Côté éditeurs, deux familles arrivent sur la facture électronique. Ceux qui en avaient besoin pour leur produit comptable, et ceux qui ont ajouté la fonction par opportunité réglementaire. N2F appartient à la seconde, et cette origine pèse sur ce que la plateforme fait bien (et moins bien). La société édite depuis 2015 un SaaS de notes de frais devenu une référence française, immatriculé Plateforme Agréée en juillet 2025 dans la première vague de validations par la DGFiP.
Plus de 18 000 entreprises utilisent déjà la solution pour automatiser leurs dépenses, et l’arrivée de la facture B2B en 2026 a poussé l’éditeur à intégrer la conformité réglementaire dans son offre existante. La place de N2F dans notre guide liste officielle des plateformes agréées vaut donc d’être lue à la lumière de son métier d’origine, pas comme celle d’une PA générique.
Une PME de 80 collaborateurs nomades n’attend pas la même chose qu’un freelance qui veut juste recevoir trois factures fournisseurs par mois. Cet avis trace ce que N2F fait très bien (notes de frais conformes, factures fournisseurs avec OCR, PA en standard) et ce que la plateforme n’a jamais cherché à faire (émission de factures clients en marque blanche, comptabilité native intégrée).
Origine et positionnement de N2F sur la facture électronique
L’éditeur a basculé sur la facturation électronique en 2025, par extension de son module de gestion des factures fournisseurs déjà existant. La logique produit n’a pas changé. Automatiser ce qui entre dans l’entreprise, exporter vers la comptabilité. La PA s’inscrit dans cette continuité, pas comme un produit nouveau.
Une société de notes de frais rachetée par Sopra Steria
N2F a été fondée en 2015 à Strasbourg par Antoine Couret, autour d’un produit simple. Un SaaS de notes de frais conforme URSSAF, intégré aux logiciels comptables français à un tarif d’entrée agressif. En 2024, l’entreprise est rachetée par Sopra Steria, groupe de services numériques coté à la Bourse de Paris et présent dans plus de trente pays. La marque N2F reste portée par Sopra HR Software, avec une roadmap annoncée comme indépendante. Pour un acheteur sensible au risque fournisseur, ce rachat sécurise la pérennité de l’outil et son hébergement européen. Pour un acheteur attaché à l’agilité d’un éditeur indépendant, c’est un signal à surveiller dans les prochaines versions.
Pourquoi l’éditeur a basculé sur la PA
Avant la réforme, N2F gérait déjà les factures fournisseurs pour ses clients équipés du module éponyme. L’OCR, le workflow d’approbation et l’export comptable étaient en place depuis plusieurs années. L’immatriculation Plateforme Agréée n’a donc pas demandé de produit nouveau. La brique réglementaire s’est ajoutée au-dessus de l’existant. C’est le même mouvement qu’on observe chez Sage ou Cegedim, deux éditeurs qui ont absorbé la PA dans une suite déjà installée. À l’inverse, des acteurs comme Fulll ont construit leur offre depuis la facture électronique elle-même. Cette différence d’origine n’apparaît pas dans la liste DGFiP. En revanche, elle se ressent dès la première démo. On bascule vite vers les écrans cœur du produit, qui ne sont pas les écrans facture B2B.
Depuis le rachat par Sopra Steria en 2024, N2F bénéficie de la solidité d’un groupe coté en Bourse, présent dans plus de 30 pays, avec une certification ISO 27001 revendiquée et un hébergement en Union européenne. Le revers : une intégration progressive dans l’écosystème Sopra HR.
Statut de plateforme agréée et fonctionnement technique
L’immatriculation effective dans la liste officielle remonte à juillet 2025. À cette date, la DGFiP venait de basculer du sigle PDP à celui de Plateforme Agréée. Cela explique pourquoi N2F apparaît parfois sous l’étiquette « @N2F PDP » dans certaines listes officielles non rafraîchies.
Calendrier d’immatriculation et conformité technique
N2F a passé l’ensemble des tests d’interopérabilité avec le Portail Public de Facturation avant l’obtention de son immatriculation définitive. Le service figure dans la liste consolidée publiée par la DGFiP, qui dépassait 134 plateformes agréées au printemps 2026. La conformité couvre la réception, l’émission et l’e-reporting des données fiscales. L’hébergement reste en Europe, avec une certification ISO 27001 revendiquée par l’éditeur. L’archivage à valeur probante optionnel est conforme à la doctrine URSSAF, conservé dix ans. Pour les acheteurs qui auditent la couche sécurité avant de signer, ces éléments sont alignés sur ce qu’exige le cahier des charges officiel.
Formats traités, interopérabilité et e-reporting
Les trois formats normés sont obligatoirement supportés par toute PA. N2F lit, émet et convertit Factur-X, UBL et CII selon ce que demande la plateforme destinataire. La conversion est transparente pour l’utilisateur, ce qui évite de devoir choisir un format à chaque émission. Les pièces papier ou PDF non structurés restent acceptés en parallèle, et passent par l’OCR avant intégration. L’interopérabilité avec les autres plateformes agréées comme Indy ou Pennylane s’effectue via l’annuaire central tenu par l’AIFE. La transmission des données fiscales (e-reporting) part automatiquement vers la DGFiP, sans intervention utilisateur. Aucun paramétrage technique n’est demandé côté entreprise. Cela simplifie le déploiement par rapport à certains acteurs ETI qui imposent un mapping format à l’installation.
