Édition 2026 · veille active Mise à jour : 21 mai 2026
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Tout savoir sur la e-facture pour les professions libérales

L’exonération de TVA n’a jamais protégé un médecin de la facture électronique. Le droit fiscal distingue deux statuts presque jumeaux : assujetti et redevable. Un libéral qui ne facture aucune TVA reste assujetti dès qu’il exerce une activité économique indépendante, et ce simple statut suffit à le placer dans le périmètre de la réforme. C’est la confusion qui désarme la plupart des cabinets.

Concrètement, les 1,5 million de professionnels libéraux français doivent désormais distinguer trois catégories de flux selon le profil de leur clientèle. Cette typologie commande tout : la nature des obligations par taille et statut d’entreprise, le choix de la plateforme agréée, et même la possibilité d’un basculement comptable involontaire vers la déclaration 2035.

L’enjeu n’est pas seulement réglementaire. Le secret professionnel des avocats, l’archivage à valeur probante des notaires, la cohabitation entre Sésam-Vitale et plateforme agréée pour les soignants : autant de zones grises que la DGFiP a dû arbitrer cas par cas. Les règles existent. Elles sont parfois contre-intuitives.

DGFiP · Réforme facturation électronique
1,5 M de professionnels libéraux concernés
Avocats, médecins, architectes, experts-comptables, infirmiers, kinésithérapeutes, psychologues et notaires sont tous assujettis à la TVA. Donc tous dans le périmètre de la réforme, y compris ceux qui n’en facturent jamais.

Pourquoi vous êtes concerné, même exonéré de TVA

La réforme repose sur deux critères cumulatifs : disposer d’un numéro SIREN et exercer une activité économique de manière indépendante. Le régime de TVA n’entre nulle part dans cette définition. Un médecin conventionné, un psychologue en franchise et un consultant assujetti relèvent du même périmètre, avec des obligations différentes selon la nature de leurs flux.

Assujetti contre redevable, la nuance qui change tout

Dans le langage courant, ces deux termes se confondent. Le code général des impôts les sépare nettement. L’assujetti est celui qui exerce une activité économique indépendante. Le redevable est celui qui collecte effectivement la TVA pour la reverser à l’État. Un médecin dont les actes thérapeutiques relèvent de l’article 261-4-1° du CGI est assujetti, mais non-redevable.

Cette distinction, en apparence technique, conditionne directement votre obligation de facture électronique. Elle vous classe automatiquement parmi les destinataires de la réforme, dès le 1er septembre 2026 pour la réception. Aucune exemption n’est prévue pour les activités exonérées de TVA en vertu des articles 261 à 261 E.

Bon à savoir

Article 256 A du CGI : est assujetti toute personne qui exerce, de manière indépendante, une activité économique. Le statut juridique (entreprise individuelle, SELARL, SCM, EURL) et le régime fiscal (micro-BNC, déclaration 2035) n’ont aucune incidence.

L’effet pratique est simple : votre fournisseur de matériel, votre éditeur de logiciel, votre bailleur professionnel ne pourront plus vous adresser une facture papier ou un PDF par mail. La nuance vaut surtout pour distinguer votre cas de celui des structures réellement non assujetties à la TVA, comme les holdings purement patrimoniales, qui restent hors du champ de la réforme.

Calendrier 2026-2027 appliqué aux libéraux

Le calendrier officiel publié par la DGFiP distingue deux étapes. Le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties doivent être en capacité de recevoir des factures électroniques. Cette obligation est universelle. Aucun libéral n’y échappe, quelle que soit sa taille ou son chiffre d’affaires.

Le 1er septembre 2027, l’obligation s’étend à l’émission, mais uniquement pour les opérations effectivement soumises à TVA. Les grandes entreprises et ETI émettent dès septembre 2026, ce qui ne concerne presque aucun cabinet libéral indépendant. La quasi-totalité des libéraux relève donc de la deuxième vague.

Ce décalage d’un an entre réception et émission est souvent mal compris. Vous pouvez parfaitement recevoir une facture structurée de votre éditeur de logiciel dès l’automne 2026 sans émettre vous-même la moindre facture conforme. La cohérence des seuils GE / ETI / PME explique cette progression : on bascule d’abord les structures les plus outillées.

