Depuis le 30 juillet 2026, le module officiel eInvoicing se télécharge gratuitement sur le DoliStore. Dolibarr peut donc émettre et recevoir des factures électroniques conformes à la réforme française. La nuance qui change tout tient en une phrase : Dolibarr n’est pas une plateforme agréée, et n’a pas vocation à le devenir.
La conformité repose en effet sur un trépied. D’abord le module eInvoicing, qui génère et transmet les fichiers structurés. Ensuite une plateforme agréée externe, qui assure le transport réglementaire. Enfin des données d’entreprise assez propres pour passer les contrôles. Retirez un des trois étages, et l’ensemble s’effondre, quelle que soit la version de Dolibarr installée.
Le calendrier ne laisse plus de marge : au 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA devra recevoir ses factures fournisseurs par ce canal, micro-entreprises comprises. Il reste donc trente jours pour installer le module, ouvrir un compte sur une plateforme et fiabiliser les fiches clients. Or versions, formats et flux de caisse n’affichent pas tous le même niveau de maturité.
Le module eInvoicing 1.0.3, publié le 30 juillet 2026 par l’Association Dolibarr, est gratuit sur le DoliStore. La fiche précise : aucune assistance prévue.
Le diagnostic vous situe en deux minutes et vous sort trois plateformes classées.
Dolibarr est-il compatible avec la facture électronique ?
La question recouvre deux réalités distinctes : la compatibilité technique du logiciel et le statut réglementaire de plateforme. Dolibarr coche la première case, pas la seconde. Le tableau ci-dessous condense l’état exact au 2 août 2026, le détail suit ensuite.
| Question | Réponse |
|---|---|
| Dolibarr est-il une plateforme agréée ? | Non |
| Peut-il émettre et recevoir en conforme ? | Oui, via le module et une PA |
| Le module est-il disponible ? | Oui, depuis le 30 juillet 2026 |
| Le module est-il payant ? | Non, gratuit sur le DoliStore |
| La conformité complète est-elle gratuite ? | Non : PA, migration, assistance en sus |
| Quelles versions sont conseillées ? | Dolibarr 21, 22 ou 23 |
| Quel format privilégier ? | CII, recommandé par la documentation |
| E-reporting des caisses couvert ? | Pas encore, annoncé pour 2027 |
Concrètement, l’administration fiscale impose que chaque facture B2B transite par une plateforme agréée, directement ou par l’intermédiaire d’un logiciel compatible. Dolibarr appartient à la seconde catégorie : il joue le rôle d’opérateur de dématérialisation. Il prépare la facture au bon format, la pousse vers la plateforme, puis suit son parcours.
Compatible ne veut pas dire agréé. Dolibarr prépare et pilote, la plateforme agréée transporte et déclare au fisc. Aucune installation, même en version 24, ne dispense d’un contrat avec une PA.
Plus de 140 plateformes ont obtenu l’agrément de l’administration à ce jour. Dolibarr n’y figure pas, et n’a aucune raison d’y figurer : un ERP open source auto-hébergé ne peut pas porter les obligations d’immatriculation, d’audit et de transmission fiscale qui pèsent sur les plateformes. Le montage conforme associe donc toujours le logiciel et un opérateur agréé.
Ce qui a changé le 30 juillet 2026
Jusqu’à cet été, le connecteur n’existait que sous forme de projet communautaire sur GitHub, réservé à ceux qui savaient cloner un dépôt et déployer un dossier dans /custom. Cette période est close. Le module est désormais un paquet installable comme n’importe quelle extension.
Le périmètre fonctionnel couvre tout le cycle. Le module génère la facture électronique automatiquement à la validation, ou manuellement à la demande. Il la transmet ensuite à la plateforme agréée par API, puis récupère en sens inverse les factures fournisseurs déposées chez cette même plateforme. L’authentification, le renouvellement des jetons et la traçabilité des échanges sont gérés nativement.
Deux réserves méritent toutefois d’être posées. Le statut affiché reste expérimental : l’éditeur est la communauté Dolibarr, pas une société commerciale, et le périmètre se limite pour l’instant à la France et à certaines plateformes. Les fonctions s’élargiront au rythme des évolutions réglementaires et des intégrations disponibles.
Par ailleurs, la gratuité s’arrête au téléchargement. La fiche du DoliStore l’écrit sans détour : aucune assistance prévue. En cas de blocage, restent le forum communautaire, le wiki et le réseau des intégrateurs, dont les prestations se facturent. Un module gratuit dans un projet qui ne l’est pas : voilà le cadre honnête.
Comment fonctionne réellement le circuit Dolibarr → PA → client ?
