Le nom de Marosa figure bien sur la liste des plateformes agréées publiée par la DGFiP. Son site, lui, n’existe qu’en anglais, en espagnol et en italien. Ce décalage résume l’essentiel de ce qu’il faut comprendre sur cet éditeur. Marosa vient de la conformité TVA européenne, pas du marché français de la facturation pour petites structures.
Cette position n’a rien d’anormal. La liste officielle des plateformes agréées rassemble des acteurs très différents : logiciels de facturation pour indépendants, opérateurs EDI historiques, spécialistes fiscaux internationaux. L’immatriculation valide une conformité technique. En revanche, elle ne dit rien de l’adéquation entre une plateforme et votre entreprise.
L’entreprise est espagnole, installée à Vigo, et vient d’être rachetée par Wolters Kluwer pour 112 millions d’euros. Sa plateforme VATify sert avant tout des groupes immatriculés à la TVA dans plusieurs pays. Autrement dit, si votre besoin tient en trente factures par mois, la réponse se trouve ailleurs.
Marosa est bien immatriculée plateforme agréée en France, via sa solution VATify. Son offre s’adresse aux groupes qui gèrent la TVA dans plusieurs États membres. Aucun tarif public, aucune interface en français, aucune formule d’entrée de gamme.
Le diagnostic vous sort trois plateformes agréées adaptées à votre taille et à vos flux.
Marosa, un spécialiste de la TVA européenne avant tout
L’éditeur n’est pas né de la réforme française. Il s’est construit sur un problème plus ancien : déclarer et récupérer la TVA dans plusieurs États membres sans y consacrer une équipe entière. La facturation électronique est venue ensuite, comme un prolongement naturel de ce métier.
Dix ans de conformité fiscale depuis la Galice
Marosa a été fondée il y a une dizaine d’années par Pedro Pestana da Silva, passé par la fiscalité indirecte dans plusieurs cabinets Big Four. Le centre d’excellence se trouve à Vigo, en Espagne. La société est par ailleurs immatriculée dans huit pays, dont la France, et revendique plus de 2 000 clients pour 112 salariés.
VATify, le socle technique de l’offre
La plateforme s’appelle VATify. Elle réunit trois briques : la conformité TVA déclarative, le reporting en temps réel et la facturation électronique. Marosa est certifiée Peppol et ISO 27001, se dit agnostique en matière d’ERP et fournit des connecteurs dédiés ainsi qu’une API REST. Le service se vend en mode délégué, en SaaS ou en formule mixte.
Ce profil n’est d’ailleurs pas isolé sur la liste française. Un autre éditeur espagnol y occupe une place comparable, adossé à un grand groupe et verticalisé sur le voyage et l’hôtellerie. Pour mesurer l’écart avec une plateforme généraliste, le guide sur Voxel by Amadeus détaille ce positionnement de niche.
Le statut de plateforme agréée de Marosa en France
L’immatriculation reste le point le plus facile à vérifier de cette fiche, et le seul qui soit daté. Marosa figure parmi les premières plateformes reconnues par l’administration fiscale. Elle peut donc émettre, recevoir et transmettre les données de facturation à la DGFiP, au même titre que ses concurrentes françaises.
Présente dès la première liste de la DGFiP
La première liste officielle a été publiée le 16 janvier 2026 et comptait 101 plateformes. Marosa en fait notamment partie. Depuis, cette liste s’est enrichie et dépasse désormais les 130 acteurs immatriculés. Chaque immatriculation suppose en effet d’avoir passé les exigences réglementaires, les tests techniques et les tests d’interopérabilité entre plateformes.
Ce que l’agrément couvre, et ce qu’il ne dit pas
Toute plateforme agréée gère les trois formats socles : Factur-X, UBL et CII. Elle dialogue également avec les autres plateformes et avec le Portail Public de Facturation, qui sert d’annuaire et de concentrateur. Marosa remplit ces obligations comme ses concurrentes. Toutefois, l’agrément ne dit rien du prix, de l’ergonomie ni de la langue du support.
Immatriculée ne signifie pas adaptée. Les plateformes agréées ont toutes passé les mêmes tests d’interopérabilité. Elles ne visent pourtant pas du tout les mêmes entreprises. L’écart de facture annuelle entre deux d’entre elles se compte en dizaines de milliers d’euros.
Pour qui Marosa n’est pas fait
C’est l’information la plus utile de cette fiche, et elle tient en une phrase. Marosa ne cherche pas les petites structures françaises, et rien dans sa communication publique ne suggère le contraire. Autant le savoir avant d’engager une démonstration et trois semaines d’échanges commerciaux.
Les indépendants, les micro-entreprises et les TPE
Aucune interface en français n’est proposée : le site existe en anglais, en espagnol et en italien. En pratique, aucune offre d’entrée de gamme n’est publiée, aucun essai gratuit, aucun tarif. Le parcours commercial commence systématiquement par une démonstration. Pour un indépendant qui doit simplement recevoir ses factures au 1er septembre 2026, ce chemin n’a aucun sens.
Les entreprises françaises sans activité transfrontalière
La valeur de Marosa se joue sur le multi-pays. Une société qui facture uniquement en France, sans immatriculation TVA à l’étranger, paie ainsi une couche de conformité qu’elle n’utilisera jamais. Sur ce terrain, un opérateur français raccordé au PPF et à Chorus Pro comme Klekoon couvre le besoin avec un périmètre nettement plus resserré.
Le profil d’entreprise où l’offre prend son sens
Le raisonnement s’inverse dès qu’une direction fiscale gère plusieurs juridictions. La question n’est alors plus le prix unitaire de la facture. C’est le coût d’un écart entre ce qui a été facturé et ce qui a été déclaré. Sur ce terrain, le calcul change complètement.