Attention

Le décalage à 2027 ne s’applique qu’à l’émission. La réception devient obligatoire dès le 1er septembre 2026, sans tolérance ni exemption. Un cabinet qui ne peut pas recevoir les factures de ses fournisseurs entre en infraction de fait, même sans émettre lui-même.

B2B, B2C, exonéré : trois profils, trois flux

La typologie classique d’une activité libérale combine des honoraires versés par des particuliers et, plus rarement, des prestations facturées à des entreprises. La réforme traite ces deux types de flux séparément. Selon votre dosage entre B2B et B2C, et selon le statut TVA de vos prestations, vous relevez de l’e-invoicing, du e-reporting, ou des deux à la fois.

100 %
B2B
e-invoicing structuré
B2B+B2C
Mixte
e-invoicing et e-reporting
B2C
Exonéré
Réception seule
Mixte
Soin et activité TVA
Les trois flux

Le libéral 100 % B2B (consultant, formateur, expert)

Les consultants, formateurs indépendants, experts judiciaires et conseillers spécialisés facturent presque exclusivement à des entreprises clientes. Pour eux, la réforme se traduit par une seule obligation : transmettre toutes leurs factures via une plateforme agréée, dans un format structuré (Factur-X, UBL ou CII). Le PDF par e-mail disparaît.

L’opération devient quasi-mécanique. Le consultant établit sa facture dans son outil habituel, qui la convertit en flux structuré et la dépose sur la plateforme. La plateforme contrôle les mentions obligatoires, identifie le client par son SIREN dans l’annuaire DGFiP, et la transmet à la plateforme du destinataire. Le client reçoit la facture sans intervention humaine.

Ce profil est le plus simple à équiper. Une auto-entreprise libérale en franchise de base trouve plusieurs solutions gratuites compatibles, à condition que le volume reste raisonnable. Le seul piège tient à la qualité de la base clients : un SIREN incorrect ou absent bloque la transmission. Le nettoyage de votre fichier en amont vaut presque autant que le choix du logiciel.

Le libéral mixte (avocat, architecte, expert-comptable)

Les professions à double clientèle facturent à la fois des entreprises et des particuliers. Un avocat plaide pour une PME, conseille une succession pour des héritiers privés. Un architecte signe des marchés publics et des extensions de maison. Un expert-comptable accompagne des sociétés et déclare l’IR de quelques particuliers. Pour ces profils, la réforme impose deux flux parallèles.

Côté entreprises, l’e-invoicing structuré s’applique sans nuance : facture électronique normée via plateforme agréée, contrôle automatique des mentions, transmission au client. Côté particuliers, le e-reporting prend le relais. Le professionnel continue d’établir une facture classique au format de son choix, mais sa plateforme agréée transmet périodiquement à la DGFiP les données agrégées des transactions B2C : montants, TVA collectée, date.

Le rythme de transmission dépend du régime de TVA. Un assujetti au régime réel normal transmet toutes les semaines. Un libéral en franchise en base ou au régime simplifié transmet mensuellement. Pour un cabinet d’expertise, l’enjeu pratique consiste surtout à isoler proprement le B2B du B2C dès la saisie de la facture, pour que le logiciel oriente automatiquement les flux. Un mauvais paramétrage et tout part en e-reporting, ce qui prive le client professionnel de sa facture conforme.

Le libéral B2C avec actes exonérés (médecin, kiné, psy)

Les professions de santé concentrent toutes les exceptions. Leurs actes thérapeutiques relevant de l’article 261-4-1° du CGI sont exonérés de TVA, et donc, selon la doctrine de la DGFiP, hors champ du e-invoicing comme du e-reporting. Le médecin conventionné, le kinésithérapeute, l’infirmier libéral, le psychologue, la sage-femme : aucun n’a à transmettre de données pour ses consultations remboursées.

Mais l’exonération s’arrête à la frontière des soins thérapeutiques. Trois cas réintroduisent la réforme dans le quotidien d’un cabinet santé. D’abord, les prestations hors nomenclature ou non remboursées (acte esthétique, expertise médicale judiciaire, certificat facturé à un employeur) sont soumises à la TVA et donc à l’e-invoicing standard si le client est une entreprise.