Dire qu’il faut choisir une plateforme ne décrit rien. Le circuit réel mobilise quatre acteurs : votre Dolibarr, votre plateforme agréée, celle de votre client, et l’annuaire central qui les relie. Chaque facture parcourt ce chemin en sept temps, avec des retours de statut à chaque étape.
Tout part de Dolibarr : la facture y est créée puis validée, comme aujourd’hui. Le module génère alors le fichier structuré, automatiquement si l’option est activée. Troisième temps, Dolibarr transmet ce fichier par API à la plateforme de l’émetteur, qui contrôle sa conformité. Un code 200 confirme le départ, un code 213 signale un rejet à corriger.
La suite échappe au logiciel. La plateforme interroge l’annuaire pour identifier l’adresse électronique du destinataire, puis achemine la facture vers la plateforme du client. Celui-ci la récupère dans son propre outil de gestion. Enfin, les statuts de traitement remontent le chemin inverse jusqu’à Dolibarr : mise à disposition, prise en charge, approbation ou refus.
La répartition des rôles devient limpide. Dolibarr reste le logiciel de gestion : devis, factures, comptabilité, relances. La plateforme agréée porte le transport réglementaire et les transmissions fiscales. Présenter Dolibarr comme une solution de facture électronique tout-en-un serait donc inexact : c’est un maillon, solide, d’une chaîne à deux opérateurs.
Côté plateformes, le module en intègre deux à ce jour. SuperPDP s’ouvre en direct : création de compte en ligne, identifiants client à coller dans Dolibarr, test de connexion intégré. EsaLink et sa plateforme Hubtimize passent uniquement par un distributeur adhérent à l’association PDP Libre, qui mutualise les volumes pour négocier les tarifs. D’autres connecteurs sont annoncés.
Quelle version de Dolibarr faut-il utiliser ?
La réponse varie selon la source consultée, et cette variation n’est pas un détail. Trois documents officiels donnent trois périmètres différents. La matrice ci-dessous synthétise la lecture prudente qui les réconcilie.
| Version | Situation |
|---|---|
| Avant Dolibarr 18 | Migration à prévoir |
| Dolibarr 18 à 20 | Module installable, environnement à auditer |
| Dolibarr 21 à 23 | Versions recommandées, format CII |
| Dolibarr 24 | Requise pour le format Factur-X |
Dans le détail, la fiche du DoliStore annonce une compatibilité du paquet de la version 17 à la version 24. La page officielle de Dolibarr fixe pourtant un minimum en version 18 avec PHP 7.2, et recommande les versions 21, 22 ou 23. La documentation fonctionnelle ajoute une troisième couche : le format CII n’est disponible qu’à partir de Dolibarr 21, et Factur-X seulement à partir de la 24.
La compatibilité d’installation ne signifie pas que toutes les versions offrent les mêmes formats et fonctions. Un module qui s’installe sur Dolibarr 18 n’y produit pas ce qu’il produit sur une 21 ou une 24.
La lecture pratique s’en déduit. Avant la 18, la migration est le préalable à tout. Entre 18 et 20, l’installation passe, mais l’environnement mérite un audit : PHP, modules tiers, développements maison. De 21 à 23, vous êtes dans la zone documentée et recommandée, avec le CII disponible. La 24 ne s’impose que si un client exige du Factur-X.
Migrer a un coût, en journées comme en tests de non-régression. C’est pourquoi viser la fourchette 21 à 23 plutôt que la toute dernière version reste, à cette date, le choix aligné sur la documentation. La conformité n’exige pas la version la plus récente, elle exige une version maîtrisée.
CII ou Factur-X : quel format choisir avec Dolibarr ?
La réforme admet trois formats du socle : Factur-X, UBL et CII. Beaucoup d’utilisateurs associent spontanément la facture électronique au Factur-X, ce PDF lisible qui embarque un XML. Or la documentation du module prend le contre-pied de ce réflexe : elle recommande explicitement le CII, et déconseille Factur-X en l’état.
Les deux formats ne jouent d’ailleurs pas dans la même cour côté versions. Le CII fonctionne dès Dolibarr 21. Factur-X exige la version 24, la seule où les bibliothèques nécessaires cohabitent proprement. Le tableau fixe les différences qui comptent.
| Critère | CII | Factur-X |
|---|---|---|
| Nature | XML structuré | PDF/A-3 avec XML embarqué |
| Version Dolibarr documentée | 21 et plus | 24 uniquement |
| Avis de la documentation | Recommandé | Déconseillé à ce stade |
| Poids indicatif | Environ 10 Ko | Jusqu’à 1 Mo |
| Diagnostic en cas de rejet | Simple | Complexe |
| Lecture humaine directe | Non | Oui |
Les raisons de cette recommandation sont opérationnelles. Factur-X ne fonctionne qu’avec une partie des plateformes : accepté par la vôtre, il peut encore être refusé par celle de votre client, à cause de défauts internes au format ou de conflits de bibliothèques sous Dolibarr antérieur à la 24. Son poids pose aussi problème : une facture chargée d’images peut atteindre 1 Mo, contre environ 10 Ko pour un fichier CII.
