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InfoCert facture électronique : avis sur la PA italienne de Tinexta

publié le 02/07/2026· mis à jour le 29/05/2026· 13 min de lecture

Sur la liste des plateformes agréées par la DGFiP, InfoCert (Tinexta) coche une case rare : c’est l’un des seuls **opérateurs européens non français** à avoir validé l’immatriculation définitive. Derrière la marque, un groupe italien coté à Milan, **plus de 25 ans dans les services de confiance numérique**, présent dans plus de 20 pays, qui pèse 64 millions de factures dématérialisées par an. En France, l’offre arrive via **CertEurope**, sa filiale locale, sous le nom Legalinvoice.

Le positionnement détonne dans le paysage des PA tricolores. Là où Pennylane, Indy ou Tiime visent l’entrepreneur français qui veut un outil clé en main, InfoCert vend autre chose : une **brique d’infrastructure** multi-pays, adossée à un statut européen de Qualified Trust Service Provider eIDAS. Pour comprendre où la solution se situe vraiment, autant la regarder en regard du guide officiel des plateformes agréées plutôt qu’en silo.

Cible privilégiée : ETI internationales, groupes multi-entités, directions financières qui jonglent déjà avec plusieurs pays sous obligation de e-invoicing (Italie, Pologne, Belgique, Allemagne, France). Pour le freelance ou la TPE française mono-pays, le rapport coût-bénéfice se discute autrement.

InfoCert · Tinexta Group
64 M factures dématérialisées par an
Volume traité en 2023 par la plateforme, qui revendique 5 000+ entreprises clientes dans la banque, la pharma, les télécoms, l’assurance et les services publics européens.

Qui se cache derrière InfoCert sur le marché français

La question revient à chaque appel d’offres : InfoCert vend en France, mais qui signe le contrat ? Le groupe est italien, basé à Rome, coté en Bourse via sa maison-mère Tinexta. Pour opérer sur le sol français, il s’appuie sur CertEurope, filiale française rachetée et intégrée dans le groupe en 2022. C’est cette filiale qui porte la commercialisation, le support client en français, et la facturation des entreprises hexagonales.

Tinexta, CertEurope, Legalinvoice : trois marques, une seule plateforme

L’éclatement des marques perturbe au premier contact. **Tinexta S.p.A.** est la holding cotée. **InfoCert** est la filiale opérationnelle qui porte le statut de Qualified Trust Service Provider eIDAS. **CertEurope** est le canal français, historiquement spécialisé dans les certificats électroniques pour les marchés publics et les greffes. **Legalinvoice** est le produit, décliné en versions Hub (grands comptes) et Start (TPE/PME).

Conséquence pratique : sur la liste DGFiP, l’immatriculation est portée par InfoCert (entité italienne), mais le commercial en face de vous parlera de Legalinvoice et signera sous CertEurope. Aucun risque réglementaire, c’est le fonctionnement normal d’un groupe multi-pays sous régulation eIDAS, mais il faut le savoir pour ne pas s’inquiéter au moment du contrat.

Le seul opérateur français à statut QTSP européen

Sur les 134 plateformes immatriculées définitivement à date, la plupart sont des éditeurs comptables ou de facturation français (Indy, Pennylane, Sage, Cegid…). InfoCert appartient à une catégorie différente : celle des **tiers de confiance qualifiés au sens du règlement eIDAS UE 910/2014**, avec capacité native à émettre des signatures électroniques qualifiées, des cachets serveurs et des horodatages à valeur probante européenne.

Concrètement, cela veut dire qu’une facture passée par Legalinvoice peut être signée électroniquement par un certificat qualifié au sens eIDAS, archivée pendant 10 ans avec preuve d’intégrité opposable dans toute l’Union, et transmise via Peppol vers n’importe quelle juridiction européenne sans intermédiaire supplémentaire. C’est un avantage différenciant pour les groupes qui facturent au-delà de la France.

Bon à savoir

InfoCert est certifié ISO/IEC 27001 (sécurité de l’information), ISO 9001 (qualité) et SOC 2 Type II. Le groupe gère **1,7 milliard de signatures électroniques** par an, ce qui en fait l’un des plus gros volumes européens dans le digital trust.