Ensuite, la facturation au tiers payant CPAM et aux mutuelles est qualifiée par la DGFiP de transaction B2B. Vos demandes de remboursement électroniques ne disparaissent pas, mais leur formalisme évolue. Votre éditeur Sésam-Vitale doit faire dialoguer le flux feuille de soins (FSE) historique avec le flux e-invoicing nouveau. Cette cohabitation est l’angle que la plupart des cabinets sous-estiment.

Enfin, la réception reste obligatoire pour tous, sans exception. Votre fournisseur de consommables, votre expert-comptable, votre bailleur émettront leurs factures via plateforme agréée dès septembre 2026. À cette date, votre cabinet doit être prêt à les recevoir.

Les angles morts spécifiques aux libéraux

Au-delà des trois grands profils, deux situations propres aux professions libérales méritent une lecture attentive. Les rétrocessions à un remplaçant ou un collaborateur introduisent une transaction B2B inattendue, souvent oubliée. Le secret professionnel des avocats, médecins, notaires impose des arbitrages qui ont fait l’objet d’aménagements spécifiques dans la norme AFNOR.

Rétrocessions et collaboration : du B2B qui s’ignore

Une rétrocession d’honoraires entre un titulaire et son remplaçant ou collaborateur est juridiquement une prestation de services entre deux professionnels assujettis. Pour la DGFiP, c’est une transaction B2B classique, soumise à l’e-invoicing à compter de l’entrée dans le calendrier d’émission. Beaucoup de cabinets l’ignorent, tant le règlement entre confrères s’est traditionnellement fait sur facture papier ou simple bordereau.

Le sujet touche en priorité les médecins remplacés pendant un congé, les avocats rétrocédant à leur collaborateur, les architectes sous-traitant des plans, les kinésithérapeutes recourant à un confrère pour une vacation. Dans tous ces cas, le titulaire doit émettre ou recevoir une facture structurée via sa plateforme agréée.

L’enjeu pratique est double. D’un côté, l’identification du collaborateur dans l’annuaire DGFiP devient indispensable. Sans son SIREN à jour, la facture ne passe pas. De l’autre, les conventions de remplacement ou de collaboration doivent prévoir explicitement le canal de facturation, sous peine de litige sur le moment du règlement. Les clauses traditionnelles se contentaient souvent de mentionner « remise contre quittance », ce qui suffisait quand la facture papier circulait. Le formalisme nouveau impose une mise à jour des modèles.

Secret professionnel et données transmises

La crainte est légitime : que sait l’administration fiscale du contenu d’une facture d’avocat ? Le Conseil national des barreaux a posé la question à la DGFiP dès 2024. La réponse, intégrée dans la norme AFNOR encadrant les flux, autorise une mention générique sur la ligne transmise à l’administration.

Concrètement, un avocat peut indiquer « prestation de services juridiques » dans la donnée structurée envoyée à la DGFiP, et conserver le détail réel (nom du dossier, nature de l’affaire) sur la facture qui parvient à son client. Le secret professionnel reste opposable. La DGFiP ne reçoit que le montant, la date, le SIREN du client, et la nature générique de la prestation.

L’administration ne récupère que la mention générique. Le détail du dossier reste entre l’avocat et son client.

Norme AFNOR, cas n°36 sur le secret professionnel

Le dispositif s’étend aux médecins pour leurs prestations soumises à TVA, aux notaires pour leurs honoraires de conseil, aux experts judiciaires. Le secret médical, le secret notarial, le secret du cabinet d’expertise restent intacts. Les ordres professionnels ont par ailleurs négocié des certifications complémentaires (hébergement SecNumCloud, mode « professions réglementées ») avec plusieurs plateformes. Renseignez-vous auprès de votre ordre avant de signer : certains barreaux recommandent explicitement une short-list.

Régime fiscal : ce que la PA peut bouger sans prévenir

Le choix d’une plateforme agréée déborde largement le cadre de la facturation. Pour un libéral en BNC, certaines plateformes intègrent nativement la production des déclarations fiscales 2035 ou 2042-C-PRO. Ce qui ressemble à un confort peut, dans certains cas, déclencher un changement de régime fiscal involontaire.