Les groupes immatriculés à la TVA dans plusieurs États membres
Marosa maintient des manuels TVA pour plus de vingt pays européens, Suisse et Norvège comprises. L’argument central tient au flux unique : la même extraction ERP alimente la facturation française, le reporting italien ou polonais et les déclarations de TVA. La plateforme réconcilie ensuite les factures émises avec les déclarations déposées.
Les directions fiscales et les centres de services partagés
Trois segments sont par ailleurs affichés : grandes entreprises, cabinets fiscaux et vendeurs e-commerce présents sur Amazon ou Stripe. Le mode entièrement délégué intéresse notamment les organisations dotées d’un centre de services partagés, sans expert TVA local dans chaque pays. Pour des flux EDI côté fournisseurs, tout savoir sur b4value.net donne un point de comparaison utile.
- Immatriculée dès la première liste DGFiP du 16 janvier 2026
- Couverture TVA sur plus de vingt pays européens, avec manuels par juridiction
- Certifications Peppol et ISO 27001, connecteurs ERP et API REST
- Réconciliation entre factures émises et déclarations de TVA
- Trois modes de service : délégué, SaaS ou mixte
- Aucune interface ni documentation commerciale en français
- Aucune grille tarifaire publique, vente exclusivement sur devis
- Pas d’offre pour indépendants, micro-entreprises et TPE
- Intérêt faible pour une entreprise qui facture depuis un seul pays
- Rachat récent par Wolters Kluwer, feuille de route à confirmer
Ces limites ne sont pas des défauts de fabrication. Elles décrivent un produit conçu pour un autre usage que le vôtre, si vous facturez depuis la France seule. Le tri se fait donc en amont, sur le profil de l’entreprise, pas sur la fiche technique.
Ce qu’il faut vérifier avant de signer
Deux éléments récents modifient la lecture de cette fiche. Le premier est capitalistique, le second est commercial. Ni l’un ni l’autre n’est rédhibitoire en soi. En revanche, les deux méritent une question posée par écrit avant tout engagement contractuel.
Le rachat par Wolters Kluwer, annoncé en août 2026
Wolters Kluwer a annoncé le 4 août 2026 l’acquisition de Marosa pour 112 millions d’euros en numéraire. L’éditeur affichait environ 10 millions d’euros de revenus en 2025, en croissance de plus de 25 %. Marosa rejoint la division Corporate Performance & ESG, aux côtés de CCH SureTax. Une opération de ce type déplace souvent la feuille de route produit et les interlocuteurs commerciaux.
Le devis, la langue du support et le périmètre couvert
Marosa ne publie aucune grille tarifaire. Le prix dépend du nombre d’entités, de pays et de flux traités, et se négocie au cas par cas. Trois points méritent donc de figurer noir sur blanc au contrat. D’abord la langue du support pour vos équipes françaises, puis le périmètre exact couvert par l’agrément, enfin les conditions de sortie.
- Marosa est bien immatriculée plateforme agréée, présente sur la première liste DGFiP du 16 janvier 2026
- L’éditeur est espagnol, basé à Vigo, et sa plateforme s’appelle VATify
- Le positionnement vise la conformité TVA multi-pays, pas la facturation d’une TPE française
- Aucun tarif public : la vente passe par un devis et une démonstration
- Wolters Kluwer a racheté Marosa pour 112 millions d’euros en août 2026
Reste à savoir si votre entreprise relève de cette catégorie. Un test rapide suffit à trancher : comptez le nombre de pays dans lesquels vous êtes immatriculé à la TVA. Au-delà de deux, la discussion vaut la peine. En dessous, cherchez ailleurs.
Le diagnostic classe trois solutions selon votre taille, vos pays et votre volume de factures.
Questions fréquentes
Marosa est-elle vraiment une plateforme agréée par la DGFiP ?
Oui. Marosa figure sur la liste officielle des plateformes agréées, via sa solution VATify, depuis la première publication du 16 janvier 2026. Cette liste recense en effet les plateformes ayant satisfait aux exigences réglementaires et aux tests d’interopérabilité. Elle se consulte sur impots.gouv.fr et s’enrichit régulièrement.
Combien coûte Marosa ?
L’éditeur ne communique aucune grille tarifaire publique. Le prix se construit sur devis, selon le nombre d’entités juridiques, de pays couverts et de flux traités. Trois modèles coexistent par ailleurs : service entièrement délégué, licence SaaS en autonomie, ou combinaison des deux. Une démonstration précède systématiquement la proposition.
Marosa convient-elle à une micro-entreprise ou à une TPE ?
Non, et l’éditeur ne le prétend pas. Aucune offre d’entrée de gamme, aucun essai gratuit et aucune interface en français ne sont proposés. Pour une petite structure française, une solution de facturation avec palier gratuit ou abonnement mensuel couvre la même obligation à un coût sans commune mesure.
Le rachat par Wolters Kluwer change-t-il quelque chose ?
L’acquisition a été annoncée le 4 août 2026, pour 112 millions d’euros. À court terme, l’agrément et le service restent en place. À moyen terme, l’intégration dans la division fiscale de Wolters Kluwer peut faire évoluer le produit, le support et les conditions contractuelles. Posez la question avant de signer.
Marosa gère-t-elle le e-reporting et le format Factur-X ?
Oui. Le statut de plateforme agréée impose la prise en charge de Factur-X, UBL et CII. Il impose aussi la transmission des données de transaction et de paiement à l’administration. Marosa y ajoute le reporting en temps réel appliqué à d’autres pays européens, ce qui reste son vrai différenciant.