L’offre Legalinvoice en pratique

Legalinvoice se décline en deux briques distinctes, ce qui couvre théoriquement tout le marché mais demande de bien identifier laquelle correspond à votre besoin. La frontière entre les deux n’est jamais évoquée publiquement avec des seuils chiffrés, donc autant la poser clairement avant de demander un devis.

Legalinvoice Start : la version TPE/PME

Solution cloud accessible, prévue pour des entreprises mono-entité, avec un volume de factures limité et des besoins comptables standards. Elle gère l’émission, la réception, la conversion au format Factur-X ou UBL, la transmission via Peppol vers le réseau national, et l’archivage probant. Le ticket d’entrée n’est pas affiché publiquement, mais reste calé sur les standards du marché français des PA généralistes, soit quelques dizaines d’euros par mois et par utilisateur.

Pour un freelance ou une micro-entreprise française qui veut juste cocher la case conformité au 1ᵉʳ septembre 2026, Start fait le travail, mais ne se démarque pas du peloton. Les offres françaises comme la PA Indy intégrée au logiciel comptable ou l’écosystème Tiime axé compte pro proposent des bundles plus complets à prix similaire.

Legalinvoice Hub : l’outil multi-pays multi-entités

C’est là que la valeur d’InfoCert se concrétise vraiment. Hub est une plateforme d’orchestration pensée pour des groupes qui doivent gérer simultanément les obligations e-invoicing italiennes (SDI), françaises (PPF/PA), polonaises (KSeF), belges (Mercurius), allemandes (E-Rechnung), et basculer entre formats normés selon le pays destinataire. La même plateforme route, signe, convertit et archive selon la règle locale.

Hub se connecte aux ERP majeurs (SAP, Oracle, Microsoft Dynamics, NetSuite) via API et EDI, embarque un module de sécurité dédié à l’analyse des pièces jointes entrantes (en partenariat avec Yoroi pour la détection de malware), et propose des portails fournisseurs et clients personnalisés. Sa tarification se fait exclusivement sur devis, en fonction du volume annuel de factures, du nombre d’entités juridiques et des intégrations souhaitées.

Legalinvoice Start

TPE, PME mono-entité, besoins basiques.
Sur devis/ mois
Émission, réception, Factur-X/UBL/CII, Peppol, archivage probant. Conforme à la réforme mais sans compta intégrée, peu différenciante face aux PA françaises tout-en-un.
VolumeFaible-moyen
Complexité SIStandard

PA française tout-en-un

Alternative pour TPE/PME mono-pays.
0-30 €/ mois
Pennylane, Indy, Abby, Tiime, Axonaut. Compta intégrée, tarification publique, ergonomie pensée pour le dirigeant français.
VolumeFaible-moyen
Complexité SIFaible

Les briques de digital trust embarquées

L’argument différenciant tient au catalogue d’InfoCert au-delà de la facture. GoSign pour la signature électronique (simple, avancée, qualifiée), Trusted Onboarding Platform pour la KYC client, LegalDoc pour l’archivage probant certifié AgID et ACN, et la conformité native FranceConnect et FranceConnect+ depuis l’intégration de CertEurope en 2024. Tout cela peut s’activer modulairement dans Legalinvoice Hub.

Pour un cabinet d’expertise comptable qui veut centraliser les signatures de mandats, les onboardings clients, et la facturation, c’est un point d’appui solide. Pour une PME qui veut juste émettre ses factures, c’est de la surface inutilisée.

Forces réelles, limites assumées

La fiche commerciale InfoCert insiste sur l’expérience européenne et le statut QTSP. C’est vrai. Mais elle élude deux points qu’il faut intégrer avant de signer : la lisibilité tarifaire et l’ancrage marché français.

Ce qui fonctionne vraiment

Le socle technique est éprouvé. **64 millions de factures traitées par an**, **1,7 milliard de signatures**, présence opérationnelle dans plus de 20 pays européens, certifications ISO 27001 et SOC 2 Type II maintenues sous audit continu : InfoCert ne joue pas dans la même catégorie qu’un éditeur français qui découvre la facturation électronique. La plateforme tient la charge des grands volumes sans hoquet.

L’interopérabilité Peppol est native, pas plaquée par-dessus. InfoCert opère son propre Access Point européen depuis des années, ce qui simplifie le routage international et limite les intermédiaires. Pour un groupe qui facture en France, en Italie et en Allemagne avec un délai de mise en production court, c’est un gain de temps mesurable.