Le module facture fournisseur et la couche PA
Le cœur du produit reste la gestion entrante. Factures fournisseurs et notes de frais. La couche PA prolonge cette logique pour traiter les flux structurés. L’émission de factures clients existe également, mais reste plus simple dans ses options que celle d’éditeurs spécialisés.
OCR et workflow d’approbation
L’OCR de N2F extrait automatiquement les champs essentiels d’une facture fournisseur. Montants, dates, fournisseur, TVA, IBAN. La société revendique une précision autour de 96 %, à comparer aux 92 à 98 % des outils OCR concurrents sur le segment. Détection des doublons, écarts de TVA, IBAN frauduleux : tout passe par un contrôle automatique avant approbation. Le workflow de validation se paramètre par fournisseur, montant ou service. Délégations, rappels automatiques et messagerie interne sont intégrés, avec une piste d’audit fiable complète pour les commissaires aux comptes. Côté capture, des outils comme Chaintrust poussent l’OCR au-delà des champs standards. Toutefois, N2F couvre l’usage moyen sans déception sur les volumes classiques d’une PME.
Intégrations ERP et exports comptables
N2F revendique plus de 300 intégrations comptables et ERP. Sont nativement supportés Sage (toutes versions), Cegid, SAP, Oracle, Microsoft Dynamics, Pennylane, EBP, Quadratus, Quadra, Divalto, iTool, QuickBooks et Workday. Pour les outils RH et paie, les exports vers Silae sont prévus. C’est probablement le point fort le plus différenciant de la plateforme. Peu de PA proposent un éventail aussi large d’exports natifs. Les écritures comptables passent en grand livre, journaux d’achat et comptes fournisseurs. La TVA récupérable s’applique automatiquement, auto-liquidation incluse. La consolidation multi-entité et multi-devise est gérée dans le forfait haut de gamme. À l’opposé d’éditeurs comme Dext qui se concentrent sur la pré-compta côté cabinet, N2F vise une intégration côté entreprise utilisatrice.
L’émission B2B existe mais reste minimaliste. Pas de personnalisation graphique avancée, pas de gestion des relances automatisées, pas de paiement intégré. Pour une entreprise dont le métier inclut un volume significatif de factures clients, un outil dédié à l’émission reste pertinent en complément.
Tarifs et structure des offres
La grille tarifaire reste simple. Trois forfaits selon la taille et la complexité, avec un essai gratuit de vingt jours sans engagement et sans carte bancaire.
Business, Enterprise, Advanced
Le forfait Business démarre à environ 3,15 € par utilisateur et par mois pour les indépendants et très petites structures, fonctions notes de frais et facture fournisseur incluses. Enterprise grimpe à un tarif d’appel de 6,80 € par utilisateur par mois selon les sources éditeur. Il intègre la PA, les workflows multi-niveaux et les exports comptables avancés. Advanced cible les ETI. Consolidation multi-entité, SSO, API REST, intégration RH paie. La PA est incluse dans les trois offres sans surcoût, ce qui change la donne par rapport à des concurrents qui facturent la conformité en option. Des acteurs gratuits comme Tiime ou Abby restent compétitifs pour les TPE qui n’ont pas besoin du moteur notes de frais.
| Forfait | Tarif d’appel | Cible | Fonctions clés |
|---|---|---|---|
| Business | ≈ 3,15 €/user/mois | Indépendants, TPE | Notes de frais + facture fournisseur + PA |
| Enterprise | ≈ 6,80 €/user/mois | PME, ETI | + workflow multi-niveaux, exports ERP avancés |
| Advanced | Sur devis | ETI, grands groupes | + SSO, API REST, multi-entité, RH paie |
Ce que le tarif inclut vraiment
L’essai gratuit dure vingt jours sans engagement. La PA est comprise dans tous les forfaits, ce qui évite l’écueil habituel des PA spécialisées qui facturent un module facturation électronique en supplément. L’archivage à valeur probante (signature électronique, horodatage qualifié, conservation dix ans) reste optionnel à 1,50 € par utilisateur et par mois. Le support fait partie de l’offre standard, avec une réactivité saluée par les avis utilisateurs et une note moyenne autour de 4,7 sur les stores. Pour une PME multi-utilisateurs à fort volume, le rapport coût-conformité reste compétitif comparé à des éditeurs ERP-comptables comme Axonaut ou à des outils spécialisés multi-modules.
Pour qui N2F est le bon choix (et pour qui non)
L’adéquation se joue moins sur la PA que sur le module notes de frais. C’est lui qui justifie le tarif et qui distingue N2F des PA généralistes. La grille de décision suit ce critère, pas la conformité réglementaire qui est acquise dans tous les cas.