Micro-BNC : votre livre des recettes change de forme

Les libéraux en micro-BNC (recettes inférieures à 77 700 € HT en 2024) bénéficient d’une comptabilité allégée : tenue d’un livre des recettes, abattement forfaitaire de 34 %, déclaration sur la 2042-C-PRO sans liasse fiscale. La plateforme agréée n’impose aucun changement de fond. Vos recettes B2C continuent d’alimenter le livre selon leur date d’encaissement.

Ce qui change en pratique, c’est la forme. Le livre des recettes papier ou tableur peut désormais être généré automatiquement par la plateforme à partir des flux e-reporting. Plusieurs solutions adaptées à la micro-entreprise proposent ce service sans surcoût. La cohérence entre vos données transmises à la DGFiP et votre déclaration finale s’en trouve renforcée, ce qui limite mécaniquement le risque d’écart en cas de contrôle.

Déclaration contrôlée 2035 : flux natif

Pour les libéraux à la déclaration contrôlée, soit par option, soit par franchissement du seuil, la plateforme agréée peut s’intégrer directement à votre logiciel comptable. Plusieurs PA gèrent à la fois la facturation, la comptabilité créances-dettes et la production de la 2035 pré-remplie.

L’effet mécanique mérite attention. Un libéral resté en micro-BNC par habitude, mais dont les charges réelles dépassent 34 %, découvre en optant pour une plateforme intégrée que la déclaration 2035 produit un résultat fiscal nettement plus favorable. La bascule ne se fait pas automatiquement. Elle nécessite une option formelle déposée auprès du SIE avant la date limite de dépôt de la déclaration. La plateforme ne fera pas le choix à votre place, mais elle mettra le calcul sous vos yeux.

Le bon réflexe

Avant de souscrire à une plateforme agréée payante, faites tourner votre comptabilité 2025 dans les deux régimes. La déclaration 2035 économise souvent 1 500 à 4 000 € d’impôt par rapport au micro-BNC pour un libéral établi avec frais de cabinet, déplacements et cotisations.

Sanctions durcies et plan de mise en conformité

La loi de finances 2026 a relevé toutes les amendes initialement prévues. Les premiers manquements seront tolérés selon une clause de bienveillance, mais la dissuasion devient réelle pour les cabinets qui n’auraient rien anticipé. Trois actions concrètes suffisent à se mettre en règle avant l’échéance de réception.

Les amendes telles que prévues fin 2026

Le défaut d’émission d’une facture électronique conforme expose désormais à 50 € d’amende par facture, contre 15 € auparavant. Le plafond annuel reste fixé à 15 000 €. Le défaut de transmission des données de e-reporting passe quant à lui de 250 € à 500 € par transmission manquante, plafonné lui aussi à 15 000 € sur l’année civile.

Le double plafonnement à 15 000 € peut concentrer une exposition annuelle théorique de 30 000 €. Les nouvelles dispositions ajoutent un mécanisme de mise en demeure progressive : si l’infraction persiste trois mois après la première sanction, une nouvelle amende de 1 000 € s’applique, reconductible tous les trois mois jusqu’à mise en conformité. Une clause d’exonération préserve la première infraction sur quatre années glissantes, à condition de régulariser dans les trente jours suivant la demande de l’administration. La tolérance existe. Elle ne dispense pas d’agir.

Attention

Les sanctions intégrées dans la loi de finances 2026 ont triplé sur l’e-invoicing (50 € par facture) et doublé sur l’e-reporting (500 € par transmission). Les plafonds combinés peuvent atteindre 30 000 € par an pour un cabinet en infraction sur les deux volets.

Trois actions avant septembre 2026

La première action consiste à inscrire votre cabinet à l’annuaire national de la facturation électronique, lancé le 18 septembre 2025 et hébergé par l’AIFE. Cette inscription se fait via votre future plateforme agréée, qui agit comme guichet unique. Sans inscription, vos fournisseurs ne pourront pas vous adresser leurs factures électroniques.

La deuxième action porte sur le choix de la plateforme. La DGFiP recense plus de cent plateformes agréées au printemps 2026, dont une partie spécialisées par segment. Pour un libéral, trois critères dominent : la conformité au calendrier (toutes les PA agréées le sont), l’intégration avec votre logiciel métier ou comptable, et la politique de confidentialité si vous exercez une profession réglementée.