Ce qui demande des garanties

**Aucune tarification publique** sur le site français, ni sur Start ni sur Hub. Chaque devis se construit en projet, ce qui est cohérent pour Hub mais déroutant pour une PME qui veut comparer Start à Pennylane ou à Indy en cinq minutes. Le processus commercial passe par un formulaire de contact, puis un appel de qualification, puis une démo, puis le devis : compter 2 à 4 semaines avant d’avoir un chiffre.

La documentation française n’est pas toujours alignée avec la documentation italienne. Les pages produits de certeurope.fr renvoient parfois vers des contenus rédigés pour le marché italien (où l’obligation e-invoicing existe depuis 2019), ce qui peut générer une confusion sur le périmètre exact applicable en France. Demander systématiquement le contrat-cadre français en pièce jointe.

Attention
Vérifier l’entité contractante

Le contrat sera signé avec CertEurope S.A.S. (entité française) ou InfoCert S.p.A. (entité italienne) selon le périmètre du projet. La juridiction applicable et la TVA changent en conséquence. Demandez la version définitive du contrat avant signature et faites valider par votre direction juridique si le contrat est en italien ou en anglais.

À qui InfoCert s’adresse vraiment

La fiche officielle de Tinexta sur les comparateurs français est claire dans le sous-texte : Hub vise les ETI et les grands groupes, Start vise les TPE/PME en croissance. En pratique, le filtre est plus simple : combien de pays sous obligation e-invoicing, combien d’entités juridiques, et quel niveau d’intégration ERP est requis. Trois questions qui déterminent à elles seules si InfoCert a du sens pour vous.

Profils qui en tirent le maximum

Groupes multi-pays européens avec filiales en Italie, Pologne, Belgique, Allemagne, Espagne, qui veulent un seul prestataire pour orchestrer toutes les obligations e-invoicing nationales. Direction financière d’ETI qui doit centraliser plusieurs ERP (un par filiale) et harmoniser les flux entrants et sortants. Acteurs réglementés (banque, assurance, pharma, énergie) déjà clients d’InfoCert pour la signature qualifiée ou le KYC, qui ajoutent la facture à leur stack.

Cabinets d’expertise comptable internationaux gérant des portefeuilles multi-juridictions et qui veulent une plateforme unique pour leurs clients européens. Là, Hub apporte de la marge. Pour les EC français mono-juridiction, des solutions comme Pennylane positionnée sur le binôme dirigeant-comptable ou Dext sur la pré-comptabilité et l’OCR resteront plus pertinentes en termes de ROI.

Profils où le rapport coût-bénéfice se discute

Freelance, auto-entrepreneur, micro-entreprise française qui veut juste cocher la conformité 2026 : InfoCert Start n’apporte rien que Abby, Indy, Qonto ou Tiime ne fasse déjà gratuitement ou pour un tarif inférieur, avec compta intégrée en bonus. PME française mono-pays sans intégration ERP complexe : la valeur ajoutée d’InfoCert se trouve diluée dans une offre trop large pour le besoin.

Sociétés qui cherchent une PA gratuite ou très peu chère : InfoCert ne joue pas sur ce terrain. Les opérateurs français comme Axonaut, Sage, Obat pour le BTP ou N2F sur les notes de frais couvrent ces segments avec une tarification publique et lisible.

Concurrents et alternatives à étudier

Le marché des PA agréées DGFiP compte aujourd’hui plus de 134 opérateurs immatriculés. Selon votre profil, plusieurs alternatives à InfoCert méritent une comparaison côte à côte. Inutile de les balayer toutes, mais quelques segments précis ressortent quand on cherche un comparable à Tinexta.

Sur le segment ETI et grand compte international

Le concurrent direct le plus comparable est **Docaposte via SERES**, qui revendique 30 ans d’expérience sur la facture électronique et un positionnement souverain français équivalent. **Generix Group** joue aussi sur ce terrain avec une couverture européenne via Peppol. **Yooz** et **Esker** ciblent l’automatisation des comptes fournisseurs en plus de la PA. Fulll côté infrastructure cloud française peut aussi rentrer en lice pour des projets multi-entités sur périmètre franco-français.

