurs, le volume de factures électroniques entrantes grimpe rapidement à plusieurs centaines par an, ce qui pèse dans le choix de tarification de la PA. Pour les profils proches comme les acteurs de l’édition, la mécanique des notes d’auteur partage cette même logique de rétrocession.

SELARL, SCP, AARPI et SPE

Les structures d’exercice constituent une personne morale distincte, assujettie à la TVA en propre. La facture électronique est émise au nom de la structure, pas de l’associé. Les mentions obligatoires intègrent la forme sociale, le capital, le RCS. Pour une AARPI (association d’avocats à responsabilité professionnelle individuelle), la facturation peut rester individuelle au nom de chaque associé selon la convention d’association, ce qui multiplie les comptes PA à ouvrir. Le guide restauration détaille un cas comparable sur les sociétés à responsabilité éclatée.

Exercice international et clients étrangers

Les prestations rendues à un client établi hors de France sortent du périmètre e-invoicing et relèvent intégralement de l’e-reporting. La règle de territorialité de la TVA s’applique en parallèle. Pour un client B2B en UE avec numéro de TVA intracommunautaire valide, autoliquidation par le client et facture HT. Pour un client B2C en UE, TVA française applicable jusqu’au seuil de 10 000 € puis bascule en guichet unique OSS. Pour un client hors UE, prestation hors champ TVA française. Dans tous ces cas, la facture continue de circuler sous sa forme habituelle (PDF ou papier) entre l’avocat et son client, mais les données de transaction remontent à la DGFiP via la PA en flux e-reporting.

Cette articulation crée une charge administrative spécifique aux cabinets internationaux qui doivent maintenir deux circuits parallèles : facture commerciale traditionnelle d’un côté, transmission de données via PA de l’autre. Les marketplaces et plateformes font face à la même dualité sur les transactions cross-border.

Le saviez-vous

Pour les flux internationaux et acomptes, la périodicité de l’e-reporting suit celle du régime TVA du cabinet. Mensuelle pour le réel normal, trimestrielle pour le réel simplifié, annuelle pour la franchise en base. Cette périodicité conditionne l’organisation administrative interne.

Quels coûts pour un cabinet d’avocat

Le coût direct de la mise en conformité varie de 0 à 1 200 € par an selon la stratégie retenue et la taille du cabinet. Trois postes structurent le budget : la PA, le logiciel métier ou de facturation, le temps interne de paramétrage.

Tarification des PA généralistes

Les PA généralistes positionnées sur le segment TPE-PME indépendantes proposent des offres entrée de gamme entre 0 et 30 € par mois. Indy, Pennylane et Tiime offrent une version gratuite avec volume limité, suffisante pour un cabinet en franchise ou en démarrage. Au-delà de 50 factures mensuelles, l’abonnement payant devient nécessaire et oscille entre 15 et 40 € HT par mois selon les fonctionnalités. Pour comparer les offres existantes, voir aussi le guide transport routier et péages qui détaille des grilles tarifaires comparables.

Logiciels métier juridiques

Les logiciels métier intégrant la PA (Kleos, Secib, Office Avocat, Jarvis) facturent entre 50 et 150 € par mois et par utilisateur. Le surcoût par rapport à une PA généraliste est substantiel mais s’amortit sur les autres fonctions du logiciel (gestion CARPA native, suivi des dossiers, agenda, time-tracking). Pour un cabinet déjà équipé, la connexion à la PA arrive sans surcoût direct via une mise à jour incluse. Le guide pharmacies et officines traite une logique de logiciel métier sectoriel similaire.

Comparaison rapide des deux trajectoires

Critère PA généraliste + outil simple Logiciel métier intégré
Coût mensuel 0 à 40 € HT 50 à 150 € HT par utilisateur
Gestion CARPA Paramétrage manuel Native
Gestion débours / AJ Paramétrable Native
Temps de paramétrage 4 à 8 heures 1 à 2 jours avec éditeur

Le critère décisif n’est pas le coût direct mais le temps interne mobilisé. Un avocat seul gagne sur les deux tableaux avec une PA généraliste robuste. Un cabinet à plusieurs avocats avec collaborateurs et secrétariat amortit rapidement le logiciel métier sur la productivité globale. Une approche similaire est détaillée pour les acteurs de l’hôtellerie et hébergement.