Le diagnostic penche du même côté. Quand une facture revient rejetée, un XML nu de quelques kilooctets s’analyse ligne à ligne, se passe dans un validateur, se corrige vite. Un PDF hybride demande d’extraire le XML avant même de commencer. En période de rodage, cette différence se paie en heures.
Choisir le CII n’enlève rien au client, car Dolibarr continue de générer le PDF classique pour la lecture humaine : le XML circule entre machines, le PDF reste pour les yeux. En pratique, la règle tient en une phrase : CII par défaut, Factur-X seulement si un donneur d’ordre l’exige et que votre instance tourne en version 24.
Les limites actuelles à connaître
Annoncer que tout est prêt serait confortable, et faux. Trois angles morts subsistent à la date du 2 août 2026 : les ventes de caisse, l’assistance, et certaines habitudes de facturation que la réforme condamne.
L’e-reporting des ventes de caisse n’est pas finalisé
Les factures produites par le module de caisse TakePOS portent par défaut un marquage explicite : à ne pas traiter en e-invoicing. La logique est réglementaire, pas technique. Les ventes aux particuliers ne passent pas par le circuit des plateformes facture par facture : elles alimentent un e-reporting agrégé transmis périodiquement à l’administration.
Or cette brique n’existe pas encore dans le module. Sa prise en charge est annoncée pour l’échéance du 1er septembre 2027, avec un développement prévu début 2027. Commerces, restaurants, magasins et toute activité à forte composante B2C doivent donc planifier une seconde vague de mise en conformité, distincte de celle de la réception.
Recevoir des factures fournisseurs en 2026 et télédéclarer ses ventes de caisse en 2027 sont deux chantiers séparés. Le premier est couvert par le module, le second reste à livrer.
Un module gratuit, une conformité qui ne l’est pas
Le prix du module est nul, le coût du projet ne l’est pas. S’additionnent l’abonnement à la plateforme agréée, variable selon l’opérateur et le distributeur, la migration éventuelle de version, le nettoyage de la base, et les journées d’un intégrateur si les compétences manquent en interne.
S’y ajoute la maintenance des développements personnalisés : un modèle de facture modifié ou un workflow maison devra être retesté à chaque mise à jour du module. Sans assistance incluse, chaque incident se résout au forum ou au tarif horaire d’un prestataire. Budgéter zéro euro pour ce passage relève de la fiction comptable.
Des habitudes de facturation à abandonner
La réforme interdit des pratiques que Dolibarr tolérait. Les lignes négatives disparaissent : la constante FACTURE_NEGATIVE_LINES ne sera plus utilisable, ce qui condamne la remise improvisée en ligne à montant négatif. De même, les lignes optionnelles d’un devis seront automatiquement supprimées lors de sa transformation en facture, et les factures se verrouillent après validation.
Les acomptes changent aussi de nature : ils deviennent de vraies factures, et le réglage qui les traitait comme de simples paiements doit être désactivé. Chaque acompte suivra donc son propre cycle électronique, avec sa TVA exigible.
Enfin, deux fonctions restent en chantier côté module : la gestion des remises de ligne et celle des avoirs, en envoi comme en réception. Une erreur de client, une annulation ou une facture rectificative se traitent donc aujourd’hui avec précaution, en suivant la documentation au plus près plutôt qu’en improvisant l’ancien réflexe.
Les données à nettoyer avant de connecter une PA
La plupart des rejets ne viendront pas du logiciel, mais des données. La plateforme contrôle chaque champ, et l’annuaire route les factures par identifiant : une fiche incomplète produit un code 213 aussi sûrement qu’un bug. Le nettoyage se mène sur trois fronts, avant l’ouverture du compte.
Premier front, votre propre société : SIREN et SIRET exacts, numéro de TVA intracommunautaire, catégorie d’opération correcte, option de TVA sur les débits déclarée si elle s’applique. Les entreprises en franchise en base relevant de l’article 293 B doivent renseigner leur motif d’exonération : la documentation indique le code VATEX-FR-FRANCHISE, saisi en variable dédiée jusqu’à Dolibarr 23 et dans le dictionnaire de TVA en version 24.