Sur le segment TPE/PME et cabinet d’expertise comptable

Le terrain est saturé. **Pennylane** domine l’angle dirigeant-EC en France. Chaintrust se positionne sur les flux comptables automatisés, et Digipharmacie sur les pharmacies d’officine. **Sellsy** et **Evoliz** complètent le panorama sur la facturation client-fournisseur classique. Sur le couplage compte pro plus facture, Qonto reste un standard du marché. DARVA (Digital’Tech) garde son créneau sur l’assurance.

Le bon réflexe

Avant de signer avec n’importe quelle PA, demandez la date d’immatriculation définitive à la DGFiP (et non l’immatriculation sous réserve) et la liste des formats normés réellement supportés en production. Toutes les PA immatriculées ne sont pas équivalentes sur la maturité opérationnelle au 1ᵉʳ septembre 2026.

En résumé

Points forts d’InfoCert : statut QTSP eIDAS européen, couverture multi-pays native, brique digital trust intégrée (signature qualifiée, archivage probant, KYC), socle technique éprouvé à 64 millions de factures par an, certifications ISO 27001 et SOC 2 Type II.

Points faibles : aucune tarification publique, documentation française parfois alignée sur le marché italien, processus commercial long, valeur sous-utilisée pour un usage mono-pays mono-entité, écosystème de marques (Tinexta/InfoCert/CertEurope/Legalinvoice) qui demande un temps d’adaptation.

Si la facturation électronique est une obligation isolée pour vous, sans dimension internationale ni intégration ERP lourde, une PA française tout-en-un coûte moins cher et se déploie en quelques heures. Si elle est un projet de transformation digitale qui touche plusieurs pays, plusieurs entités et plusieurs systèmes, InfoCert mérite la short list.

Questions fréquentes

InfoCert est-il une PA française ou italienne ?

InfoCert S.p.A. est une société italienne basée à Rome, filiale du groupe coté Tinexta. Son immatriculation comme Plateforme Agréée par la DGFiP française est portée par cette entité italienne, ce qui est parfaitement légal dans le cadre du règlement européen eIDAS et de la libre prestation de services. En pratique, la commercialisation en France passe par **CertEurope**, filiale française du groupe rachetée en 2022, qui assure le support client en français et porte les contrats domestiques.

Quels formats de facture Legalinvoice supporte-t-il ?

Les trois formats normés exigés par la réforme française sont gérés : **Factur-X** (PDF hybride avec couche XML CII), **UBL** (Universal Business Language) et **CII** (Cross Industry Invoice). La plateforme accepte aussi les formats PDF lisibles non structurés pour la transition, et l’EDI personnalisé pour les flux ERP complexes via l’offre Hub. La conversion entre formats est automatique selon le canal de transmission choisi.

Quel est le prix de Legalinvoice en France ?

Aucune tarification publique n’est diffusée par CertEurope. Le prix est systématiquement établi sur devis, en fonction du nombre d’utilisateurs, du volume mensuel de factures, du nombre d’entités juridiques à connecter et des modules complémentaires activés (signature qualifiée, archivage, intégrations ERP). Compter un délai de 2 à 4 semaines entre la demande initiale et la réception d’un devis ferme.

Faut-il être client CertEurope pour utiliser Legalinvoice ?

Non. Legalinvoice peut s’acheter en standalone sans être déjà équipé d’un certificat de signature électronique CertEurope ou d’une solution GoSign. Cela dit, les clients existants bénéficient d’une intégration native plus rapide et d’une seule entrée de support. Si vous avez déjà un parc de certificats Certigreffe pour vos appels d’offres publics, l’écosystème Tinexta devient plus cohérent que de gérer deux prestataires séparés.

Legalinvoice est-elle connectée au Portail Public de Facturation et à Peppol ?

Oui sur les deux. La plateforme est connectée au PPF (Portail Public de Facturation géré par l’AIFE) pour les flux nationaux français, et opère son propre Access Point Peppol pour le routage européen et international. Cela permet d’émettre et de recevoir des factures vers et depuis n’importe quelle entreprise européenne disposant elle aussi d’une connexion Peppol, sans passer par un intermédiaire supplémentaire, ce qui est un avantage opérationnel pour les groupes multi-pays.

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