La troisième action engage votre comptabilité. Demandez à votre cabinet comptable ou à votre association de gestion agréée de tester un cycle complet sur une facture B2B et une transmission e-reporting avant l’été 2026. Les premiers tests révèlent souvent des erreurs de paramétrage (SIREN absent, taux de TVA mal appliqué, mention générique mal positionnée) qu’il vaut mieux corriger en condition réelle.

En résumé

Réception obligatoire pour tous : dès le 1er septembre 2026, sans exception, y compris pour les médecins, kinés, psychologues exonérés de TVA.

Émission selon le profil : e-invoicing structuré pour les flux B2B (consultants, expertises, rétrocessions), e-reporting agrégé pour les flux B2C, hors champ pour les actes thérapeutiques exonérés.

Trois actions à boucler : inscription à l’annuaire AIFE, choix d’une plateforme agréée, test d’un cycle complet avec votre cabinet comptable avant l’été 2026.

Questions fréquentes

Si je fais uniquement du B2C, dois-je acheter une plateforme agréée ?

Oui pour la réception, presque non pour l’émission. Tout libéral assujetti doit pouvoir recevoir des factures électroniques dès septembre 2026, ce qui impose une plateforme agréée. Pour l’émission, si toute votre activité relève du B2C non exonéré, vous restez sur des factures classiques (PDF, papier) et votre plateforme transmet seulement les données agrégées en e-reporting. Si vos actes sont exonérés (médecin, kiné), aucune transmission d’émission n’est due. Plusieurs PA proposent une offre gratuite couvrant ce besoin minimal.

Mon logiciel Sésam-Vitale couvre-t-il l’obligation 2026 ?

Pas en l’état actuel. Sésam-Vitale gère le flux feuille de soins électronique vers la CPAM, antérieur à la réforme et qui n’utilise pas le format Factur-X ou UBL. Votre éditeur doit ajouter une brique e-invoicing au-dessus du flux FSE pour les transactions B2B avec mutuelles, et une brique réception pour les factures fournisseurs. Cegedim, AxiSanté, Crossway, MEG et la plupart des grands éditeurs ont publié leurs feuilles de route. Vérifiez auprès du vôtre la date de mise à disposition réelle, car les retards d’éditeurs sont possibles.

Les rétrocessions à mon remplaçant sont-elles concernées ?

Oui, dès l’entrée dans le calendrier d’émission, soit le 1er septembre 2027 pour les libéraux. Une rétrocession d’honoraires est juridiquement une prestation de services B2B entre deux professionnels assujettis, soumise à l’e-invoicing structuré. Le titulaire et le remplaçant doivent être inscrits à l’annuaire DGFiP et utiliser chacun une plateforme agréée. Mettez à jour votre convention de remplacement ou de collaboration en conséquence : précisez le canal de facturation, le SIREN, et la cadence de règlement pour éviter tout litige sur le formalisme.

Mon avocat doit-il transmettre le détail de ses dossiers ?

Non. La norme AFNOR encadrant les flux autorise une mention générique sur la ligne transmise à l’administration. Un avocat peut écrire « prestation de services juridiques » dans la donnée structurée envoyée à la DGFiP et conserver le détail de l’affaire (nom du client, nature du dossier) sur la facture qui parvient au client. Le secret professionnel reste pleinement opposable. Le Conseil national des barreaux recommande aux confrères de privilégier les plateformes proposant un mode « professions réglementées » certifié SecNumCloud avec hébergement en France.

Suis-je obligé de basculer en 2035 à cause de la facture électronique ?

Non. Le régime fiscal et la facture électronique sont indépendants. Vous pouvez rester en micro-BNC en utilisant une plateforme agréée gratuite, qui se contentera de remplir votre livre des recettes et de transmettre les données B2C en e-reporting. Le passage à la déclaration 2035 ne devient avantageux que si vos charges réelles dépassent l’abattement forfaitaire de 34 %. Le choix d’une plateforme intégrée peut révéler cet écart dans votre tableau de bord, mais ne déclenche aucune bascule automatique. L’option reste à votre initiative et doit être formalisée auprès du SIE.