En résumé

Calendrier : réception obligatoire au 1ᵉʳ septembre 2026, émission au 1ᵉʳ septembre 2027 pour la quasi-totalité des cabinets (TPE-PME).

Périmètre : honoraires soumis à TVA en e-invoicing B2B et e-reporting B2C, débours et flux CARPA hors champ, aide juridictionnelle en e-reporting de paiement.

Secret professionnel : la nature des prestations n’est pas transmise à la DGFiP, mais l’identité du client B2B (SIREN) reste dans le flux structuré.

Sanctions : jusqu’à 30 000 € par an cumulés sur e-invoicing et e-reporting, plus les pénalités classiques TVA.

Une fois la cartographie des flux faite et la PA choisie, le reste tient à la rigueur du paramétrage initial. Plus le cabinet anticipe sur l’été 2026, plus la bascule de septembre sera transparente pour les clients comme pour les confrères.

Questions fréquentes

Un avocat en franchise en base doit-il aussi se mettre en conformité ?

Oui, intégralement pour la réception. Tout avocat assujetti à la TVA doit être en capacité de recevoir des factures fournisseurs électroniques dès le 1ᵉʳ septembre 2026, même s’il bénéficie de la franchise en base et ne collecte pas la TVA. Pour l’émission, la franchise ne dispense pas non plus de l’obligation à terme : l’e-reporting de paiement reste applicable selon la périodicité de déclaration du cabinet. Seule la cadence change, pas le principe de transmission.

Mes factures émises vers un particulier seront-elles électroniques ?

Non au sens de l’e-invoicing structuré. Les factures B2C continuent de circuler en PDF lisible classique entre l’avocat et le client particulier. En revanche, les données fiscales de chaque transaction B2C sont transmises à la DGFiP via la PA en flux e-reporting, avec une périodicité alignée sur le régime TVA du cabinet. Le client particulier reçoit donc toujours un document lisible, mais l’administration dispose en parallèle des chiffres en temps quasi réel.

Comment seront traitées les notes d’honoraires provisionnelles ?

Les provisions versées en début de dossier déclenchent la TVA dès leur encaissement, conformément à la règle d’exigibilité applicable aux prestations de service. Côté RFE, chaque provision donne lieu à une facture d’acompte électronique distincte, transmise via la PA en B2B et déclarée en e-reporting en B2C. Le décompte final intervient en fin de mission avec une facture solde qui ventile les acomptes déjà perçus. Le logiciel métier ou la PA doit gérer cette logique d’acomptes pour éviter le double assujettissement à la TVA.

Le secret professionnel m’oblige-t-il à demander l’accord du client pour utiliser une PA ?

Aucun texte n’impose explicitement un consentement formel du client sur le choix de la PA. La réforme s’applique de plein droit à tous les assujettis. Le rapport du barreau de Paris recommande cependant d’intégrer cette information dans la convention d’honoraires, par souci de transparence déontologique. Cette diligence n’est pas obligatoire mais devient une bonne pratique en cas de mise en cause ultérieure pour défaut de sous-traitance déontologique.

Que se passe-t-il si mon cabinet n’est pas prêt au 1ᵉʳ septembre 2026 ?

Pour la réception, un cabinet non rattaché à une PA ne pourra physiquement plus recevoir certaines factures fournisseurs, ce qui pose un problème de paiement et de déductibilité TVA. Les sanctions financières spécifiques ne s’appliquent qu’à l’émission, déclenchée en 2027 pour les TPE-PME, mais la première année bénéficie d’une tolérance déclarative pour les erreurs de bonne foi. La logique commerciale et fiscale incite à anticiper sur l’été 2026 plutôt qu’à rattraper après bascule, le coût d’un démarrage tardif dépassant largement celui d’une préparation calme.

Trouver ma plateforme en 2 min