Deuxième front, les fiches tiers : SIRET ou identifiant de chaque client, adresse de facturation exacte, adresse de livraison distincte quand elle existe, adresse e-mail renseignée, doublons fusionnés. La numérotation des factures doit rester continue et cohérente. Côté achats, les références produits de vos fournisseurs conditionnent la qualité des imports entrants.
Troisième front, l’audit outillé. Le module FxPreflight, édité par CAP-REL et affiché à 50 € HT sur le DoliStore, analyse la version de Dolibarr et de PHP, la qualité de la base clients et les pratiques de facturation des douze derniers mois. Il repère notamment les lignes libres sans référence produit et les remises globales cumulées à des remises de ligne, puis restitue un taux de conformité.
L’ordre des opérations compte : auditer d’abord, connecter ensuite. Corriger quatre cents fiches après les premiers rejets coûte toujours plus cher que les corriger avant.
Comment Dolibarr traite les factures fournisseurs reçues ?
La réception est le premier rendez-vous obligatoire : dès le 1er septembre 2026, toutes les entreprises devront pouvoir récupérer les factures que leurs fournisseurs émettent en électronique. C’est précisément le flux que le module traite déjà, et la question qui suit est très concrète : que se passe-t-il une fois le fichier arrivé ?
Le mécanisme tient dans un menu de synchronisation. Au lancement, Dolibarr interroge la plateforme et rapatrie les factures mises à disposition. Pour chacune, il recherche le fournisseur correspondant dans la base : s’il est introuvable, un lien propose de créer la fiche. Même logique pour les lignes : un produit inconnu déclenche une proposition de création, ou l’usage d’une référence générique définie une fois pour toutes sur la fiche du fournisseur.
Au quotidien, le changement est tangible : plus de saisie manuelle depuis un PDF, la facture arrive structurée, prête à contrôler puis valider. En revanche, le circuit humain reste à organiser. Qui vérifie, qui approuve, qui déclenche le paiement : la réforme normalise le transport, pas votre organisation interne.
Un cas limite mérite l’anticipation : une facture rejetée par votre plateforme en amont des contrôles n’entrera jamais dans Dolibarr. Le suivi des fournisseurs qui se plaignent d’impayés fantômes passera donc aussi par le tableau de bord de la plateforme, pas seulement par l’ERP.
Le piège des statuts de facture
Dolibarr connaît quatre statuts comptables : brouillon, validée non payée, payée, abandonnée. Le socle de la réforme en définit une quinzaine, dont quatre obligatoires transmis à l’administration : déposée, refusée, encaissée, rejetée. Ce décalage n’est pas cosmétique, il structure le suivi quotidien.
| Statut Dolibarr | Statut du socle | Action côté utilisateur |
|---|---|---|
| Validée, non payée | Déposée, émise, mise à disposition | Aucune, suivi normal |
| Validée, non payée | Rejetée (213) | Avoir interne, facture corrigée |
| Validée, non payée | Refusée (210) | Classement et annulation comptable |
| Payée | Encaissée (212) | Statut émis vers la plateforme |
| Abandonnée | Annulée (220) | Facture rectificative liée |
Autrement dit, une facture peut rester validée et non payée dans Dolibarr pendant qu’elle traverse, à l’extérieur, les états déposée, émise par la plateforme, reçue, mise à disposition, prise en charge, puis approuvée. Le statut comptable interne ne dit rien du statut réglementaire de transmission. Le module trace ce cycle externe séparément, et c’est là qu’il faut regarder pour savoir où en est réellement une facture.
Trois situations concentrent l’enjeu. Le rejet 213 bloque la facture : la règle impose une annulation comptable par avoir interne, puis l’émission d’une nouvelle facture corrigée. Le refus 210 par le client entraîne un classement avec motif imposé, et ne doit jamais servir en cas de simple litige, qui dispose de son propre statut. Enfin, le statut encaissée 212 se déclenche au paiement quand la TVA est exigible à l’encaissement, avec une transmission attendue sous 24 heures.
- impots.gouv.fr : facturation électronique et plateformes agréées
- Spécifications externes de la facturation électronique v3.1 (AIFE)
- Normes AFNOR XP Z12-012 et XP Z12-014 (cycle de vie et statuts)
Dolibarr est-il le bon choix pour votre entreprise ?
La réponse dépend moins du budget affiché que du profil d’usage. Le même montage, techniquement identique, sera rationnel pour une PME outillée et ruineux en temps pour un indépendant seul.