Le profil idéal
N2F vise une PME française mono-pays de vingt à cinq cents salariés, dont la comptabilité tourne sur Sage, Cegid, EBP ou Pennylane. Trois caractéristiques rendent le déploiement particulièrement rentable. Premièrement, des collaborateurs nomades (commerciaux, consultants, dirigeants) qui produisent un volume notes de frais. Deuxièmement, un service comptable qui veut un outil unique pour les factures fournisseurs entrantes. Troisièmement, un ERP comptable installé que la PA doit alimenter sans rupture. Les connecteurs natifs évitent les ressaisies, le tarif Business reste compatible avec un budget serré, et l’archivage probant peut être activé selon les besoins. C’est le cœur de cible historique de l’éditeur, et le terrain où il dégage le meilleur rapport coût-valeur.
L’usage multi-PA est autorisé par la DGFiP. Une entreprise peut router ses notes de frais via N2F et ses factures clients via une autre plateforme, à condition d’utiliser des adresses électroniques distinctes pour chaque flux dans l’annuaire central tenu par l’AIFE.
Quand chercher ailleurs
Un freelance ou une micro-entreprise qui veut juste recevoir trois factures par mois et émettre des factures clients simples n’a pas besoin de payer un outil notes de frais. Une PA gratuite intégrée à une banque comme Qonto ou à un outil compta gratuit suffit largement. Une entreprise du BTP avec des besoins métier spécialisés trouvera plus pertinent un éditeur sectoriel comme Obat. Une officine pharmaceutique sera mieux servie par Digipharmacie, et un cabinet d’assurance par DARVA. Le critère décisif reste le rapport entre le coût mensuel de N2F (qui augmente avec le nombre d’utilisateurs) et la valeur réelle dégagée par l’automatisation des notes de frais. En dessous d’un seuil de quelques milliers d’euros de notes annuelles, l’équation devient discutable.
Points forts : immatriculation PA effective depuis juillet 2025, notes de frais + factures fournisseurs + PA dans un seul outil, OCR à environ 96 %, plus de 300 connecteurs ERP, archivage probant en option, tarification transparente sans surcoût PA.
Points faibles : émission de factures clients minimaliste, tarif par utilisateur peu adapté aux micro-entreprises, pas de PA gratuite, dépendance progressive à l’écosystème Sopra Steria depuis le rachat de 2024.
Pour les structures dont le besoin principal reste l’automatisation des factures fournisseurs entrantes plus que la gestion des notes de frais, un outil spécialisé peut s’avérer plus rentable à volume comparable.
Questions fréquentes
N2F est-elle une plateforme agréée officielle ?
Oui. N2F est immatriculée Plateforme Agréée par la DGFiP depuis juillet 2025, dans la même vague que les premières PA listées sur impots.gouv.fr. La société apparaît sous l’appellation « @N2F PDP » dans certaines listes officielles non rafraîchies, car l’ancien terme PDP a été remplacé par PA en cours de réforme. L’immatriculation est définitive, à l’issue de tests d’interopérabilité réussis avec le Portail Public de Facturation.
Combien coûte N2F par mois ?
Le forfait Business démarre à environ 3,15 € par utilisateur et par mois pour les indépendants et TPE. Enterprise tourne autour de 6,80 € par utilisateur et par mois pour les PME et ETI. Advanced est sur devis pour les ETI et grands groupes. L’archivage à valeur probante est optionnel à 1,50 € supplémentaire par utilisateur et par mois. Un essai gratuit de vingt jours est proposé sans engagement et sans carte bancaire.
N2F gère-t-elle l’émission de factures clients ?
Oui mais avec des fonctionnalités basiques. La plateforme émet, transmet et archive des factures clients aux formats normés (Factur-X, UBL, CII). En revanche, la personnalisation graphique, les relances clients automatisées et le paiement intégré restent minimalistes par rapport à des outils dédiés à l’émission. Pour une entreprise dont le métier inclut un volume significatif de factures clients, un complément peut être pertinent.
Avec quels logiciels comptables N2F est-elle compatible ?
Plus de 300 intégrations sont disponibles. Sont nativement supportés Sage (toutes versions), Cegid, SAP, Oracle, Microsoft Dynamics, Pennylane, EBP, Quadratus, Divalto, iTool, QuickBooks et Workday. Pour les outils RH et paie, des exports vers Silae sont prévus. Les écritures comptables (général, analytique, TVA) passent automatiquement, avec gestion de l’auto-liquidation et de la TVA récupérable.
Peut-on utiliser N2F en parallèle d’une autre plateforme agréée ?
Oui. L’usage multi-PA est autorisé par la DGFiP. Une entreprise peut router ses notes de frais et factures fournisseurs via N2F, et ses factures clients via une autre plateforme, à condition d’utiliser des adresses électroniques distinctes pour chaque flux dans l’annuaire central tenu par l’AIFE. Cette configuration permet de choisir le meilleur outil pour chaque flux sans contrainte d’exclusivité.