Quand Dolibarr reste pertinent
Le montage se justifie d’abord quand l’entreprise utilise déjà Dolibarr : conserver l’existant coûte moins que tout rebâtir. Il se justifie aussi quand le besoin dépasse la facturation, car un ERP couvre stocks, projets, interventions et relation client dans un seul outil. Restent deux conditions : accepter de gérer une plateforme agréée séparée, et disposer de compétences techniques ou d’un intégrateur.
Pour ces profils, l’équation économique tient : module à zéro euro, plateforme au contrat, liberté open source et personnalisation préservées. L’entreprise garde la main sur son hébergement, ses données et ses développements, ce qui reste l’argument fondateur de Dolibarr.
Quand une solution plus simple est préférable
Le tableau s’inverse pour l’entreprise qui émet quelques factures par mois et ne cherche qu’un outil de facturation. Gérer un hébergement, des modules, des mises à jour et un contrat de plateforme séparé représente alors une charge sans contrepartie. Le besoin réel est ailleurs : une offre unique regroupant la facturation, la plateforme agréée et le support.
Recommander Dolibarr à un micro-entrepreneur au seul motif de la gratuité serait donc un mauvais conseil. Un ERP gratuit mais complexe peut coûter plus cher en temps et en intégration qu’un logiciel payant déjà connecté à une plateforme agréée. Le bon critère n’est pas le prix du logiciel, c’est le coût complet du montage rapporté au besoin.
- Dolibarr n’est pas une plateforme agréée : la conformité passe par le module eInvoicing et une PA externe.
- Le module 1.0.3 est gratuit sur le DoliStore depuis le 30 juillet 2026, sans assistance incluse.
- Versions recommandées : 21 à 23. Factur-X exige la 24, la documentation privilégie le CII.
- SuperPDP se souscrit en direct, EsaLink passe par un distributeur PDP Libre.
- E-reporting des caisses, avoirs et remises de ligne : encore en chantier, horizon 2027.
Le diagnostic vérifie votre montage en deux minutes : version, plateforme, données.
Questions fréquentes
Faut-il conserver le module Chorus Pro avec Dolibarr ?
Oui, si vous facturez le secteur public. Les factures destinées à l’État, aux collectivités et aux établissements publics continuent de transiter par Chorus Pro, canal historique du B2G. La réforme de 2026 ajoute un circuit pour les échanges entre entreprises, elle ne remplace pas le canal public. Les deux modules cohabitent donc dans une même instance : Chorus Pro pour les clients publics, eInvoicing pour les clients privés via votre plateforme agréée.
Comment installer le module eInvoicing dans Dolibarr ?
Téléchargez le paquet gratuit depuis le DoliStore, puis déployez-le depuis le menu de configuration des modules, par l’option de déploiement d’un module externe. Une copie manuelle du dossier dans le répertoire custom fonctionne également, et les versions récentes de Dolibarr proposent la recherche de modules externes depuis l’interface. Il reste ensuite à activer le module, choisir sa plateforme dans la liste, saisir les identifiants fournis par celle-ci et lancer le test de connexion intégré.
Peut-on tester l’envoi de factures avant le 1er septembre 2026 ?
Oui, et c’est même la démarche recommandée. Les deux plateformes intégrées proposent un bac à sable relié au réseau de test, avec des sociétés fictives pour simuler des échanges complets entre points d’accès. Vous pouvez y envoyer, recevoir et suivre des factures sans aucune portée fiscale. Une précaution s’impose toutefois : ne jamais mélanger identifiants de test et de production sur la même instance, sous peine de croiser des flux fictifs et réels.
Le module gère-t-il les factures vers l’étranger ?
Pas à ce stade. La fiche officielle circonscrit le périmètre à la France et à certaines plateformes agréées, avec un élargissement annoncé au fil des évolutions réglementaires et des intégrations. Les transactions internationales relèvent d’ailleurs de l’e-reporting, pas du circuit domestique des plateformes. Pour émettre au format européen vers d’autres pays, l’écosystème Dolibarr propose des modules distincts orientés Peppol, à évaluer séparément selon vos destinations.
Une micro-entreprise en franchise de TVA est-elle concernée ?
Oui, intégralement. La franchise en base de l’article 293 B ne soustrait pas à la réforme : la micro-entreprise doit pouvoir recevoir des factures électroniques dès le 1er septembre 2026, puis en émettre au 1er septembre 2027, et ses ventes aux particuliers alimenteront l’e-reporting. La seule spécificité est déclarative : la facture porte un motif d’exonération de TVA, renseigné une fois dans la configuration, et le circuit fait le reste.